Il y a de fortes chances que le but visé par les Trophées de l'Exportation, à savoir instaurer une culture de champions dans le tissu économique national, soit atteint dans un futur proche. Tout porte à le croire, dans la mesure où les atouts dont peuvent se targuer les entreprises primées aux 7ème Trophées de l'Export, du 27 juin dernier à Casablanca, ont surtout trait à : "ventes sur des destinations lointaines", "nouvelles niches sondées et conquises", mais aussi "exportations de productions de qualité". Bien plus, il est apparu par cette édition qu'il n'existe aucune corrélation préétablie entre la taille de l'entreprise et ses performances sur les marchés étrangers. C'est d'autant plus vrai que ces critères de sélection ont été fortement pondérés dans le choix des primés. Cela dénote du caractère neutre et impartial de la sélection d'une 7ème Édition des Trophées de l'Exportation empreinte de plusieurs nouveautés, notamment un jury paritaire (Privé-Public) au lieu de statutaire, réduit (de 16 à 7 membres), et l'accession de la compétition à de Très Petites Entreprises mais fortement exportatrices.
Parmi un nombre sans cesse croissant d'entreprises candidates (un peu plus de 600), tous secteurs confondus et de toutes les tailles, réparties en quatre catégories, 17 ont été nominées dans cette édition, (Voir Tableau de l'évolution des participations et en encadré le palmarès 2003).
Conquérir de nouveaux marchés
M. Mourad Chérif, Président du CNCE, a dans son allocution d'ouverture, avancé que: "Aujourd'hui ce que nous allons primer c'est un certain nombre d'entreprises qui ont eu le courage d'entreprendre, la volonté de réussir, l'ambition de faire flotter le drapeau marocain un peu partout dans le monde. Hommage a été rendu aux petites, moyennes et grandes entreprises qui ont participé, et sont honorés à travers la présence de M. le Premier Ministre et de plusieurs ministres du gouvernement". Avant de formuler le souhait que la culture de champions par l'exemple peut pousser d'autres entreprises à se dire que ce n'est pas une fatalité de ne pas exporter, mais bien au contraire une nécessité. En conclusion, il a soutenu que: "si nous parvenons à créer l'émulation, l'envie de faire, alors nous parviendrons modestement à contribuer à la promotion des exportations". Ce dernier volet revêt d'ailleurs une importance capitale, comme ont témoigné les différents intervenants, d'où l'importance d'une telle cérémonie. M. Driss Jettou, Premier Ministre, a en effet rappelé, dans son intervention, l'importance qu'accorde Sa Majesté le Roi Mohammed VI au renforcement des capacités exportatrices du tissu productif, et le fait que l'un des axes stratégiques de l'action économique du gouvernement soit l'encouragement des exportateurs et la promotion du "Produit Maroc". Celui-ci, qui n'a pas attendu les doléances de certains opérateurs, a confirmé que l'Exécutif mettra en oeuvre ses engagements fiscaux (dès la prochaine Loi des Finances 2004, suppression de la TIC sur le fuel et le charbon, extension des avantages aux exportateurs indirects), et que l'acteur principal de la promotion du "Produit Maroc", à savoir l'Office National pour les investissements et les Exportations (ONIX), sera mis en place avant la fin de l'année. Cependant, a-t-il poursuivi, l'amélioration des capacités exportatrices de l'économie du pays ne peut en aucune manière être le fruit de quelques mesures isolées, fiscales ou réglementaires, quelles que pertinentes qu'elles soient, mais sur une vision claire et fonctionnelle.
La grande joie des dirigeants d'entreprises primées, qui bénéficieront d'actions concrètes d'accompagnement (expositions, visites à l'étranger, facilitations diverses dans l'information et la documentation...), peut à elle seule légitimer une telle cérémonie.
Daouda MBaye