Que se passe-t-il à TVM et à 2M? Après un coup d’oeil sur les programmes de nos deux chaînes de TV nationales, une remarque vient automatiquement à l’esprit: Deux télés déconnectées de la réalité nationale, conformistes et par conséquent peu crédibles. Il semble aussi que ces deux chaînes veulent nous faire revenir à l’époque connue de :» Dites que l’année est bonne» (excusez la traduction). De vrais débats publics font largement défaut. Pourtant l’actualité est bien fournie. De l’économique au politique, du social au culturel, de l’international au régional. Encore une fois, les dirigeants de ces deux chaînes ont étalé leur passivité face à des événements qui interpellent au jour le jour le Marocain. Pourquoi faut-il attendre que des journalistes étrangers nous parlent de notre pays et viennent chez nous pour réaliser des émissions de proximité, d’enquête et d’information? Un travail de professionnels comme personne ne veut plus faire (ou ne peut plus faire).
La logique actuellement d’une société qui aspire au changement est implacable: innover ou végéter. Fini le temps où on était limité à choisir entre les deux chaînes nationales. Aujourd’hui, grâce au numérique , pratiquement tous les foyers ont accès aux chaînes étrangères. Avec une offre si variée, tout le monde y trouve son compte : Info, émission-débats, variétés, documentaires, films... On assiste, qu’on le veuille ou pas, à une mondialisation audiovisuelle. Aussi, les chaînes sont-elles appelées à multiplier leurs efforts dans un contexte où le zapping bat son plein. Les téléspectateurs regardent, comparent et choisissent. Le critère de qualité étant souvent à l’origine de ce choix. Néanmoins, le citoyen marocain ne peut prétendre se passer des chaînes nationales. Actualité locale et de proximité oblige. Il demeure friand des débats politiques, des émissions qui mettent à nu les problèmes de société, des face-à-face entre politiciens, des reportages de terrain, mais aussi des sorties médiatiques de telles ou telles personnalités publiques...Par ailleurs, il est insensé de demander à une entreprise, quelle qu’elle soit, d’être performante, de répondre à un standard de qualité correct si elle n’est pas dotée de moyens nécessaires pour ce faire. Or il paraît aujourd’hui réellement difficile de relever le pari de la qualité et de l’excellence, alors que les moyens font défaut. Peut-être que la privatisation serait une bouée de sauvetage. Autrement, les choses risquent d’empirer.
H.Z.
Ce que pense M. Belcadi
«Je pense qu’il est grand temps que nos deux chaînes de télévision changent leurs démarches. Le Marocain devient de plus en plus exigeant. Une politique claire d’information s’impose. Il faut d’abord maintenir le processus de privatisation du secteur médiatique. Il faut promouvoir un partenariat à travers une convention constructive et instructive entre le public et le privé. Il faut que l’Etat encourage, aussi, les professionnels de ce domaine à s’investir plus en leur offrant plus de liberté dans un cadre, bien entendu, de responsabilité. Il faut être à jour pour ce qui se passe au niveau du marché de l’information audiovisuelle. Une manière de garantir la liberté d’expression et la diversité d’opinions. Un État de droit est aussi un État de société d’information».