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"Et pourquoi pas le PJD ?" Entretien avec M. Abderrahim Lahjouji, Président de Forces Citoyennes

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La Nouvelle Tribune :Vous avez organisé conjointement avec le PJD, samedi dernier, une conférence de presse sur l’ALE entre le Maroc et les USA. Pourquoi précisément le PJD?
M. Lahjouji:
Et pourquoi pas le PJD, s’agissant d’une formation politique reconnue au même titre que les autres partis? Nous n’excluons de nos contacts aucune autre formation qui partage avec nous les mêmes valeurs.
Ce parti a manifesté le désir de nous rencontrer pour évoquer certains sujets d’actualité. C’est à ce titre, que nous avons décidé d’organiser une journée de débats sur l’Accord de Libre Échange entre notre pays et les États Unis d’Amérique en vue de nous faire une idée précise sur sa portée. J’ai relevé avec beaucoup d’intérêt, à quel point les experts du PJD étaient souvent en phase avec nos préoccupations. La plupart des intervenants ont répondu, à mon sens, aux attentes des impératifs économiques et sociaux. Cette journée de réflexion a été, par ailleurs, sanctionnée par la lecture d’un communiqué final dans lequel les deux partis confirment sans équivoque leur soutien et leur appui au libéralisme solidaire et à l’initiative privée, chers à notre formation. Ils appellent par ailleurs de toute leur force la mise en place  de mécanismes à même de permettre l’intégration de notre économie dans l’économie internationale d’une manière harmonieuse et profitable à notre pays. Cette journée a constitué également l’occasion de rappeler que l’enjeu essentiel auquel est assujettie la société marocaine, n’est autre que socio-économique. C’est pour cette raison que nous avons mis l’accent sur la nécessité de veiller à ce que l’ouverture profite à l’économie marocaine et qu’elle puisse constituer un véritable levier de croissance et de développement. Par la même occasion, nous avons rappelé la nécessité de consolider la démocratie, retenue comme seule expression moderne à même d’assurer une bonne gouvernance politique, économique et sociale.

Ne risquez-vous pas là, de provoquer le mécontentement de la société civile?
Dans tous les cas, je crois que le PJD d’aujourd’hui à tendance à se présenter jusqu’à preuve du contraire comme un parti qui respecte les critères de toute formation politique moderne et respectueuse des exigences d’une démocratie. Je pense à ce niveau, que chacun doit assumer ses responsabilités. Pour notre part, nous assumons les nôtres. Notre Formation politique a pris acte des avancées réalisées par le PJD. Il serait prématuré de vouloir livrer des conclusions hâtives suite à ce genre d’initiatives. Je peux vous assurer qu’à aucun moment, Forces Citoyennes ne pourrait être tenté de transgresser les fondements des valeurs inhérentes à sa plate-forme. Par conséquent, je ne vois pas pourquoi une telle initiative pourrait provoquer un quelconque mécontentement de la société civile.

Que partagez-vous avec le PJD?
Pour rester dans le cadre des points évoqués durant cette journée de réflexion, nous avons noté une concordance dans la définition du libéralisme solidaire consistant à ne pas dissocier l’initiative privée des exigences d’éthique, de solidarité et de justice.

Qu’est-ce qui vous attire le moins dans ce parti?
Il y aura probablement des points de désaccord. Dieu merci, la démocratie à laquelle nous sommes tous attachés, fondée sur le droit à la diversité, permettra de gérer, dans le respect de chacun, ce même droit à la différence.

Quelle interprétation donnez-vous à un parti politique à obédience islamiste?
Personnellement, je réfute ce terme d’Islamiste, entendu que personne n’a l’exclusivité de l’Islam. Je pense que tous les partis politiques partagent les mêmes responsabilités face à l’obligation d’encadrer et de sensibiliser le citoyen marocain et ce dans le respect de notre culture et de notre identité. De ce fait, il n’y pas d’islamisme propre à tel ou tel parti. Forces Citoyennes opère dans le cadre des dispositions de la constitution qui reconnaît que l’Islam est la religion d’État et que Sa Majesté le Roi constitue l’autorité suprême au niveau d’Imarat Al Mouminine.

Propos recueillis par
Hassan.Zaatit

Les clins d’oeil amoureux du PJD

“Bizarre, vous avez dit bizarre? ”. Cette réplique, tirée d’un film français, pourrait parfaitement illustrer cette initiative de rapprochement entre deux partis politiques que tout semble séparer à l’origine. On avait déjà “ les barbus du PJD” devenus des “Islamistes modérés”, et les “Gauchistes” métamorphosés en “Gauche perdue à gauche”, à l’image des “femmes de ménage” devenues des “aides ménagères”...Histoire, peut-être, de changer les mots pour évacuer certaines choses. Saâd Eddine El Othmani, “le bon docteur”, lui, coupe court. Quelques semaines après son élections, à la tête du PJD, il s’investit doucement et se rapproche de certains acteurs de la scène politique nationale dans le cadre de ce qu’il appelle “l’esprit d’ouverture, de dialogue et d’acceptation de l’autre. “ La scène politique nationale a besoin aujourd’hui, plus que jamais, d’une réactivité et d’une redynamisation pour pouvoir soulever les grands défis de notre époque qui sont l’affaire de tous, à savoir, le politique, l’intellectuel, l’expert, l’économique, le chercheur, le  scientifique...Chose qui ne peut se faire qu’à travers une communication solide et continue entre les différentes composantes de la société marocaine”, a précisé le chef du PJD. M. Abderrahim Lahjouji, Président du parti Forces Citoyennes,  a accueilli, quant à lui, l’invitation pjdiste avec fierté (cf  entretien avec M.Lahjouji). Dans son discours d’ouverture des travaux de la journée d’étude sur l’ALE Maroc/USA organisée conjointement entre le PJD et FC, l’ex-patron de la CGEM a souligné avec force qu’aucune société, quelles que soient sa force économique, technologique et sa richesse naturelle, ne peut assurer le développement si elle reste repliée sur elle-même, sans jeter des ponts de communication et de dialogue avec l’autre. “ Au sein de notre formation, nous projetons soit de dépasser toutes les surenchères relatives à l’intégration dans l’ouverture, soit de rester dans une position de repli et d’immobilisme”, a-t-il souligné.
Ce qui a été convenu conjointement, toutefois, dans le communiqué final de cette journée d’étude, a pris la forme d’une liste de recommandations pompeuses. Les deux partis ont affirmé leur attachement à encourager l’initiative privée, l’esprit de créativité et la consolidation du tissu économique national. Parmi les points qui ont fait l’unanimité des deux formations, l’on trouve la nécessité de moderniser la société marocaine dans le cadre de son identité et de ses intérêts nationaux. Faire de la démocratie et de la transparence une voie à suivre sur les plans économique, social et politique, était aussi une des résolutions co-signées entre le PJD et FC. 
L’heure d’une recomposition du champ politique a-t-elle donc sonné? On a tendance à répondre par l’affirmative, à partir de cet événement, peut-être isolé, mais qui confirme que rien n’est définitif en politique, pour le meilleur et pour le pire...   

                                                                                           
H.Z.



 

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