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Une ville qui fut blanche … Espace urbain

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Transport, environnement, habitat , sécurité, circulation, mœurs, domaines publics, état des routes, espaces verts tout laisse à désirer à Casablanca. La ville est tellement “anarchique” qu’elle a besoin d’une véritable opération esthétique pour lui insuffler une nouvelle physionomie! Les nouveaux responsables héritent, il est vrai, d’un legs très peu réjouissant, néanmoins, une forte volonté et un travail soutenu peuvent changer cette donne et faire basculer Casablanca dans une ère d’organisation, en vue d’un développement durable. Cela répondra non seulement aux attentes d’un électorat et d’un contribuable, en droit d’aspirer à un espace urbain convenable, mais permettra également une revalorisation de la ville sur tous les plans (tourisme, investissement, foncier, culturel...). Des actions sont entreprises et les chantiers lancés présagent d’un lendemain meilleur, néanmoins le changement n’est pas encore perceptible sur le terrain. «Cela demande du temps», dit-on au Conseil de la ville. La tâche est sans doute ardue, tant les points noirs qui gangrènent la ville sont nombreux et aussi urgents les uns que les autres. Mais le citoyen n’est pas sensé connaître les détails des dossiers, ni les difficultés rencontrées par les nouveaux élus et encore moins les conflits d’intérêts qui peuvent être à l’origine du retard de réalisation de certains projets. Ce qui importe pour ce citoyen c’est le changement effectif. Les présents élus savaient à quoi ils seront tenus, ils n’étaient pas sans connaître la nature de l’héritage qui leur est légué.
Saleté
Les Casablancais sont unanimes. Casablanca est  une ville qui n’est pas «Blanca». Elle ressemble plus à un dépotoir qu’à un espace urbain. Rues, boulevards et grandes artères, sont des dépôts de détritus. La solution de ce problème semble en cours de finalisation.
Outre le point noir des déchets ménagers, Casablanca souffre d’un grave problème de pollution. la ville connaît une forte concentration démographique et industrielle, un parc automobile important mais, en revanche, elle manque terriblement d’espaces verts. Résultat, le taux de pollution va crescendo. A voir les fumées épaisses que crachent les véhicules de tout calibre, on comprend qu’ils n’ont jamais fait l’objet d’une visite technique. En tête de liste, les camions, les grands taxis  et le transport en commun, à savoir les bus, dans leur majorité, qu’ils appartiennent à la régie autonome de transport de Casablanca (RATC), ou aux sociétés privées qui, de plus en plus, ne semblent respecter aucune réglementation en la matière. Ce qui expliquerait sans doute l’évolution du taux des maladies chroniques (comme l’asthme) et allergies respiratoires au service de pédiatrie du CHU Ibn Rochd. Il serait peut- être grand temps que les responsables de la ville, en collaboration avec le Secrétariat d’État chargé de l’Environnement se penchent sur cette problématique. Des sanctions rigoureuses pour non respect des normes environnementales devraient être opérées sans tarder pour aspirer à un environnement relativement sain dans le futur.
Le transport en commun figure, nous l’avons dit, parmi les principaux problèmes dont souffrent les Casablancais. La privatisation de la RATC qui connaît un déficit d’un milliard de dirhams, est une solution à cours terme. Elle peut gérer le problème du transport urbain, mais ne pourra sans doute pas, à elle seule, résoudre la problématique du transport en commun à Casablanca. Le Conseil de la ville vise sur le tramway, en raison de son coût accessible, pour répondre aux attendes des électeurs.
Habitat non conforme
