Aller de l’avant, telle pourrait être la quintessence de la visite du Président de la Catalogne autonome, M. Pasqual Margall, à Rabat. Un déplacement qui renforce la coopération bilatérale entre les deux communautés. Point n’est besoin de souligner ici qu’entre le Maroc et la Catalogne le courant passe bien. Un partenariat qui a pris du galon depuis l’arrivée à la tête de l’exécutif ibérique du parti socialiste espagnol (PSOE). Une victoire socialiste qui a été, d’ailleurs, fortement appréciée au Maroc notamment au sein de l’USFP. Mohamed El Yazghi n’a pas manqué, à ce sujet, de souligner que «le peuple espagnol et les électeurs espagnols, qui ont participé au scrutin de mars dernier, ont fait le bon choix pour l’Espagne et pour ses voisins, et notamment le Maroc. Le peuple espagnol en votant pour le PSOE, a voté pour le changement en Espagne, dans la région Méditerranéenne et sur le plan international. Avant d’ajouter qu’avec «le PSOE, l’USFP a des relations qui remontent très loin. Nous sommes en effet le seul parti arabe et africain à avoir assisté au Congrès extraordinaire tenu à l’étranger, compte tenu de l’absence de liberté dans l’Espagne franquiste ; et c’est un gouvernement socialiste espagnol qui a élargi le champ de coopération entre le Maroc et l’Espagne dans les domaines économiques et culturels. Nos rapports ont toujours été excellents, et nos points de convergence sont largement supérieurs à nos points de divergence.» Mieux, «l’USFP et le PSOE sont liées depuis Octobre 2001 par une convention bilatérale qui prévoit des consultations périodiques sur des questions d’intérêt national, une coordination dans le bassin méditerranéen, et une action commune au niveau de l’Internationale Socialiste.» Depuis lors, la coopération s’est intensifiée entre les différentes entités ibériques et le royaume du Maroc. La visite de M. Margall s’inscrit donc dans un cadre de parfaite entente. À ce sujet, il faut souligner que plus de 40 % des investissements espagnols au Maroc sont effectués par des groupes et entreprises catalans que l’on considère aujourd’hui comme les plus dynamiques de l’Espagne. Le volet économique a pris de l’élan (voir encadré). Pour les observateurs, cette visite trouve toute son explication dans l’intérêt que porte le Roi Mohammed VI à cette région autonome de l’Espagne. Toujours est-il que la visite de M. Margall ouvre de nouvelles perspectives dans les relations entre le Maroc et la Catalogne. Lors de la conférence qu’il a donnée au ministère des Affaires étrangères du Maroc, M. Margall a plaidé pour une véritable association dans le domaine agricole. Pour lui, seule la formule du partenariat peut constituer un saut qualitatif capable de transcender les problèmes et amener les deux pays à tirer profit de leur coopération. Sur un autre plan, M. Margall a rappelé qu’en investissant au niveau des infrastructures, en optant pour des formules de délocalisation, les partenaires européens pourraient réussir un grand pari et coller à l’esprit du processus de Barcelone les programmes allant dans ce sens. D’ailleurs, l’idée d’une banque d’investissement proposée par le Catalan vient dynamiser, à point nommé, une coopération fortement enracinée.
M.S.
Pied-à-terre casablancais pour entrepreneurs catalans
Pasqual Maragall, Président du gouvernement autonome catalan, remplaçant de Jordi Pujol, qui a fait beaucoup pour les relations maroco-catalanes, a inauguré vendredi 28 mai, au 219, boulevard Zerktouni (angle boulevard Brahim Roudani), les nouveaux bureaux du Consortium de promotion commerciale de la Catalogne (COPCA), un organe dont le but est de porter le process d’internationalisation des entreprises catalanes.
Cette structure comprend notamment une « plate-forme d’entreprenariat », c’est-à-dire une base de travail avec assistance permanente recelant toutes les infrastructures bureautiques nécessaires à la conduite des affaires, où les entrepreneurs catalans peuvent jouir d’un pied-à-terre au Maroc.
Il faut préciser que 40% des investissements espagnols au Maroc sont effectués par des groupes et entreprises catalans (et que 50% des Marocains résidant en Espagne sont installés en Catalogne). Après avoir ordonné la fermeture des locaux de la Délégation de Catalogne auprès du Maroc (cette quasi chancellerie qui avait fourni un travail de terrain impressionnant, à Sidi Moumen notamment, au lendemain du 16 mai), le gouvernement de Maragall semble faire machine-arrière. Il faut dire qu’Aznar n’est plus là, qui voyait d’un mauvais œil l’implication, dans un pays qu’il n’a jamais porté dans son cœur, des représentants d’une des régions -qu’il estimait inféodée- de l’Espagne fédérale, et exerçait des pressions visant à mettre un terme à l’aventure de sa délégation casablancaise.
La Catalogne se repositionne donc aujourd’hui au Maroc, sur le plan économique, en attendant un retour sur le premier plan de la scène sociale.
M.L.