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Un traité global à portée politique L’accord de libre-échange Maroc-USA a été signé

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C'est dans la célèbre salle Benjamin Franklin du département d'Etat, pavoisée aux couleurs des deux pays, que M.Taieb Fassi Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération et M. Robert Zoellick, Représentant des Etats-Unis pour le commerce extérieur, ont procédé mardi soir à la signature officielle de l'accord de libre-échange États-Unis-Maroc conclu le 2 mars dernier à Washington.
Lors de la cérémonie, MM. Taieb Fassi Fihri et Robert Zoellick étaient entourés des ambassadeurs des deux pays, MM. Aziz Mekouar et Thomas Riley, du sous-secrétaire d'Etat à la diplomatie publique, Mme. Margaret Tutwiler, des congressmen Lincoln Diaz-Balart et Phil English, ainsi que des membres des deux délégations à la négociation de l'accord, M. Fathallah Sijelmassi, M. Youssef Laanigri, Mme Catherine Novelli et M. Alan Johnson.
S'adressant aux personnalités présentes, parmi lesquelles figuraient le congressman Benjamin Gilman, l'ambassadeur de Tunisie à Washington, Hatim Atallah, les anciens ambassadeurs des Usa au Maroc, MM. Edward Gabriel et Marc Ginsberg, ainsi que de nombreux représentants de la communauté d'affaires marocaine et américaine, le congressman Diaz-Balart, a qualifié le Maroc d'"ami le plus permanent et le plus fidèle" des Etats-Unis.
M. Diaz-Balart, qui est membre de la Commission des Règlements et de la sous-Commission du Budget à la Chambre des Représentants, a rappelé que le Royaume, s'est toujours tenu aux côtés des USA, notamment sous le règne du "grand homme d'Etat" Feu SM Hassan II durant la "dangereuse période" de la guerre froide et aujourd'hui, sous le règne d'"un autre grand homme d'Etat", SM le Roi Mohammed VI.
Le congressman Diaz-Balart a appelé le gouvernement américain à continuer d'appuyer le Maroc, "bastion de sagesse et de stabilité" dans la région d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
"Nous devons comprendre l'insistance du Maroc sur son intégrité territoriale. Le Royaume ne veut pas laisser s'installer sur son Sahara une entité terroriste qui représenterait une menace non seulement pour sa sécurité nationale, mais également pour la sécurité nationale des Etats-Unis et de nos alliés européens", a souligné l’élu américain.
Concernant l'accord de libre-échange, M. Diaz-Balart a indiqué qu'il représentait un nouveau jalon dans l'histoire séculaire des relations entre les deux pays, appelant le Congrès américain à oeuvrer pour son entrée en vigueur le plus tôt possible.

Un partenariat politique

Intervenant à son tour, M. Robert Zoellick s'est réjoui de la signature de l'accord dans une salle qui porte le nom de Benjamin Franklin, l'un des pères fondateurs des Etats-Unis d'Amérique ayant oeuvré, à son époque, à la conclusion de l'accord de Marrakech qui continue d'être aujourd'hui le premier accord encore en vigueur qui ait jamais été conclu entre les Etats-Unis et un pays étranger.
L'accord de libre-échange vient aujourd'hui sceller "un partenariat politique et économique nouveau" entre deux pays qui partagent les mêmes valeurs et un attachement indéfectible aux idéaux de liberté, a fait savoir M. Zoellick.
Soulignant les bénéfices que les peuples des deux pays sont appelés à tirer de la zone de libre-échange, étant donné son importance pour la promotion de la croissance, la création d'emplois et l'émergence des classes moyennes qui sont le moteur de l'entreprise, M. Zoellick s'est réjoui des signes indiquant que l'accord allait être adopté dès cette année par le Congrès.
Avec la signature de l'ALE, les Etats-Unis et le Maroc "ouvrent un nouveau chapitre dans des relations d'amitié qui ont déjà entamé leur troisième siècle", a souligné de son côté M. Fassi Fihri, rappelant que c'est à Washington, il y a deux ans, que SM le Roi Mohammed VI et le Président George Bush avaient décidé de lancer les négociations pour la conclusion de cet accord qui est aujourd'hui un nouveau jalon dans un processus spécifique, ayant commencé avec la signature du traité bilatéral d'investissement en 1985 et l'accord cadre du commerce et de l'investissement conclu en 1995.
M. Fassi Fihri a souligné que sa délégation représentait un pays "dont l'histoire est très ancienne, mais dont le peuple est très jeune", un pays qui se trouve à l'avant-garde des réformes politiques, économiques et sociales pour le progrès et le bien-être de son peuple, mobilisé pour la protection de ses valeurs fondamentales et de son intégrité territoriale, a-t-il dit.

