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Imzouren, Al Hoceima, les causes véritables de la tragédie Le séisme et ses suites

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Dès le lendemain du drame, alors que commençait un incroyable jeu de massacre médiatique contre le Maroc, ses institutions, son gouvernement, essentiellement mené par des télévisions étrangères et leurs portes plumes locaux, La Nouvelle Tribune avait délibérément choisi de titrer en Une sur l’élan de solidarité et la mobilisation magnifique qui commençaient à se manifester. Et, de fait, c’est ce qui s’est accompli à Al Hoceima, malgré la démentielle course au scoop anti-marocain qui a caractérisé les TV étrangères, malgré les lamentations hypocrites de certains journalistes nationaux qui ont voulu profiter d’une catastrophe nationale pour poursuivre leur œuvre de sape systématique et de dénigrement permanent.
Les hyènes ont montré leurs crocs, pleins de bave putride, au moment même où les secours se mettaient en place, où les équipes, gênées par la configuration du terrain, l’enclavement de la région et les difficultés rencontrées pour acheminer sur des pistes montagneuses des engins de déblaiement, tentaient d’organiser un semblant d’ordre pour venir en aide aux sinistrés qui se comptaient par centaines de milliers.
Fallait-il être aveugle pour s’empêcher de constater que le séisme, terrible et dévastateur, en même temps qu’il causait le décès de 570 innocents et des blessures pour 440 autres, jetait à la rue, en pleine nature, dans le froid et les intempéries près de cinq cent mille personnes ?
Était-il trop difficile de comprendre que l’organisation et la mise en place d’une infrastructure hospitalière, d’une chaîne d’approvisionnement en vivres, médicaments et tentes, n’était pas réalisable en quelques heures lorsqu’il s’agissait d’acheminer sur plusieurs centaines de kilomètres des " impedimenta " pour un demi-million de personnes ?
Fallait-il nier l’évidence pour être dans l’air du temps, en phase avec les " conneries " distillées à longueur d’antenne par des blancs-becs venus d’outre Détroit pour casser du Marocain ?
Ces " journalistes " connaissaient-ils seulement l’histoire et le passé de la région, les mœurs et habitudes des habitants qui, jusqu’à présent, refusent de partager une tente avec une autre famille, afin que des yeux masculins ne se posent ni sur leurs femmes, ni leurs filles, ni leurs sœurs ? Comment pouvait-on résoudre ce problème à Imzouren par exemple, quand dans les rues et artères d’Al-Hoceima, les cohortes de désœuvrés et de paumés, remontés par certains militants islamistes, faisaient pression pour obtenir, avant tout le monde, les équipements de secours et les vivres, avec, parfois et comme cela arrive dans toutes les situations de ce type, l’arrière-pensée de les revendre au marché noir ?
Certes, l’autorité locale a été débordée dans les premières heures, surtout parce que le Maroc est cruellement sous-équipé en matériel de secours, en moyens humains adaptés à ce type de catastrophe, mais aussi en infrastructures hospitalières de base.
Ce séisme, beaucoup moins onéreux en vies humaines que la canicule qui a tué 15 000 vieillards en France l’été dernier, a mis à nu une spécificité et une réalité propres à notre pays, le dénuement !
Beaucoup plus que la bureaucratie, l’indolence ou la passivité des responsables locaux, le manque d’initiative, c’est le sous-développement du Royaume qui a été ainsi dévoilé dans sa face la plus crue, la plus hideuse.
Nous avons eu la preuve, encore une fois, que l’État était quasiment impuissant quand des événements inattendus surviennent. La preuve, également, de l’incurie administrative et sociale a été apportée, parce que les autorités locales, les corps élus, les citoyens eux-mêmes, par habitude et volonté d’économie, n’ont pas cherché à respecter les prescriptions légales en matière d’habitat et de qualité des matériaux de constructions, comme partout dans le pays d’ailleurs.
Car comment expliquer le fait que les bâtiments publics n’ont pas souffert du séisme, sinon qu’ils sont construits dans les règles de l’art ?
Quand on sait que des villes comme Casablanca et Rabat, " riches et bien pourvues " ne disposent toujours pas de services d’urgences modernes (du style SAMU), comment pouvait-on croire qu’à Imzouren les secours seraient prompts et efficaces ?
Les pouvoirs publics, sur instructions précises et rapides du Souverain, la Fondation Mohammed V, les centaines d’ONG locales et étrangères, nos généreux compatriotes installés à l’étranger, des pays amis et voisins, tous ont réagi de façon plus que satisfaisante dans les heures qui suivirent la catastrophe.
L’ampleur des besoins d’une population apeurée, désorientée, nombreuse, très nombreuse et présente sur les lieux en permanence, a eu pour effet de réduire la portée et la qualité des interventions  et des secours.
Tout cela démontre l’urgence d’une réelle et forte mobilisation nationale, des ressources publiques et privées, pour enclencher une politique de croissance, de création sérieuse et pérenne de richesses, de développement.
Le Destin a frappé Al Hoceima et sa région, le sous-développement a tué des innocents. Voilà la vraie leçon de cette tragédie.
Quand Kyoto ou San Francisco acceptent des tremblements de terre de magnitude 7 sur l’échelle de Richter en comptant quelques vitres brisées, 600 Marocains décèdent dans des douars isolés en pleine montagne et 500 000 autres hurlent de colère et de désespoir dans les rues d’Al Hoceima.
Le chaos n’est pas étatique, il est social parce qu’économique.
À côté donc des politiques de prévention, de l’obligation du respect des normes antisismiques pour les constructions, de la formation des personnels hospitaliers et secouristes, un devoir impérieux s’impose au gouvernement, celui de la mise en place d’une véritable politique économique, faite d’incitations à l’investissement public et privé, seule à même de dégager les moyens concrets de lutte et de correction contre les effets dévastateurs de cataclysmes naturels.

Fahd Yata



 

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