Casablanca est une métropole aux problèmes monstres, ses points noirs consternent le citoyen qui aspire à un espace urbain digne de ce nom, ils agacent également les responsables qui se trouvent parfois pris dans un engrenage administratif non efficient.
La ville de Casablanca compte un effectif de 20 000 agents publics. Pour autant, sur le terrain cet abondance en personnel contraste avec les attentes de la ville et sa situation délabrée. D’où l’intérêt d’une nouvelle organisation qui se veut en phase de la vision de réunification, explique-t-on, au conseil de la ville. «Casablanca est une mégapole de 4 millions d’habitants, c’est une ville qui aspire à une organisation à la hauteur de ses ambitions. Casablanca se veut au service de ses citoyens» lance M. Sajid, président du conseil de la ville, qui précise que la nouvelle structure de la ville vient répondre à un souci d’efficience en terme de gestion à travers une organisation adaptée aux nouveaux modes de gestion urbaine.
Dans cette optique, le conseil de la ville a fait appel à un cabinet conseil, en l’occurrence LMS Organisation & ressources Humaines, pour l’élaboration du nouvel organigramme. Selon M. Othmani, directeur de LMS, le présent organigramme a été conçu en fonction de la vision globale de la Mairie pour la gestion de la ville, ainsi que des spécifités et besoins de Casablanca. «Il fallait donc évaluer les compétences existantes, en sélectionner des cadres en fonction des points noirs et des projets prioritaires sur lesquels il fallait concentrer les ressources humaines» explique M. El Othmani.
Nouvelle vision de gestion
A partir de là, six directions ont été érigées, à savoir la direction de l’Hygiène et des Affaires sociales et culturelles ; la direction de l’Aménagement urbain et de l’habitat ; la direction des Ressources Humaines; la direction des Affaires économiques et des services concédés; la direction des Affaires et enfin la direction des Finances et budget. Chaque direction comprend plusieurs divisions.
Par ailleurs, le cabinet-conseil devra accompagner les directions dans l’élaboration de leur plan d’action. «L’objectif étant de professionnaliser le travail des directions.», dixit M. El Othmani.
Structure proactive
D’où la mise en place de contrats-programme basés sur des normes de contrôle de gestion, visant à optimiser les réalisations et à concrétiser les projets lancés. Cette mission semble cruciale dans la gestion du changement en cours, d’où l’importance d’une structure de coordination pro-active, chapeautée par M. Driss Cheikh, (ingénieur d’État hors cadre). Selon M. Sajid, cette direction revêt une grande importance en tant que locomotive du développement de la ville. Dans cette optique, M. El Othmani estime que la gestion du changement va se décliner sur 3 phases. La première phase, de fin 2003 à fin 2004, sera consacrée à la mise en place des nouvelles structures. Elle comprend «la définition des organigrammes, la nomination des responsables et l’état des lieux et points noirs de la ville» La deuxième phase qui va de 2005 à 2007, sera dédiée à la mise en place de la vision 2007. Cette phase intègre «l’organisation, les axes de progrès, les axes de développement et la formation au management». En dernier lieu, la période allant de 2007 à 2009, concernera la consolidation des acquis, dit-on à LMS, il sera question d’identifier les plans d’actions, de paramétrer le temps des missions et de réaffirmer le engagements.
Enfin , il est à signaler que cette organisation se met en place progressivement, les responsables du recrutement sont à l’affût d’autres compétences pour combler certains services. Et M. le Maire de déclarer «Même si nous avons aujourd’hui quelques problèmes de mise en place de cette organisation, nous sommes mobilisés pour que cela se fasse dans les plus brefs délais afin de répondre aux ambitions d’une ville dynamique, moderne, ouverte.»
Identité visuelle
Outre l’organigramme, Casablanca s’est dotée, dans le cadre de la nouvelle stratégie d’organisation, d’une identité visuelle à l’instar d’autres capitales du monde. Elle regroupe trois couleurs. Le vert symbole de la paix mais aussi en rappel à la propreté et au respect de l’environnement. Le blanc, pour rappeler la symbolique de la ville à savoir Casa la blanche. Et enfin le bleu qui renvoie à la mer, en guise de rappel du statut touristique de la ville, mais aussi de son activité portuaire. Selon M. Hamdane, directeur d’Alif communication, agence qui a conçu (gracieusement) cette identité visuelle, cette dernière puise ses traits dans l’architecture de la ville, sa dimension ainsi que son emplacement. D’où le recours aux trois couleurs suscitées. « Ce logo rappelle également la notion de la ville moderne, ouverte, ville carrefour où s’entrecroise une multitude de culture. Sa conception associe des éléments stables (axe de fondements et de force) et des éléments en mouvements (axe de la ville en mutation)», explique M Hamdane.
In fine, espérons que cette nouvelle organisation se traduira sur le terrain par des actions ciblées à même de changer l’espace urbain casablancais. Alors chiche !
Leïla Ouazry