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Les Marocains ont marché mais pas les partis ! Meeting pro-irakien à Rabat

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Encore une fois, la marche de Rabat pour la paix et contre la guerre en Irak n’a pas eu le succès escompté. Si pour certains milieux, salonnards et partis politiques en particulier, cette marche du dimanche 23 février a mobilisé une forte masse de la population marocaine, la place de Bab El Had de la capitale administrative a prouvé le contraire. Première remarque de poids: désordre et dispersion dans le rang des manifestants ... En effet, pour une marche programmée au nom de la paix et du respect de l’intégrité territoriale en Irak, on s’est trouvé face à une multitude de manifestations. Deux clans tenaient le devant de la scène. Les Islamistes d’un côté, et les Ittihadis et autres forces démocratiques de l’autre. Plus loin, des femmes voilées ont mené leur marche indépendamment des autres batteurs de pavés. Une ambiance bigarrée que beaucoup d’observateurs n’auraient certainement pas souhaitée. Autre remarque de taille: Une bagarre rangée de slogans et de nombreux refrains différents et contradictoires. Heureusement, le pire a été évité lorsque certains participants à cette marche ont scandé des mots d’ordre virulents, presque provocateurs... Côté chiffres, les contradictions sont légion: 500 000 manifestants pour certaines sources alors que d’autres s’ingénient à parler de 30 000 personnes seulement. Des prévisions qui sont en deçà de celles des organisateurs qui avaient prévu plus d’un million de marcheurs de la paix.

Les faits

Dimanche 23 février. 9h 30. La marche n’était pas encore prête. Seulement des petits rassemblements par ci, par là. On relevait, bien sûr, des organisations de Droits de l’Homme, des comités locaux de Solidarité avec le Peuple irakien, des personnalités politiques toutes tendances confondues. El Youssoufi de l’USFP, Ismaïl Alaoui du PPS, Abbas El Fassi de l’Istiqlal, Ahmed Osman du RNI, Labied de l’UC, Ouerdighi du PSD et autres dirigeants politiques et syndicaux. «hand in hand», placés en tête du cortège, ils ont conduit la marche  vers 10 heures, de la place Bab El Had vers le boulevard Mohamed V, pour poursuivre son itinéraire programmé. Une scène de fraternité, malgré les divergences et les règlements de compte politiques. Style signé «partis politiques marocains». Manière de dire, sans risque de se tromper, que la cause irakienne prime sur toute autre considération. Les manifestants accompagnant ces responsables politiques ont scandé des slogans anti-administration Bush et contre toute incursion américaine en terre irakienne. Dans cette même foule, les Ittihadis et autres gauchistes ont hué la position du gouvernement turc, et surtout celle de son parti majoritaire, au sujet de la crise irakienne. L’un de ces slogans bruyamment répété est : « Ni Justice, ni Développement, la Turquie est terroriste». (Ce slogan semble être plus destiné au PJD d’El Khatib qu’au PJD turc).
A l’autre bord, les Islamistes, plus nombreux, n’ont pas raté le rendez-vous. Tous les ténors des principaux courants islamistes du pays étaient sur les lieux. El Khatib, Saâd Eddine El Othmani du PJD, Fathallah Arsalane d’Adl Wal Ihssane, Raïssouni d’El Islah Wa Tawhid. Ces derniers ont préféré faire un clan à part, loin des autres formations politiques. Question de démonstration de force et de mobilisation. Côté manifestants, les avis exprimés au sujet de la crise irakienne sont significatifs à plus d’un titre. Des réponses importantes mais sans surprise en raison du degré de maturité de la population marocaine pour ce qui est désormais appelé «l’évolution politique», dans notre pays. Une façon de dire aussi que les temps ont beaucoup changé. Entre différentes questions, le volet humain dans cette affaire préoccupe et inquiète la majorité des répondants. La Nouvelle Tribune a donné la parole à certains marcheurs pour savoir ce qu’ils pensent « Ce n’est pas le pétrole de l’Irak et l’effet négatif de la guerre sur le plan économique qui nous inquiètent le plus, mais plutôt les milliers d’innocents que l’armée américaine tuera injustement», « C’est l’occasion ou jamais de s’opposer à la rage et à l’inconscience de la Maison Blanche, car on ne sait pas pour qui sonnera le glas la prochaine fois», « Dans les deux cas, guerre ou non, Bush a perdu beaucoup de choses» Décidément, au-delà des calculs politiques fort remarqués lors de la récente marche de Rabat, les Marocains disent clairement non à la guerre « No more war and no more blood for oil».

H.Z.



 

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