Imposer, voilà un terme qui pourrait sembler coercitif, mais c’est tout le contraire qui s’est produit en réalité. La Loi, la Constitution, la tradition, la pratique de la Dynastie alaouite, tous ces éléments ont contribué à faire, en ce 30 juillet 1999, du Prince Héritier Sidi Mohammed Sa Majesté Mohammed VI. Mais, c’est tout naturellement, tout simplement, sans contrainte, ni obligation, qu’il est entré très vite dans le cœur de tous les Marocains.
Évoquer donc les cinq premières années de son règne, c’est, sans faux-fuyants, sans flatterie, reconnaître que le Souverain est incontestablement, immensément populaire. Il est apprécié de son peuple, d’abord par sa simplicité, sa façon un peu réservée et timide d’aller vers ses sujets, ses sourires francs et chaleureux qu’il réserve le plus souvent à ceux qui, très certainement, en conserveront le souvenir ému toute leur vie, c’est-à-dire au petit peuple, aux démunis, aux handicapés, à ceux qui rentrent au pays pour conserver leur identité et leurs racines.
SM Mohammed VI est aimé des Marocains parce qu’il donne de lui une image vraie, sans artifices, parce qu’il est ce qu’il veut être quand il veut l’être !
Veut-il pratiquer des sports nautiques, le peuple le voit et apprécie l’image de cet homme jeune et solide, rassurant par sa maîtrise de la machine et sa musculature.
Veut-il prendre épouse et donner au pays un héritier et ses sujets rencontrent SAR Lalla Selma, s’attendrissent de la gracieuse bouille de SAR le Prince Héritier Moulay Al Hassan, se félicitent de la représentation d’une famille qui, pour royale qu’elle est, n’en est pas moins une famille comme les autres, montrant avec simplicité sa joie et son bonheur.
Veut-il prouver qu’il est le chef de l’État, le garant de la sécurité des biens et des personnes, le voilà, au lendemain des terribles attentats du 16 mai 2003, qui prononce des paroles fortes, rassurantes et fermes à la fois, pour souligner que le Maroc ne sera pas le Royaume des dérives, y compris celles qui oseraient se parer de l’habit religieux.
Veut-il donner la preuve de son respect pour la personne humaine, mais aussi pour la liberté, pour la démocratie, contre les violations des droits imprescriptibles de l’Homme ?
Et le voilà qui initie une démarche de retour sur notre passé qu’il faut revoir sans manichéisme, dans toute sa complexité, mais après le préalable de la reconnaissance et de la réparation des préjudices et des peines subies par les victimes directes ou indirectes de ces "années de plomb".
Mais ce Roi jeune, moderne, est également attentif à tout ce qui l’entoure, à ce qui fait la force de l’identité nationale. L’amazighité trouve enfin, grâce à lui, droit de cité dans notre pays, afin que chaque Marocain se sente riche de ses racines et de la pluralité de son patrimoine. Les autres apports, qui sont niés par ceux qui se voilent la face et qui veulent réduire notre patrimoine à la seule reproduction d’une imagerie d’Épinal puisée aux confins d’un désert qui n’est pas le nôtre, sont entretenus et préservés. Tel l’apport de la composante juive dans la civilisation marocaine.
Notre Roi, démocrate, légaliste, respectueux des droits et des libertés individuelles et collectives, a osé et gagné le pari d’élections libres de toute ingérence administrative. Il a proposé pour la Femme marocaine un quota national qui a permis qu’au Parlement au moins, le Maroc profite du sérieux, de l’assiduité, des compétences et de l’esprit de responsabilité de celles qui sont et seront, toujours, l’avenir de l’homme.
Père de la Nation, père de famille, époux, musulman et Amir Al Mouminine, il a forcé les réticences de l’establishment religieux et des milieux conservateurs pour doter la Famille marocaine d’un Code qui, sans renier les saints préceptes de notre Islam, a enfin donné à la femme, la mère, l’épouse ou la fille, des droits qui lui appartenaient et qu’un machisme réducteur avait supprimés par une lecture obscurantiste des textes.
Conscient que le Maroc ne pourra pas poursuivre son chemin dans la dignité sans une meilleure répartition des richesses, sans la satisfaction des attentes les plus pressantes de la majorité de son peuple,
SM Mohammed VI s’est fait le champion de la Réforme et du Développement, en lançant une série de projets structurants qui, progressivement mais profondément, garantiront mieux être et plein emploi, santé et éducation, dignité et bonheur à ce peuple marocain fier.
Garant de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de l’indépendance et de la stabilité, SM le Roi a prouvé, avec souplesse et fermeté à la fois, que personne, ici ou au-dehors, ne pourra jamais toucher aux sacralités pour lesquelles nos pères ont combattu et qui ont tant coûté à tout notre peuple.
Aimer et admirer son Roi en 2004, proclamer son adhésion totale et sans restriction à un système de monarchie constitutionnelle est ringard aux yeux de certains.
Mais quel bonheur de partager cette ringardise avec trente-trois millions de Marocains !
Fahd YATA