Autre point noir - et non des moindres - est l’habitat insalubre. Les effets de la sécheresse et de l’exode des populations rurales, ont fait connaître à la banlieue de Casablanca une prolifération vertigineuse de bidonvilles, engendrant une croissance démographique intense. De ce fait, la ville est devenue le camp de tous les maux liés au surpeuplement (manque de civisme, manque de sécurité, irrespect des espaces publics, crimes...). Bref, des espaces où l’anarchie règne. Ces bidonvilles qui posent aujourd’hui problème aux Commis de l’État, sont, comme chacun le sait, le fruit de malversations, de corruptions et d’un laisser-aller révoltants. Du coup, on se retrouve avec de vraies constructions, qui ne répondent hélas à aucune norme, offrant une  source de problèmes de santé, de pollution, de saleté et d’insécurité. Là aussi, le Conseil de la ville devrait s’insurger, en collaboration avec le département de l’Habitat, pour une solution rapide. Par ailleurs, résoudre la problématique de l’habitat, ne signifie pas simplement reloger les bidonvillois dans des logements en maçonnerie et béton. Des  mesures d’accompagnement doivent impérativement figurer à l’ordre du jour de cette politique de lutte contre l’habitat insalubre. A la veille des dernières élections, les jeunes étaient on ne peut plus clairs. Ils ont surtout exprimé leur souhait de voir naître des espaces conçus pour leur épanouissement à travers des  aires de divertissement et de développement intellectuel. Chaque quartier devra avoir un complexe pour les jeunes avec  bibliothèques, salles de sport couvertes, terrains de sports en plein air, salle de théâtre, salle de cinéma, cybercafé…(Bref, de quoi se prémunir contre les réseaux obscurantistes). Ce n’est pas trop demandé ! Et c’est réalisable. A cet égard, les opérateurs économiques pourraient apporter leur contribution dans  la zone où ils sont domiciliés (certains l’ont fait à chaque fois qu’ils y étaient sollicités).  Ils aspirent comme tous les Marocains à évoluer dans un espace serein et paisible, donc, il faudra que tout un chacun y mette du sien. Encore une fois, les discours médiatisés de tel ou tel responsable, les discussions de salons ..., ne changeront rien à la situation si on ne donne pas à ces jeunes les moyens effectifs à même de les empêcher de sombrer dans un désespoir tel qu’ils deviennent des proies faciles pour les réseaux intégristes ou ceux de l’émigration clandestine.
Anarchie
L’occupation de l’espace public atteste à son tour d’une anarchie et d’un abus alarmants. Marchands ambulants, souks informels, terrasses non autorisées, affichage publics, sont autant de formes d’exploitation abusive de l’espace public. Ainsi, des panneaux non réglementaires, de formats géants, implantés  au centre ville (risque d’accident, laideur...), témoignent d’un non respect des droits des citoyens et d’un manque inquiétant de civisme . Aussi, la réglementation de l’affichage public, qui a pris une ampleur déconcertante avec une poussée en champignons de panneaux tous formats et formes confondus, implantés partout, devrait-elle figurer parmi les priorités du Conseil de la ville. Elle devrait donc impérativement être mise en place.
Le domaine public est également abusivement occupé par des petites industries et des petits commerces (mécaniciens, cyclistes, marchands ambulants) ainsi que de grandes industries. Les parking font défaut à Casablanca, ce qui complique davantage le problème de la circulation. Il est insensé que l’on continue à autoriser des bâtiments à usage professionnels, sans parking, en particulier quand ils disposent d’une grande superficie. Partant, la notion du domaine public devrait être revue dans sa globalité.
La vigilance des autorités compétentes est également requise vis-à-vis du patrimoine architectural de Casablanca. Toute décision de démolition, modification, transformation ou extension de bâtiments dans le territoire de Casablanca, devrait être mûrement étudiée. Casablanca est meurtrie par des constructions sauvages ainsi que par l’absence de mise en valeur de bâtiments qui représentent de véritables sites d’art déco, laissés à l’abandon, et qui finissent par s’effriter sans qu’aucune politique de restauration ne vienne les “sauver”.
En somme, de nombreux chantiers attendent les responsables de la ville. Certains sont déjà amorcés, d’autres figurent à l’ordre du jour. La  complexité et l’enchevêtrement des dossiers appellent l’intervention de plusieurs départements, ce qui retarde parfois la concrétisation sur le terrain. De ce fait le changement demeure imperceptible par le citoyen. 
Pour en savoir plus sur l’avancée de ces dossiers, en particulier ceux qui relèvent de la compétence du Conseil de la ville,  La Nouvelle Tribune a réalisé un entretien  avec M. Sajid, Maire de la ville, qui a bien voulu apporter toutes les explications relatives à ces questions.

L.O./H.Z.



 

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