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Un conflit...ensablé Débat autour du Sahara marocain

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Si l’on excepte quelques microterritoires, le Sahara Occidental marocain est, depuis qu’un accord a été signé sur la Nouvelle Calédonie (Dom Tom français dans l’Océan pacifique), le dernier dossier encore inscrit sur les tablettes de la Commission de décolonisation de l’ONU. Il y a plus de 28 ans que le Maroc a réussi à récupérer la partie Sud de son territoire, appelé jadis  Sahara Occidental. Seulement et jusqu’à présent, cette affaire demeure complexe et incompréhensible. Les options mises en oeuvre depuis 1975, à savoir l’affirmation absolue de la marocanité du Sahara liée au référendum, l’hypothèse de l’autonomie régionale etc. ont, pour certains analystes, fait leur temps. Les discours unanimistes à forte charge nationaliste et les plaidoiries stéréotypées à connotation idéologique doivent, disent-ils, céder la place à une démarche, certes ferme mais également emprunte de réalisme et de souplesse et qui ne cède pas sur le fond mais se montre ouverte à toutes propositions nouvelles et initiatives qui visent des solutions réalistes. Dans le même sens et ce n’est un secret pour personne, dans un contexte international plus brouillé qu’auparavant et où les enjeux ne sont plus ce qu’ils étaient à l’époque de la guerre froide, où les alliances se font et se défont au gré des intérêts économiques et géopolitiques et où certains ennemis d’hier sont devenus des principaux alliés d’aujourd’hui, la question du Sahara se pose dans des termes nouveaux. D’ailleurs, à Paris comme à Washington, encore plus actuellement à Madrid, on continue de suivre de très près cette affaire. Ce qui est appelé le Front Polisario (en perte de vitesse diplomatique ces dernières années) a sans doute pris avec  du retard le train du mouvement de la décolonisation: si le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes reste inscrit au fronton des Nations Unies, les grandes puissances, elles, cherchent plutôt à décourager la multiplication d’Etats pas viables, instables, voire illégitimes à tous les niveaux. Et, de toutes les façons, ni Paris, ni Washington n’ont envie de favoriser au Sahara marocain la naissance d’un quelconque Etat.
De toutes les manières, le dossier du Sahara marocain prend de l’ampleur d’année en année  et devient le véritable centre d’un enjeu qui dépasse le régional et s’inscrit dans une vision géopolitique et géostratégique globale. Face donc à ce nouveau contexte, quelle devrait être l’attitude du Maroc pour un règlement définitif de son Sahara?
M.Abdelali Benamour, Président fondateur de l’Association Alternatives, propose un certain nombre d’éléments qu’il qualifie de majeurs pour une solution au conflit du Sahara. Pour lui, le Maroc à l’avantage de la légitimité historique et de terrain mais aussi le devoir de faire prévaloir ses droits en tenant compte des sensibilités des autres. Il doit également, ajoute-t-il, prendre les initiatives qui s’imposent.
«Il ne doit pas être en retrait mais  à l’avant-garde de l’initiative». Sa deuxième proposition précise que toute solution doit prendre en considération les intérêts majeurs des grandes puissances et les choix universels qui s’imposent. Ce qu’évoque Benamour comme troisième proposition se rapporte à l’UMA. Toute solution, selon lui, doit prendre en considération l’impératif de la construction maghrébine et par conséquent le développement économique de la région. En quatrième lieu, il propose de mettre en évidence la construction démocratique dans les pays du Maghreb dans sa perception la plus actuelle. « Qui dit régionalisation dit une certaine forme d’autonomie. Le principe de base consiste à ce que toute solution devrait être extensible aux autres régions du Maroc», propose-t-il en cinquième lieu. En dernier point, Benamour estime qu’il est extrêmement important d’éviter les solutions qui font des vainqueurs et des vaincus.
Dans ces conditions, le Président fondateur d’Alternatives pense qu’un Maghreb uni, à l’image de l’Union Européenne, profitera sans aucun doute à tous les pays de la région et l’Algérie, dans ce cas, n’aura plus besoin de couloir sur l’Océan Atlantique. Autrement dit, une solution profitable à tous. Abraham Serfaty, quant à lui, va dans le même sens mais avec ses propres sensibilités. « Il semble que les parties concernées s’acheminent vers un accord sous l’égide du Conseil de Sécurité. Celui-ci étant poussé par les trois puissances mondiales les plus concernées, en l’occurrence, les États Unis, la France et l’Espagne, à régler définitivement ce dossier”, souligne-t-il avant d’ajouter que ces trois pays convergent sur une solution de ni vainqueur ni vaincu et un Maghreb qui respecte l’équilibre de ses deux principales composantes, à savoir le Maroc et l’Algérie. En terme de solution, il estime qu’il suffit de créer une communauté autonome rattachée au Royaume du Maroc et démocratiquement constituée par les citoyens sahraouis d’origine et les Marocains qui y sont installés avant le 31/12/99. « Tous rattachés au Royaume dans le cadre d’une structure confédérale. qui assurerait la défense extérieure et la diplomatie avec une consultation du gouvernement de la communauté autonome. Celle-ci peut avoir des relations directes avec d’autres communautés du même type, particulièrement, celle des Iles Canaries», affirme-t-il. Dans le même ordre d’idées, il précise que cette communauté dispose de ses ressources naturelles tout en reconnaissant les accords signés par le Maroc. Ainsi, pour les hydrocarbures, dit-il, une compétence particulière revient à l’Office National des hydrocarbures et des Mines du Maroc. «Après la mise en place des structures répondant à ces lignes directrices, qui seraient confirmées par un référendum organisé sous l’égide des Nations Unies», conclut l’ex-marxiste d’Ilal Amam. Pour sa part, l’antropologue Mustapha Naimi a déclaré qu’il est tout à fait faux de prétendre que le Polisario est l’unique accueillant des Sahraouis, car il existe une troisième partie qui rejette à la fois la position marocaine et celle du Polisario. D’un autre côté, Naimi pense qu’il n’y pas de confusion entre la proposition onusienne et le principe de l’autonomie d’autant plus que cette autonomie est structurelle et s’inscrit parfaitement dans la nature composite de la société marocaine. « Si le Maroc veut parvenir à un règlement définitif de cette question du Sahara, il lui appartient d’amener l’Algérie à entamer d’urgence des négociations à ce sujet». Car, explique-t-il, si l’intégrité territoriale du Maroc est homogène de manière générale, l’Algérie connaît par contre une fragilité de sa structure territoriale.
En somme, les différents intervenants ont appelé les interlocuteurs marocains à plus de vigilance vis-à-vis des Etats-Unis. «Ce pays n’a pas d’amis (...), sa devise reste business is business», ont-ils martelé. Les interventions américaines en Irak, au Soudan, en Géorgie, en Libye, au Kurdistan et les manoeuvres visant à déstabiliser le régime d’Hugo Chavez au Venezuela, ont un point commun, le pétrole, qui constitue la grande richesse de notre voisin de l’Est !

H.Zaatit



 

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