Casablanca produit près de 3000 tonnes de déchets ménagers chaque jour. Si pour les responsables quelque 300 points noirs sont identifiés dans les différents quartiers de la ville «blanche» les Bidaouis, eux, estiment que la ville compte près de 1000 points noirs. La décharge de Médiouna et ses 65 hectares de déchets à ciel ouvert, symbolisent l’échec des politiques de gestion des déchets solides à Casablanca. Ce qui n’est pas sans incidence sur les citoyens et l’environnement. Toutes les études menées sur le site font état d’une situation désastreuse et d’un problème d’étanchéité du sol ayant entraîné une pollution irrémédiable de la nappe phréatique. Cette décharge sera, selon ces mêmes études, bientôt saturée. Résultat : la ville continue de baigner dans une crasse avec de graves risques pour ses habitants. Un appel d’offres international a été lancé en août dernier, dans l’objectif de remédier à une situation plutôt déplorable. En attendant son aboutissement, le Conseil de la ville a anticipé sur les actions à venir par l’acquisition d’un terrain destiné à être aménagé en décharge. Un site a déjà été identifié à Médiouna et le Conseil de la ville a approuvé son acquisition.
La collecte et le traitement des déchets ménagers constituent, par ailleurs, l’un des points noirs les plus urgents et les plus navrants de la capitale économique. Aucune instance élue n’a pu, jusqu’à présent, résoudre le problème de manière définitive. Le nouveau Conseil de la ville coupe court à toute tergiversation ce sujet. Le mode de gestion déléguée s’est révélé l’unique issue pour cette problématique. Au terme de l’appel d’offre international de gestion déléguée des déchets ménagers du Grand Casablanca, trois entreprises vont se partager le marché de la collecte des déchets. Il s’agit de Smarcollect, Tecmed et Segedema. Opérationnelles depuis peu, ces entreprises réussiront-elles à relever le défi d’une ville propre, en coupant avec un passé très peu réjouissant? Les Casablancais pourront-ils enfin évoluer dans un espace urbain sain?
Par ailleurs, quel sort réservent ces opérateurs privés aux employés des communes, auparavant chargés de ces services?
Pour répondre à ces questions et à d’autres, La Nouvelle Tribune, a effectué un entretien avec M. Inocente Lorite Lopez, Directeur Général de TECMED Maroc.