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La problématique de la croissance selon le Parti de l'Istiqlal Débat

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À un mois de la tenue du quatorzième Congrès du Parti de l'Istiqlal, prévu du 28 au 30 mars prochain et à quelques semaines des élections communales, La Nouvelle Tribune a animé le 26 février 2003 dans un palace de Casablanca un débat organisé par la Commission de l'Information de ce parti sur la question cruciale de la croissance économique.

C’est M. Abdelhamid Aouad, membre du Comité Exécutif, député et ancien ministre du Plan, qui a exposé les grandes lignes de ce programme et répondu aux questions des journalistes de La Nouvelle Tribune.

 

Quoi de plus normal que de permettre aux citoyens d'avoir connaissance de la démarche et des propositions des forces politiques nationales qui militent ouvertement pour l'approfondissement démocratique, une meilleure répartition de la richesse nationale et la satisfaction des masses populaires ?

À La Nouvelle Tribune, nous sommes frappés par le climat de désunion et de divergence qui règne au niveau de la scène politique nationale. Et nous croyons que l'heure n'est pas à la critique des uns et des autres, mais à la présentation d'options claires et consensuelles sur une démarche pour sortir notre pays de la grave crise qui l'anime, aux plans politique, économique et social. C'est ce qui explique notre implication dans le débat organisé le mercredi 26 février par la Commission de l'Information du PI à Casablanca. Considéré comme un jalon de plus dans l'indispensable "conscientisation" de l'opinion publique, ce débat s'est articulé autour de trois thèmes: "Développement économique et processus démocratique", "Comment assurer une croissance économique pérenne et soutenue?" et "Croissance et confiance, un lien indissoluble".

Le Parti de l'Istiqlal, par la voix de M. Abdelhamid Aouad, ancien ministre, député et membre du Comité Exécutif du parti, a répondu aux interrogations de La Nouvelle Tribune, relatives notamment au contenu du programme du PI, de son intérêt dans le contexte actuel, son applicabilité dans le temps, son financement et ses axes prioritaires, mais en a profité pour en dévoiler les grandes lignes. Il a d'abord soutenu que son parti a mis en place une stratégie de développement économique et social qui vise à ramener la confiance et donner l'espoir aux différentes couches, ainsi qu'à l'ensemble des acteurs économiques, mais aussi à garantir le droit à l'avenir de chaque citoyen.

M. Aouad a rappelé que le référentiel istiqlalien repose sur l'attachement à l'Islam, à la Monarchie Constitutionnelle et au Trône, au parachèvement de l'intégrité territoriale et l'instauration de l'égalitarisme économique et social visant l'accélération du rythme de développement, l'égalité des chances, et la réduction des disparités sociales et régionales.

C'est, a-t-il dit, en se basant sur ces principes que le Parti de l'Istiqlal propose au peuple marocain un projet de société  permettant au Maroc de rompre avec la démocratie de façade au profit d'une authentique démocratie, d'évoluer d'une économie à faible taux de croissance vers une économie ouverte sur la technologie et le savoir et portée par des niveaux élevés d'investissement et de production, et enfin de passer d'une société de disparités à une société où reculent structurellement la pauvreté, l'analphabétisme et les exclusions.

 

Un programme cohérent

 

Concrètement, la stratégie proposée comprend la réalisation du décollage économique, une politique active de l'emploi, l'équité à l'égard du monde rural, la consolidation de la cohésion sociale et du développement humain, l'intégration du Maroc dans la société de l'information et du savoir, le renforcement de la place du Maroc dans le monde aux niveau politique et économique, l'accélération de la mise en œuvre des grandes réformes et une nouvelle gouvernance.

