Il est beaucoup question ces derniers temps de la Gauche, de l’USFP, de la Koutla... Les résultats spectaculaires des communales 2003 ont plongé un certain nombre d’ONG, d’observateurs et de chercheurs dans l’analyse la plus profonde des causes, des circonstances, des solutions et des chemins à suivre. Sur le tapis, bien sûr, le devenir de la Gauche. Les débats se relancent à gauche, voire à l’extrême gauche et les questions se multiplient: Quel projet de réforme pour la Gauche? Quelle forme pourrait prendre l’union souhaitée entre les composantes de ce pôle? Quel rôle peut jouer la Gauche en période de transition démocratique et comment définir celle-ci?... Simple coïncidence, ces interrogations interviennent au moment où l’USFP tente de se remettre sur les rails et où de nouvelles perspectives théoriques et politiques se dessinent pour ce parti. Ce redéploiement stratégique est l’œuvre du plan d’action de son nouveau Secrétaire Général El Yazghi et entériné par le B.P et tout récemment par la C.A. Du coup, les rencontres politiques sur la Gauche marocaine se suivent et se ressemblent. ONG et partis politiques organisent des journées d’études exclusivement réservées à ce pôle. Dirigeants et édiles débattent, exposent et proposent les solutions adéquates en faveur d’un projet unificateur de l’option socialiste. Signe de mobilisation tous azimuts pour sortir de l’impasse. Lors d’une conférence de presse récemment organisée par la Jeunesse Ittihadie, un membre du PSD a relevé que la transition démocratique est un fait réel et la phase actuelle est celle de la coexistence entre les différentes composantes du champ politique. Et de conclure que c’est à l’USFP d’assumer son rôle de locomotive du pôle de la Gauche. Pour ce qui est de l’unité de ce pôle, il a été précisé que la dispersion des rangs n’a plus objectivement de raison d’être et qu’il c’est temps de l’émergence des grands pôles. Dans ce sens, les yeux sont bien rivés sur la Koutla et la position ambiguë de certaines de ses composantes, notamment, le parti de l’Istiqlal. Les déclarations de ses membres font dire par la plupart que ce parti chercherait à se mettre en position de force au lendemain des communales, d’être à la fois officiellement avec la Koutla et officieusement contre.
De la Koutla
Et pour ceux qui pensent que l’Istiqlal serait en train de donner un coup de poignard dans le dos du bloc démocratique, M. Abbas Fassi, a répondu, entre autres, que le parti ne cherche nullement à fausser les cartes. Dans une déclaration au quotidien Pjdiste Attajdid, ce dernier a tenu à préciser qu’il a toujours appelé à la constitution des alliances avant les élections et à informer l’opinion publique afin que les citoyens soient rassurés et votent. L’homme n°1 du parti dit: « Nous avons définitivement tourné la page du passé et nous souhaitons résolument reprendre notre action et notre coordination, en premier lieu avec l’USFP, puis avec la Koutla et avec les composantes de la majorité et toutes les forces qui croient en la démocratie marocaine». Les autres composantes de ce bloc, en l’occurrence, l’USFP et le PPS, sont on ne peut plus claires. La Koutla, avancent-elles, demeure un cadre politique nécessaire pour faire avancer le processus des réformes et qu’il est nécessaire de procéder à sa redynamisation et sa relance.
In fine, Cette « psychothérapie de groupe» a permis de dégager un certain nombre d’idées, mais aussi de tordre le cou à quelques convictions actuelles chez certains. Un peu comme si les temps ont changé ou ont l’obligation de le faire. En tout cas, en cette fin d’année, tous ont voulu y croire très fortement.
H.Z.