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Le PDI sur les traces du PJD Vie politique

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Lorsque le leader du Mouvement Populaire Démocratique et Constitutionnel ( MPDC), M. Abdelkrim El Khatib avait accepté d’accueillir dans les rangs de son parti les islamistes du MUR, son objectif était de récupérer les militants de cette mouvance islamiste en leur offrant un cadre d’action politique afin d’intégrer officiellement la scène politique nationale. El Khatib leur a, d’ailleurs, imposé des conditions avant de sceller leur pacte d’adhésion. Des clauses qu’ils ont promis de respecter. Néanmoins, au fil des années, alors que le parti devenait de plus en plus important (sous le sigle PJD), les promesses n’ont pas été tenues et actuellement le climat est électrique entre le MUR de Raïssouni et le PJD d’El Khatib. Mais, sur le terrain, ce parti a gagné le pari. Avec 38 élus sur 295, le parti du Dr El Khatib a remporté une victoire indiscutable. Crée seulement en 1996, il a réalisé, lors des législatives de septembre 2002, une progression impressionnante puisqu’en 1997, date de son baptême du feu électoral, il n’avait récolté que 9 sièges. La victoire est d’autant plus importante que le parti n’a été présenté que dans 57 circonscriptions sur un total de 91. Entre les élections de 1997 et celles de 2002, le PJD n’a perdu aucun député. Il est bien le seul. Le PJD est représenté au niveau local par 593 conseillers. A Casablanca, le PJD, principale formation de l’opposition, même s’il a largement limité ses candidatures aux communales, a pu, quand même, récolter plus de 320.000 voix  (le parti du Dr El Khatib a enregistré un recul considérable par rapport aux législatives de septembre 2002 où il avait atteint près de 13%).
En évitant toutefois de participer au gouvernement Jettou, cette formation serait en train de tabler sur un raz de marée des Islamistes en 2007. La question est, peut-être, tranchée. Ce sera les législatives, les communales et après on verra. Ainsi donc, l’on peut conclure que l’initiative du Dr El Khatib de s’ouvrir sur les Islamistes de la Chabiba Islamia fondée en 1969 dans la clandestinité par Abdelkrim Moutiï et Brahim Kamal, a abouti.  L’année 2004, la scène politique est en train, semble-t-il, de revivre le même scénario dont le chef de file est le PDI (Parti de Démocratie et d’Indépendance) connu sous le nom de Hizb Choura Wal Istiqlal fondé par feu Bel Hassan El Ouazzani.
Le fait donc qu’un nouveau parti à obédience islamiste vienne s’ajouter au PJD nécessite une redéfinition à la lumière, ou à l’ombre, de la pratique politique marocaine, version islamiste. Dans ce contexte précis, le PDI ne nous intéresse pas beaucoup dans la mesure où il ne présente pas grand chose. Toutefois, nous allons placer la question sous l’angle de ses rapports avec l’Islam politique à travers l’histoire récente du Maroc. La Chabiba Islamia est considérée dans ce contexte comme l’ancêtre des mouvements fondamentalistes dans le Maghreb. Fondée en 1969 par Abdelkrim Moutiï et son compagnon de route Brahim Kamal, l’organisation fonctionna dans la clandestinité. Après l’assassinat du leader socialiste Omar Benjeloun en 1975, la Chabiba Islamia provoqua, sinon son arrêt de mort, du moins son éclatement. Ses deux dirigeants historiques s’éloignèrent. Le premier en exil et le deuxième en prison. Les bases de l’organisation, sont alors livrées à elles- mêmes. Les jeunes barbus des années 70 ont grandi et à partir des années 80, ils abandonnèrent la Chabiba comme une coquille vide. De multiples voies, souvent opposées, ont été empruntées. De l’associatif (Islah Wa Tajdid) au soufisme (Adl Wal Ihssane de Cheikh Yassine). Certains ont préféré mettre fin à leur parcours politique. Au fil du temps, d’autres courants ont tenté à plusieurs reprises de créer au début des années 90 un parti politique (Parti Attajdid Wattanmia). Puis, ces diverses tendances rejoignent la Rabita Islamia de Raïssouni pour fonder Attawhid Wal Isslah (Mouvement Unité et Réforme, MUR). Berceau de l’actuel PJD, seul parti officiellement reconnu. Intelligent qu’il est, ce parti a mis à l’écart certains éléments de peur de déstabiliser la fusion à peine naissante. Le PDI, quant  lui, coupe court et adopte depuis quelque temps la même démarche d’ouverture sur toutes les organisations islamistes fondamentalistes.

