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Publier le : March 13, 2003

Les avis exprimés au sujet de ce procès révèlent, encore une fois, un certain niveau politique et le degré élevé de maturité de cette frange de la population marocaine ordinaire, jeunes et moins jeunes. Certes, des réponses importantes, mais qui ne surprennent personne en raison du degré d’éveil de la jeunesse marocaine pour ce qui est désormais appelé l’évolution politique dans notre pays. Une façon de dire aussi que les temps ont beaucoup changé. Entre les différentes positions, c’est toujours la même question qui se pose, à savoir quelle conception est faite de la crédibilité des institutions étatiques du pays. Décidément donc, au-delà de la question de la condamnation de ces 14 jeunes Rockers, la crédibilité des institutions de l’Etat est une inquiétude qui plane sur l’avenir du pays. En définitive et en dépit de ce bras de fer, qui est en train de tourner à l’avantage des 14 jeunes musiciens, il ne demeure pas moins que la problématique de la liberté d’expression au Maroc reste posée...avec acuité. Constat.

 

Mohamed Barry, 23 ans, chanteur compositeur qui joue avec Saâd et Amine, deux inculpés impliqués dans cette affaire :

Le procès en général est le signe d’une certaine défaillance institutionnelle. Cela ne nous encourage en aucun cas à accompagner l’évolution de la musique au Maroc et démontre aussi ce bras de fer entre la modernité et le retour en arrière qui est fort soutenu par les autorités. Il ne faut pas oublier aussi que le Maroc a fixé l’âge de vote à 18 ans et, au lieu d’encourager cette grande initiative, on se trouve face à de tels procès qui ne font que décourager les jeunes à remplir leurs devoirs civiques.

 

Zouhair Amkas, 26 ans, percussionniste/ batteur :

Toute cette histoire ne favorise pas l’évolution de la musique au Maroc, d’une façon générale. On ne corrige pas un mal par un autre mal, qui est pire. Je connais beaucoup de mes amis qui ont changé de vestimentaires et ont coupé leurs cheveux. Pour ma part et comme disait Bob Marley « I’am what I’am» (je suis ce que je suis) et je continuerai à jouer la musique que j’aime.

 

Askoury Younes, 25 ans, chanteur :

Ma musique est un autre style mais la tendance est Gnawa. Un style qui me permet de me distinguer. c’est une question d’âge et de goûts. Rien ne m’empêchera de m’exprimer même l’injustice du procès qui est actuellement intenté à l’encontre de mes amis.     

 

Nadia Benabderrazik :

L’affaire des jeunes musiciens jugés «satanistes» a ravivé en moi une blessure que je croyais presque guérie. Leur condamnation m’a laissé un goût amer de déjà vu, déjà vécu, mêlé à des sentiments pénibles d’impuissance, d’incompréhension, d’indignation, de colère, d’écoeurement, de peur, de honte...Aujourd’hui, je ne m’accorde pas le droit de garder un silence complice.

 H.Z.



 

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