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Le Rapport Azziman pour bientôt Droits de l’Homme

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Le rapport du CCDH sur l’évolution des Droits de l’Homme au Maroc, au titre de l’année 2003 sera-t-il objectif? Azziman a-t-il garanti l’indépendance et la neutralité de cette institution qu’il dirige pour élaborer un tel document? Quels sont les points noirs et les points positifs qui y ont été soulevés? Ce rapport, premier du genre, suscitera sans aucun doute d’éventuelles polémiques, dans l’opinion publique mais aussi au niveau des ONG des Droits de l’Homme. L’ex-ministre de la Justice reconnaît, d’ailleurs, cette évidence. Pour lui, ce rapport n’est pas parfait et ne sera pas à l’abri de la critique. Les raisons qu’il a évoquées sont diverses. «Le rapport annuel suppose un suivi toute l’année et un travail de collecte des informations et de traitement qui n’a pas été fait à temps. D’autant plus qu’il s’agit de notre premier rapport et il n’est pas facile de trouver le bon style et la tonalité du premier coup», a précisé M. Azziman. Lors de la conférence de presse tenue vendredi dernier au siège du CCDH, le Président du Conseil a promis que l’année prochaine, l’expérience aurait mûri. Les grandes lignes qui ont été traitées, toutefois, dans le Rapport Azziman, concernent deux volets qui ont fortement marqué la scène nationale, à savoir, la promotion des Droits de la Femme et la création de l’Instance Equité et Réconciliation. Pour ce qui est du premier axe qualifié par M. Azziman de «révolution tranquille», il est centré essentiellement autour du nouveau Code de la Famille qui augure, selon lui, d’un nouvel ordre familial, plus égalitaire et plus conforme à l’éthique sociale. Pour ce qui est de l’Instance Equité et Réconciliation, le Président du CCDH estime que c’est une nouvelle page qui vient d’être tournée par le Maroc dans la mesure où cette institution permettra de procéder à une réparation juste et équitable en ce qui concerne le volet portant sur l’indemnisation des victimes  de la torture. Une instance qui s’inscrit dans la politique du Conseil visant à poursuivre le règlement extrajudiciaire des violations passées des Droits de l’Homme liées aux disparitions et aux détentions arbitraires. Pour M. Azziman, il est question désormais de clore définitivement ce dossier. Déjà, dès l’annonce de la création de cette nouvelle institution en janvier dernier, les membres des familles des victimes n’ont pas tardé à réagir positivement à cette avancée. C’est ainsi que l’épouse d’une victime, portée disparue dans la prison de Kénitra, a souligné sans ambages : «Pour moi, il n’est jamais trop tard pour réparer l’injustice. Mon mari est décédé dans des conditions atroces. Et nous sommes restés près d’une vingtaine d’années sans savoir s’il vivait ou non. À une date récente, on ne pouvait même pas évoquer son nom par peur des représailles. Le fait que l’on parle de la  réconciliation et d’équité prouve donc que l’État marocain panse ses plaies et se tourne vers l’avenir». D’après les observateurs, il ne faut pas s’attendre à un effet immédiat car ce n’est pas une mince affaire... Celle des victimes de tortures, de disparition et d’exil forcé.

H.Z.



 

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