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Le Souverain met les points sur les "i" Champ religieux

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Au Maroc, on comptabilise 35 000 mosquées sur tout l'étendue du Royaume, soit en moyenne une mosquée pour 1 000 habitants. Toutes ces mosquées sont sous la " tutelle" du département des Habous et des Affaires Islamiques. La loi 84 stipule, d'ailleurs, que tous les lieux du culte (mosquée, Zawaya...) sont sous l’autorité du département des Habous. Seulement, si est vrai au niveau théorique, cela demeure pour autant impossible sur le terrain. Ainsi, par exemple, la ville de Casablanca comprend 675 mosquées dont uniquement 280 sont sous la coupe du ministère des Habous. En clair, quelques 395 mosquées ne dépendent pas directement du ministère auxquels s'ajoutent les 848 salles de prières. Le budget du ministère consacré au fonctionnement des mosquées a enregistré, par ailleurs, une hausse significative cette année, passant de 150 MDH en 2003 à 210 MDH en 2004, soit une hausse de 40 %. Ce budget sera absorbé à hauteur de 60 % par le personnel des mosquées (Imams, prêcheurs, muezzins, etc). 20 % de ce reliquat ira aux Ecoles coraniques et les 20 % restant seront affecté au programme d'alphabétisation prévu au sein des mosquées du Royaume. L'engagement donc de cette institution islamique dans la détermination des comportements religieux des musulmans est un fait de tous les jours. Bien plus, l'engagement de la mosquée dans les affaires publiques fait que les sphères politique et religieuse s'interfèrent, s'entrecroisent et souvent s'opposent. Ce qui remet en question la véritable mission de la mosquée, des Imams et des Oulémas dans la société. De l'avis d'un analyste, l'importance de cette question résulte du fait que certaines représentations prégnantes et partagées deviennent collectives comme l'idée de la Oumma (Communauté des musulmans à travers le monde). Et que d'autres revêtent un caractère conventionnel, telle que la Fatwa. Au Maroc, le débat sur le rôle de la mosquée, des Oulémas et des Imams...dans la société est d'actualité majeure vu la centralité de la religion musulmane dans notre système politique. Sur le plan officiel, le Roi du Maroc, en sa qualité d'Amir Al Mouminine avait promulgué deux Dahirs dont l'application des principales dispositions est conférée au ministère des Habous et des Affaires Islamiques. Il s'agit là du Dahir n°1.03.193 du 4 décembre 2003 relatif à l'organigramme et les attributions du département que dirige M. Ahmed Tawfik, et du Dahir n°1.03.300 publié le 22 avril 2004 relatif à la restructuration du Conseil des Oulémas et des Conseils locaux des Oulémas. Vendredi 30 avril 2004, le Souverain a prononcé un discours d'orientation pour la mise en application de ces deux Dahirs. Par la même occasion, il a procédé à l'annonce de la nomination de 65 personnalités appelées à encadrer, sur les plans national, régional et local une nouvelle politique dans le domaine religieux. " Après les décisions que nous avions annoncées dans le dernier discours du Trône, et dans le discours du 29 mai 2003 à Casablanca, et suite aux mesures et dispositions que nous avons prises pour les concrétiser, nous entamons aujourd'hui la finalisation et la mise en oeuvre d'une stratégie intégrée, globale et multidimensionnelle. Cette stratégie à l'élaboration de laquelle nous avons veillé et qui repose sur trois fondements, a pour but d'impulser et de renouveler le champ religieux en vue de prémunir le Maroc contre les velléités d'extrémisme et de terrorisme, et de préserver son identité qui porte sur le sceau de la pondération, la modération et la tolérance", a-t-il déclaré avec fermeté. Dans le même sens, il a été procédé à la promulgation d'un Dahir portant organisation et composition de la Ligue des Oulémas du Maroc qui portera dorénavant le nom "La Ligue Mohammadia des Oulémas du Maroc". Cette réforme qui a pour but de faire sortir la Ligue des Oulémas du Maroc de sa léthargie et pour en faire un organe dynamique agissant en synergie avec les Conseils de Oulémas. Pour ce qui est de la Fatwa, la confusion du genre n'est, désormais, plus de mise. Les Fatwas sont confiées exclusivement au Conseil Supérieur des Oulémas qui aura également le soin de les proposer, à l'occasion d'occurrences à implications religieuses, au Roi. Une mesure pour empêcher que le champ religieux ne soit investi par des intrus agissant en dehors du cadre institutionnel légal, ainsi que de faire barrage aux expédients et autres prétextes fallacieux et de couper court aux fauteurs de discorde et de zizanie.                 

H.Zaatit

A propos du Conseil Supérieur des Oulémas

Le Conseil Supérieur des Oulémas (CSO) est composé de 15 membres, hommes et femmes, outre le S.G du Conseil. Il est présidé par le Souverain et peut confier la présidence des sessions du Conseil à l'Autorité qu'il est en droit de désigner. Outre le ministre des Habous et des Affaires Islamiques, siègent au Conseil des Oulémas nommés par le Souverain, le S.G et les Présidents des Conseils locaux. Il se charge de l'élaboration de son statut qui fixe les modalités de gestion de ses affaires. Statut qui doit être approuvé par le Roi. Telles que définies par l'article 3 du Dahir, les missions du CSO consistent principalement en l'examen des questions qui lui sont soumises par le Roi et la supervision de l'action des Conseils locaux des Oulémas. La commission des Fatwas,  quant à elle, est une instance nouvelle créée auprès du CSO seule habilitée à émettre des Fatwas qui définissent les prescriptions de la Charia dans les questions à caractère public



 

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