Pour réaliser le décollage économique, le PI préconise tout un programme qui va d'une politique sectorielle volontariste, à un plan d'urgence pour la relance du secteur du bâtiment, en passant par des mesures exceptionnelles pour la mise à niveau de l'entreprise marocaine, un traitement spécial et différencié au profit des PME, une politique agissante pour le développement des exportations, etc. Pour ce, il faut asseoir un certain nombre de leviers à travers lesquels le PI va conférer au secteur privé une grande visibilité. Cela permettrait, a soutenu le conférencier, de dynamiser l'initiative privée et de promouvoir l'investissement, corollaire de la création massive d'emplois. La conclusion immédiate de contrats programmes entre l'État et le Privé, dans cinq secteurs où le Maroc dispose d'avantages comparatifs, notamment l'agroalimentaire, l'industrie de transformation des produits de la pêche, l'artisanat, les industries électriques et électroniques, et les nouvelles technologies de l'information, sera le socle de cette politique.

De même, a-t-il ajouté, aucun effort ne sera ménagé pour permettre le plein succès aux deux contrats programmes conclus entre l'État et les secteurs du tourisme et du textile et de l'habillement.

Le secteur du bâtiment qui est en mesure de donner une forte et immédiate impulsion à l'économie nationale et permet la création d'emplois massifs doit, selon le programme du parti, nécessiter un plan d'urgence. Ce dernier engloberait un contrat programme entre le gouvernement et le secteur privé, la création de villes satellites, et de nouvelles villes en phase avec la Charte Nationale de l'Aménagement du Territoire, l'exécution d'un nouveau programme de construction de 250.000 logements économiques à l'horizon 2010 (valant entre 80.000 et 120.000 Dhs l'unité).

 

Mesures immédiates et vision à long terme

 

Relativement à la Mise À Niveau (MAN) de l'entreprise marocaine, des mesures exceptionnelles sont édictées. Il s'agit notamment de l'instauration d'un interlocuteur unique, par la création d'une Commission Nationale Tripartite (Administration, Privé et Experts), avec pour tâches essentielles d'orienter, de coordonner, d'évaluer et de contrôler les opérations de mise à niveau, mais aussi le report ou le décalage, en commun accord avec l'Union Européenne (UE), pour quatre années de la deuxième phase de démantèlement douanier, portant sur les marchandises produites localement, et la création d'un mode de financement des entreprises concernées basé sur une contribution quadripartite (Entreprises- État au taux de 2%- Banques à taux préférentiels,  Etat-partenaires). 

Pour les PME, il est prévu un traitement spécial et différencié, avec l'application immédiate des dispositions de la Charte des PME, un accès plus aisé aux financements à des taux préférentiels, l'instauration d'un régime fiscal propre, l'abandon, à moyen terme,  de la cotisation minimale.

Afin d'accroître les exportations, M. Aouad a mentionné que le programme du PI, va œuvrer à la dynamisation de la diplomatie économique, à la création d'une Agence Nationale de Promotion des Exportations unifiant la stratégie de communication avec le "Produit Maroc" et à la création d'un Triangle d'Or dont le Maroc serait 

la base.

Par ailleurs, l'un des soucis majeurs du PI étant la création massive d'emplois, son programme comprend un large volet pour la mise en place d'une politique efficace de l'emploi. Ainsi, est-il préconisé, entre autres, l'accélération de la promulgation du Code du Travail, de la loi organique régissant le droit de grève, l'élaboration d'un programme d'urgence de recyclage des diplômés chômeurs, l'adoption d'une nouvelle politique de gestion des flux migratoires par des contrats cadres avec des pays étrangers.

La Rédaction

 

 

 

Dynamiques contributions

 

Au terme de ce débat, plusieurs des membres de la commission économique du Parti de l’Istiqlal, jeunes et dynamiques au demeurant, ont souhaité exposer dans les colonnes de notre hebdomadaire des points de vue sur des questions relatives à ce programme ou en relation avec la conjoncture économique et sociale actuelle. Faute de place, une seule de ces contributions sera publiée dans le présent numéro, les deux autres le seront dans notre prochaine édition.

La Rédaction



 

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