Un jalon
historique

" Avec cet accord, le Maroc, qui se trouve au carrefour des continents et des différentes cultures, devient ainsi "un pont entre les Etats-Unis, le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Europe", a, par ailleurs, noté le ministre marocain soulignant que les bénéfices qui en découleront ne seront pas uniquement économiques et ne profiteront pas seulement au Maroc et aux Etats-Unis, mais à tous les pays avec lesquels le Maroc entretient des relations commerciales.
Le congressman Phil English, membre de la Commission conjointe des affaires économiques au Congrès US., a pour sa part qualifié l'accord de "nouveau jalon historique" qui vient "consolider encore davantage des relations maintenant anciennes de plus de deux cents ans".
M. English qui préside le Caucus Maroc au Congrès, a souligné l'intérêt que l'accord représentait pour les deux pays, appelant à son adoption rapide, en vue de l'établissement de "rapports encore plus étroits avec notre allié traditionnel".
Pour sa part, le président de la Commission des Finances au Sénat américain, le sénateur Chuck Grassley, a exprimé son soutien à l'accord de libre-échange Usa-Maroc signé mardi soir à Washington.
Le sénateur qui présidait mardi une audition au Sénat, quelques heures avant la cérémonie officielle de signature, a fait savoir que cet accord constitue une étape importante dans l'instauration d'une zone de libre-échange à l'échelle de l'ensemble de la région d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Lors de l'audition, M. Peter Allgeier, Représentant adjoint américain pour le Commerce extérieur, a souligné l'action déployée par le Maroc pour la libéralisation de son commerce et la réforme de son économie.
M. Allgeier a souligné l'impact positif qu'aura ce traité sur l'économie des deux pays, mettant en relief la position géostratégique exceptionnelle du Royaume, ainsi que ses potentialités.
Notant que les pourparlers sur le volet agricole ont été "un peu délicats", en raison de l'importance que revêt ce secteur pour l'économie marocaine, il a fait savoir que les négociateurs des deux pays sont parvenus à mettre au point un accord qui "prend en considération les aspirations de développement du Maroc tout en respectant les principes de la concurrence et de la libéralisation du commerce".
M. Allgeier a indiqué par ailleurs que le Royaume "s'est engagé à créer de nouvelles opportunités et à relever le défi de la modernisation dans le secteur des services et notamment dans le domaine bancaire, des assurances, de l'audiovisuel, des télécommunications, des technologies de l'information, tout en protégeant la propriété intellectuelle".
L'accord de libre échange conclu avec le Maroc comprend aussi des dispositions concernant le travail, l'environnement, la protection de l'investissement et la transparence dans l'attribution des marchés, a-t-il poursuivi, affirmant que ces mesures sont destinées à encourager les hommes affaires américains à investir au Maroc et aider l'économie marocaine à maintenir une croissance soutenue et atteindre les objectifs du développement.
"Cet accord est un traité global et bien structuré qui bénéficiera aux deux pays", a affirmé M. Allgeier.

(d’après des dépêches MAP)



 

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