Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Actualité
Bush-Kerry tout est possible ! Thierry de Montbrial en conférence

Auteur :

Le mystère est total. Personne aujourd’hui ne peut affirmer avec certitude que Bush ne sera pas réélu lors des élections présidentielles américaines de novembre prochain. Telle est l’idée principale, ici résumée succinctement, de l’exposé présenté par Thierry de Montbrial vendredi dernier à Casablanca. Une intervention, à l’initiative de l’Institut Marocain des Relations Internationales, retardée en raison de la grève des pilotes de la RAM ou des embouteillages perpétuels qui encombrent les artères de la capitale économique, mais qui a bien eu lieu !
D’après les derniers sondages, John F. Kerry et George W. Bush sont à égalité. Les deux hommes disposent chacun de 47% des intentions de vote. Un équilibre difficile voire impossible à comprendre pour un non Américain au vu de la politique étrangère menée par l’administration Bush - le soutien inconditionnel au Gouvernement Sharon, la montée de l’unilatéralisme au détriment des Institutions internationales, le développement d’une forme de “droit d’ingérence” dans la politique des pays étrangers -. Mais voilà, le vote est entre les mains du peuple américain. “Il faut donc essayer d’évaluer la situation avec un point de vue américain”, précise le géostratège Thierry de Montbrial.
L’histoire a prouvé la culture patriotique du peuple américain. Un patriotisme qui se manifeste par une certitude absolue de détenir la vérité. “Les Américains sont un peuple de prédicateurs. Le prêche est dans leur nature. Ils imposent leur vision au monde, même si elle n’est pas dans la lignée de la démocratie. “Ce qui est bon pour les États Unis est bon pour le monde” pourrait-on résumer”, explique Thierry de Montbrial.

Bush, un modèle top

Une doctrine que Bush personnalise à travers une démarche messianique contre le terrorisme et qui séduit le peuple américain. Malgré le mensonge lié à la présence d’armes de destruction massive, la débâcle des soldats de l’Oncle Sam en terre irakienne, le scandale des prisonniers irakiens torturés au centre de détention d’Abou Ghraib, il se pourrait bien que les Américains réitèrent leur soutien à l’actuel Président. Un Président qui incarne le chef par excellence, tout en étant proche du citoyen américain lambda. “On n’attend pas d’un Président américain qu’il soit un esprit éclairé. Ce sont ses conseillers qui réfléchissent. Lui doit être représentatif de l’Américain moyen”,  développe Thierry de Montbrial. Autant de points positifs dans l’escarcelle électorale du Texan.
Mais les Américains qui sont si attachés au drapeau, ne devraient-ils pas sanctionner par le vote la perte de leurs “guys” en Irak. “Nombre d’Américains continuent de croire que l’Irak constitue une menace. Alors malgré leurs morts, ils ne condamnent pas Bush”, détaille l’orateur avant de démontrer “qu’en cas d’attentat sur le sol américain, on serait tenté de dire que la balance pencherait en faveur de Bush. Le peuple américain, par patriotisme et fidélité, resterait soudé derrière son président.” Un bouleversement politique à l’espagnole n’est donc pas envisageable aux États-Unis ; d’autant plus que l’opinion publique américaine, à l’inverse du peuple hispanique, ne s’opposait pas à l’intervention de la coalition en Irak l’année passée.
Face à “SuperBush”, le nouveau JFK. Le candidat démocrate n’est pas très convaincant aux yeux des citoyens outre-atlantique. D’après Thierry de Montbrial, “John Kerry ne peut adopter une position totalement différente. Il lui est impossible de proposer le retrait des GI, l’image de la nation en dépend. Alors il doit boire la coupe jusqu’à la lie…” Et adopter un discours puissant dans les idées mais vague dans l’action.
La semaine dernière lors d’un discours donné à Seattle, le sénateur du Massachusetts a accusé Bush de ternir l’image des Etats-Unis et évoquer avec nostalgie l’époque où “le pays guidait au lieu de se battre seul, où nous tendions notre main, pas notre poing et où le monde nous respectait.” Il demeure, malgré un engagement en demi-teinte, qu’après ses succès fulgurants lors des primaires et les récents sondages, Kerry a toutes les cartes en main pour désarçonner le cow-boy texan.
L’économie joue un rôle primordial dans le choix des électeurs. Le secteur affiche aujourd’hui un bilan mitigé : Le taux de croissance est en progression, en partie grâce aux avantages fiscaux mis en place par l’administration républicaine. Mais depuis l’avènement de Bush, le pays accuse une perte de deux millions d’emplois. “La productivité augmente plus vite que la croissance. La situation économique est suffisante pour assurer la réélection de Bush mais elle peut aussi avoir l’effet contraire”, explique Thierry de Montbrial.
Un succès tout comme une déroute de Bush est donc envisageable. En cas de victoire, le monde serait-il donc condamné à vivre et à subir les manigances idéologues de Bush et de ses faucons ? “Il y a une limite à ces agissements. Elle réside en la conséquence de ses propres erreurs. En cas de réélection, Bush sera obligé de se recentrer”, rassure avec réalisme le spécialiste des relations internationales. Un effet boomerang et des inquiétudes qui n’auront peut-être pas lieu d’être…, si seulement la victoire de novembre prochain s’avère démocrate.

Ingrid Ober

Carte de visite IMRI

L’Institut Marocain des Relations Internationales a été créé en 2003. L’association à but non lucratif, accueillant Marocains et étrangers, s’est fixée un objectif précis : Étudier et analyser les relations internationales dans leur globalité. Reste que l’IMRI accorde en toute logique un intérêt particulier à revaloriser l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Le travail se coordonne autour de missions diverses. Le “ pôle ” recherche, constitué de chercheurs et de praticiens,  mène des études basées sur des thèmes comme la politique, l’économie et en lien avec les relations internationales. Des travaux rassemblés sous forme de rapports qui sont soumis aux responsables publics et privés nationaux. Parallèlement, l’IMRI organise  des rencontres et des débats. En septembre prochain, une rencontre débat autour du thème “ le régime politique dans le monde arabe ” sera organisée. L’association est en contact avec une centaine d’instituts internationaux au domaine d’action similaire, autant de collaborateurs vecteurs d’échanges et d’enrichissement au service d’un but avoué par son président M Jawad Kerdoudi “ L’IMRI ambitionne de participer à la consolidation de la démocratie et de la modernité, au développement des investissements, des échanges et du tourisme dans le Royaume. ”



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com