Désormais, il est clair que nos compatriotes résidant à l’étranger constituent un capital qu’on ne saurait ignorer. Leurs apports en investissements, à l’échelle nationale, n’est plus à démontrer. C’est dans ce cadre d’ailleurs que la Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’Étranger vient de boucler une enquête sur ces Marocains de la diaspora. Une étude aussi large que possible dont l’objectif visait à faire ressortir les caractéristiques les plus saillantes des investissement des MRE. L’enquête dont les résultats, ont été rendus publics lors d’un séminaire de deux jours à Rabat, a montré que les MRE ont des spécificités dans les différents secteurs d’activité. Cependant, faut-il rappeler que l’étude en question s’est située à différents niveaux d’analyse dont la répartition sectorielle et géographique, les modalités de financement, les emplois créés ainsi que les conditions de marché. Ainsi du point de vue des caractéristiques générales de cette population, le profil type de l’investisseur renvoie à une catégorie sociale où prédomine le genre masculin. Sur le plan de réalisation de projets, la rapport fait ressortir que ce domaine n’est pas obligatoirement lié au retour définitif de l’investisseur dans son pays d’origine. Pour ce qui est des projets d’investissement proprement dits, réalisés par les MRE et leur évaluation du point de vue de l’effort d’investissement et des modalités de financement, il s’avère que ce sont les petits projets, dont le montant d’investissement se situe à moins de 500 000 dhs. Ce segment prédomine à hauteur de près de 40 %. À l’opposé, les grands projets qui dépassent les cinq millions de dirhams, ne représentent que 14 %. D’autre part, du point de vue géographique, les investissements agricoles des MRE se concentrent principalement sur trois provinces : Béni Mellal, Chichaoua et Nador. Trois régions agricoles à forte à composante d’émigrés. La région de Béni-Méllal concentre à elle seule plus de 60 % des exploitations recensées et plus de 57,1 % de la superficie totale. Du point de vue superficie, les exploitations de taille comprises entre 5 et 20 hectares prédominent en nombre (63,6 %), mais ne représentent que 36,8 % de la superficie totale. Les grandes exploitations, bien que représentant en nombre seulement 25,4 % des exploitations, concentrent tout de même 61 % de la superficie globale.
Un apport inestimable
Pour ce qui concerne l’équipement des exploitations agricoles, la majorité des exploitations déclarent disposer de puits, motopompes et de tracteurs nécessaires au travail de la terre. Plus des trois-quarts des exploitants se déclarent propriétaires de leur matériel de traction. Quant au reste des équipements, il est détenu en quasi-totalité par les exploitants. Cependant, dans l’ensemble, les crédits accordés par les banques se situent en moyenne à 1,4 million de dirhams. Quant à l’apport personnel de l’investisseur, il se situe respectivement à 1,12 million de dirhams et 450 000 dhs pour les variables considérées. Le rapport souligne, à ce sujet, que quinze projets ont bénéficié d’un apport complémentaire de crédit de la part de Bank Al Maghrib, dont l’essentiel revient au secteur industriel. M. Omar Azzimane, Président Délégué de la Fondation Hassan II pour les MRE, a mis en exergue dans son discours d’ouverture de ce séminaire, la forte attache qui lie les MRE à leur mère-patrie, avant de souligner que la Fondation fera tout son possible pour que les MRE deviennent des acteurs économiques du pays à part entière. Il ne pouvait pas en être autrement quand on sait que le potentiel d’investissement des MRE est en forte croissance quantitativement et qualitativement. Ainsi, les transferts des MRE ont dépassé les 34 milliards de dirhams en 2003. Une petite chute, puisqu’il y a deux ans ces transferts ont atteint les 36 milliards. Toutefois, comme le mentionne l’enquête, l’émergence d’une élite de la deuxième génération et l’établissement des Marocains lauréats des Grandes Écoles dans les pays à économie évoluée, constituent un vivier de compétences et de savoir-faire disposé à contribuer au développement économique du pays d’origine. Ainsi donc la synergie entre ces ressources humaines et financières, et leur bonne allocation à des investissements productifs permettra de sécuriser et de fructifier l’épargne des MRE et surtout de soutenir la croissance économique et contribuer à la modernisation de l’économie marocaine. C’était là aussi un des objectifs du séminaire qui s’est tenu du 8 au 9 juillet à Rabat, au Centre d’accueil de Bank Al Maghrib sous le thème «Marocains de l’extérieur et développement».
M.S.