J’avais dit lors d’une conférence de rédaction, sans vraiment m’attendre à la réaction que cette phrase allait engendrer, que le phénomène de la «chinoiserie», est en train de s’introduire partout. Et dire que seuls le dialogue des cultures rapproche les peuples! C’est l’histoire du plus vieux métier du monde. La vie te fait pression, chacun sa manière, pour décompresser, tu fais quoi? Tu va voir ailleurs. Cette fois, les filles de joie, accostées souvent à la gare Casa-Port, sont allées au delà des frontières, se sont arrêtées en Chine, ou plutôt, c’est la Chine qui est venue vers elles, ou plus précisément encore, ce sont les Chinois qui se sont invités chez-elles. Pour impressionner les péripatéticiennes de chez-nous, ce n’est plus Le Yuan, mais le dollar. L’histoire raconte que les Chinois ont débarqué chez-nous, il y a plus d’une année, se sont emparés de Derb Omar et des filles qui ont besoin de nourrir et de se nourrir. Ils voulaient faire du commerce. Et le commerce ils le font intégralement, y compris la décompression. Pour conter son conte de fée de pro...qu’elle est devenue, deux ans après s’être enfui de chez-elle, Fatima, 21 ans, native de Benslimane, affirme que les Chinois, sont peu exigeants et trop sentimentaux pour elle. Elle raconte que la première fois où elle avait décidé de décompresser (avec un «M’jibed L’âynin», un chinois), elle avait très peur, que le conte des mille et une nuits qu’elle contait à son partenaire (vous devinez? le fil conducteur? pas fictif du tout), n’ aboutisse pas et que ce dernier lui donne un «atémi» ou un «Maïjeri»; du Karaté quoi! Pour elle la décompression des Chinois se fait par des mouvements d’Aïkido ! Il faut bien vivre, Chinois, Vietnamien, Saoudien, Italien, Marocain... peu importe la race, car il faut bien vivre, survivre, pour être plus logique. Le dialogue des cultures, c’est parfait, mais pas au point de se retrouver avec toute une génération de «M’jebdin L’Aynin», sans vraiment vouloir être raciste! A Casa-port, le train et le bateau, amènent les «envahisseurs» et les filles embarquent.
Ilham Khalifi