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Le Maroc a choisi sa voie avec une vision et un dispositif réel M. Mohamed Benamour, PDG de KTH-KTI

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La Nouvelle Tribune : M. Benamour, vous êtes doublement concerné par le plan de développement du tourisme, en tant qu’initiateur du contrat programme lorsque vous présidiez la Fédération Nationale du Tourisme et dont vous espérez la réussite et en tant qu’opérateur qui concrétise cette stratégie sur le terrain. Comment l’appréciez-vous trois ans après sa signature? 
M. Mohamed Benamour :
Pour moi, il est clair que la Vision 2010 dépasse largement le seul cadre du secteur touristique. C’est davantage une forme de projet de société qui confirme la vocation historique du Maroc d’ouverture, de tolérance et d’aspiration à un bien être généralisé pour les villes et les campagnes de notre pays.
Nous devons partir du constat que depuis 30 ans, nous n’avons jamais eu un tel projet mobilisateur et que compte tenu des 70 % de jeunes de moins de 30 ans que compte notre population, il apparaît clairement qu’un tel projet sur le long terme peut permettre à notre pays d’accomplir son destin. À travers la création de six stations balnéaires nouvelles, ce qui signifie six villes nouvelles et la restructuration des autres villes culturelles et par l’aménagement du territoire qui l’accompagne, le Maroc peut entrer dans une phase de création d’emplois, de d’élévation du niveau de vie et de croissance économique durable au sein duquel le développement du tourisme jouerait un rôle de moteur.

En quoi la vision 2010 pourrait être plus utile ou plus bénéfique pour enclencher le développement économique de notre pays ?
Par rapport à toutes les études qui sont restées dans les tiroirs des différents gouvernements tout au long des précédentes époques, on pourrait effectivement se demander en quoi le projet élaboré avec la Vision 2010 est différent. L’unique réponse repose sur l’appui politique fermement exprimé par les différents discours de SM le Roi  et qui fixent comme objectif principal de son règne, la modernisation du pays et l‘amélioration du bien être des Marocains par le développement économique et social pour conforter une démocratie agissante basée sur la décentralisation du pouvoir et la responsabilisation du citoyen.

Concrètement, quels sont les éléments qui permettent de croire que les objectifs de la Vision 2010 seront atteints?
La Vision 2010 s’inscrit pleinement dans le sillage des directives de Sa Majesté par la réunion de la volonté des opérateurs et celle de l’Etat pour agir ensemble.
En effet, les réels acteurs du terrain sont, d’une part, l’Administration qui détient les clés de la décision sans laquelle tout projet peut être bloqué et les opérateurs économiques qui sont créateurs de richesse et donc de croissance. En confondant les objectifs de ces deux acteurs et en rapprochant leurs intérêts, nous avons supprimé toutes les barrières aussi nombreuses qu’elles pouvaient être et libéré les énergies. Une telle dynamique une fois enclenchée, ne peut qu’aboutir à des résultats et contribuer à l’objectif suprême du doublement de notre PIB.

Comment expliquez-vous le choix du tourisme comme véhicule ou levier de la croissance économique marocaine?
Cela n’est pas dû au hasard. Une évaluation de tous les secteurs d’activités nationaux,  (phosphates, textile, agro-alimentaire,  pêche etc.) sur les vingt dernières années, a montré que leur évolution a été et continue à être faible. Le tourisme, dont le développement n’a jamais été stratégiquement programmé, est pourtant le plus prometteur pour assurer des créations d’emplois et une croissance à deux chiffres. 
De plus, avec les transferts de devises de nos compatriotes installés à l’étranger, le développement du secteur du tourisme peut être un bon pourvoyeur de devises pour assurer les approvisionnements du pays. Pour le Maroc, le tourisme est aujourd’hui le secteur porteur capable de servir de locomotive à l’économie nationale dans sa globalité. Mais il faut tenir compte de deux éléments d’importance. D’abord, le tourisme reste un secteur vulnérable et n’importe quelle crise, qu’elle soit monétaire, boursière, financière, politique ou autre est susceptible de le toucher en premier. D’autre part, il est impératif de mettre en place les éléments fondamentaux structurels pour permettre à ce secteur de faire preuve de bonnes capacités de résistance. Il s’agit notamment de la facilitation du foncier, de l’harmonisation de la fiscalité nationale et locale et de la réduction des différents impôts, mais aussi de l’amélioration de la formation des salariés du secteur dans les écoles et instituts de tourisme. 
Le Maroc a choisi sa voie sur laquelle il a placé la bonne locomotive avec une vision et un dispositif réel. Notre pays a également la chance de posséder une équipe gouvernementale et de nombreuses compétences dans l’appareil administratif à la hauteur de la tâche dont ils ont la charge.
Les enjeux sont donc tout à fait réalistes et réalisables.

Entretien réalisé par
A.D.



 

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