C’est avec ces deux hommes et leurs homologues qui comptent majoritairement comme amis du Maroc, que le Royaume va désormais développer une nouvelle politique de partenariat et de coopération, démarche ardemment voulue par les Souverains des deux pays, comme le confirme une nouvelle fois l’entretien téléphonique intervenu mardi entre leurs Majestés Mohammed VI et Juan-Carlos.
Mais on aurait tort de croire que ce “ revival ”, cette renaissance de l’âge d’or des rapports entre deux pays voisins, invités par l’Histoire et la Géographie, à se “ fréquenter ” étroitement, se fera contre une tierce puissance, européenne ou maghrébine.
Des signes avant-coureurs, des indiscrétions savamment distillées dans certains salons parisiens, des déplacements officiels mais très rapides sous prétexte d’agapes, donnent à penser (et à espérer) que les relations entre quatre États majeurs de la région pourraient se réorganiser à la lumière d’une nouvelle donne.
En effet, mise à part la constance exprimée par le Maroc de normaliser définitivement ses relations avec l’Algérie et l’Espagne, l’élection de M. José-Luis Zapatero et la réélection de M. Abdelaziz Bouteflika seraient porteuses, assurent certains observateurs, d’une normalisation des rapports entre Alger et Rabat, voire disent les plus optimistes, de la réouverture de leur frontière commune et d’un déblocage sur le dossier saharien !
Le Premier ministre espagnol et ses pairs seraient convaincus de la nécessité de revoir les rapports avec le Maroc et, surtout, d’appréhender ce bilatéralisme à travers le prisme d’un multilatéralisme européen, communautaire plus précisément, avec, comme axe stratégique une solide entente franco-espagnole. Celle-ci viendrait en remplacement de “ l’amitié hispano-américaine ” rendue caduque par la défaite d’Aznar et le retour de “ los hijos ” de Nassiriya.
L’Algérie, elle aussi, devrait revoir sa copie marocaine, avec un Président Bouteflika remis en selle par la grâce d’une élection confortablement gagnée et une volonté de realpolitik soigneusement “ travaillée ” par un Jacques Chirac au comportement de visionnaire et d’ami incontournable du Maghreb.
C’est donc une partie à quatre joueurs qui devrait commencer, pour le plus grand bien des peuples de la région, et de l’ensemble euro-méditerranéen.
Bienvenue donc à M. Zapatero, qui vient en éclaireur et en avant-garde, avec l’espoir que ces volontés discrètement affirmées s’officialisent et se concrétisent dans les prochaines semaines.
Fahd YATA