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Maroc-Espagne, la mano en la mano

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Cette décision, fruit d’une concertation tripartite entre les Souverains marocain et espagnol et le Premier ministre, M. José-Luis Zapatero, indique, avec éloquence, le chemin parcouru dans l’assainissement des relations bilatérales depuis les élections législatives de mars dernier en Espagne.
La normalisation, en effet, a été aussi spectaculaire que rapide et si l’envoi d’un contingent conjoint dans les Caraïbes a créé une véritable surprise au niveau des deux pays, elle exprime parfaitement la qualité des liens personnels qui lient depuis longtemps SM Mohammed VI au Roi Juan Carlos. Elle souligne également la nature de la relation qui s’est établie entre le dirigeant socialiste et Président du Conseil espagnol et chacun des Monarques.
Ce n’est pas trahir un secret de la Cour d’Espagne que d’affirmer que SM Juan Carlos, qui a toujours observé le plus grand respect de la Constitution de son pays, n’avait pas de réelles affinités avec M. José-Maria Aznar, prédécesseur de M. Zapatero. Les peuples d’Espagne l’avaient démocratiquement choisi pour chef de la majorité parlementaire, le Roi se devait de le nommer Premier ministre !
Mais on savait, surtout à Rabat, que le chef de l’État espagnol n’appréciait pas outre mesure la dégradation des relations hispano-marocaines, volontairement entreprise par le fils spirituel de Fraga Iribarne, l’un des derniers représentants de la phalange franquiste.
Par contre, lorsque M. Zapatero entreprit son voyage courageux au Maroc, en décembre 2001, alors qu’il était dans l’opposition, cet acte fut positivement perçu à la Zarzuela, pendant que le leader du PSOE était descendu en flammes par la presse de son pays, accusé de traîtrise et de collaboration avec l’ennemi “ Moro ”.
Il existe donc, réellement, une connivence (au sens positif et noble du terme) une intelligence entre les trois hommes. Cette relation tripartite se matérialise pour le bien commun des deux pays et de leurs peuples. L’Espagne et le Maroc sont quasiment issus de la même matrice, comme l’exprime si bien la fondation El Legado Andalus à Grenade…
Des soldats espagnols et des soldats marocains partiront pour Port-Au-Prince, sous commandement brésilien. Une “ Bataille des Trois Rois ” à l’envers en quelque sorte, puisque le Brésil fut longtemps colonie portugaise et marqué par le Sébastianisme, une recherche chimérique d’un Souverain disparu au bord de l’Oued El Makhazine !
Aujourd’hui, comme le prouve cette sage décision, des hommes de troupes iront conjointement préserver la paix et la sécurité, non en Irak (où les uns viennent de partir et les seconds refusent d’y aller !), mais sur une île lointaine, aux antipodes du Maroc et de l’Espagne.  “ La mano en la mano ”, comme cela aurait dû toujours être entre ces deux pays voisins et amis, comme cela sera désormais durablement, pour le bien mutuel et réciproque.

Fahd YATA



 

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