Ce n’est qu’un début

Actuellement, les contacts se font à plusieurs niveaux entre les barbus mécontents du PJD, certains ex-élements de la Chabiba Islamia, les scissionnistes d’El Badil Al Hadari et ceux qui ont quitté Adl Wal Ihssane. La démarche a, semble-t-il, abouti. Premier résultat concret: Le PDI comprend actuellement en son sein des ex-de la Chabiba Islamia ( comme Me Abdellah Amari), des militants du Mouvement Al Haraka Min Ajl Oumma ainsi que d’autres barbus d’autres courants islamistes. Dans le même sens, les réunions se font à un rythme presque non stop entre le PDI et les représentants de ces courants pour débattre des possibilités capables de fusionner tout ce beau monde. M. Abdelwahed Maâche, S.G du PDI souligne à ce sujet que l’objectif de cette initiative ne consiste pas à transformer le PDI en un parti islamiste. « Je n’apprécie pas l’appellation parti islamiste. Par contre je préfère plutôt que l’on parle d’un parti à référence islamiste. Cela, d’ailleurs, n’est pas nouveau puisque le PDI a depuis sa création en 1946 fait de l’Islam sa référence idéologique y compris El Chourra, expression exclusivement inspirée de la religion musulmane», a précisé Maâche en avançant que son parti reste ouvert à toutes les tendances, en particulier, celles qui sont de plus en plus démotivées et déçues.
Pour sa part, le prêcheur Abdelbariî Azzemzemi, n’a pas offert de cadeaux au PJD. Invité du PDI lors d’une conférence de presse tenue samedi dernier à Casablanca, il n’a pas cessé d’accuser le PJD de fanatisme. Pour cette raison, explique-t-il, la présence d’un autre parti, autre que le PJD, qui adopte le même discours et le même référentiel islamiste, est la condition sine qua non, de concurrencer le parti d’El Khatib. Pour lui, c’est une manière de mettre les barrières au monopole du PJD quant à l’utilisation du référentiel islamique en politique. Le prêcheur tangérois qui a applaudi l’initiative du PDI à s’ouvrir à toutes les organisations islamistes a déclaré : « De notre part, nous soutenons jusqu’au bout le PDI car il fait de l’Islam le fondement de sa vision idéologique».
En somme, un autre parti islamiste au côté du PJD est une arme à double tranchant: S’il est en mesure d’affaiblir le parti d’El Othmani au niveau de la représentativité nationale, il est également en mesure d’accentuer le fondamentalisme politique au Maroc. Une démarche inquiétante.

Hassan Zaatit

 

L’histoire de Abdessamad Merdas

M. Abdessamad Merdas est l’ex-Imam de la mosquée Al Houda à Casablanca. Lors des élections législatives de 2002, il a voulu se présenter sous les couleurs du PJD qui lui a accordé la troisième place dans la liste de ses candidats à l’arrondissement Sbata. Refusant une telle proposition, Merdas a décidé de choisir le PDI. Le pari a été gagné et l’ex-Imam est actuellement le seul député PDI à la Chambre des Représentants. Après avoir constaté l’énorme faiblesse de ce parti, il décida de rejoindre le RNI. Déçu par les multiples règlements de compte internes du RNI, Merdas se retourna finalement vers le PDI. Son expérience démontre que les couleurs politiques n’ont pas plus d’influence que les personnes candidates. Une prise de conscience s’installa alors au PDI. La réussite de Merdas a encouragé les dirigeants du PDI à accorder un grand intérêt aux Islamistes de la place, recopiant de la sorte l’expérience du PJD dans ce domaine.



 

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