Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Actualité
Il serait absurde qu’ONA porte préjudice à AXA Maroc Entretien avec M. Bassim Jaï Hokimi, PDG du Groupe ONA-SNI

Auteur :

La Nouvelle Tribune : L’opération de rapprochement entre la BCM, Wafa Assurance et Wafabank, attribuée à la BCM, n’est-elle pas en réalité celle du groupe Siger ?
Ne répond-elle pas à la réalisation d’objectifs plus globaux que celui de constituer la première banque commerciale marocaine ?

M. Bassim Jaï Hokimi :  Il s’agit fondamentalement d’une opération de rapprochement bancaire initiée par la BCM. Elle répond à ses ambitions de leadership sur ses métiers et au souci de rentabilisation de ses excédents de liquidités. La mise en œuvre de cette fusion sera un très beau projet qui permettra de créer un nouveau groupe financier en reprenant les meilleures pratiques de chacun des groupes BCM et Wafa et en exploitant leur complémentarité. Bien entendu, cette opération a été menée avec le soutien conjoint d’ONA et de Santander Central Hispano qui détiennent chacun un peu plus de 20 % de parts dans BCM. L’implication d’ONA entraîne évidemment celle du groupe SIGER, mais il ne faut pas non plus en exagérer la portée : la part d’intérêt actuelle de SIGER/ERGIS  dans BCM se limite aujourd’hui à environ 5 %, elle peut d’ailleurs évoluer dans un sens comme dans l’autre selon la configuration finale de la fusion.

L’ONA n’a-t-il pas déjà contribué au financement, direct ou indirect, de la première transaction d’acquisition d’OGM par la BCM ?
Absolument pas.

Autant l’acquisition de Wafabank et ses filiales par la BCM dans l’optique de créer un nouvel ensemble par la fusion est logique, autant on pourrait s’interroger sur l’acquisition par la BCM d’une compagnie d’assurance, Wafa Assurance. Dans quelle mesure la BCM ne fait-elle pas du portage pour le groupe ?
L’objectif initial se limitait à Wafabank, mais BCM a été amenée à conclure une transaction sur OGM, non seulement pour disposer du contrôle des droits de vote de la compagnie d’assurance dans la Banque mais aussi dans une logique industrielle car le groupe Wafa a développé d’importantes synergies entre ses différentes composantes. Cela correspondait également à la volonté de la partie vendeuse. ONA, pour sa part, n’avait aucune intention d’acquisition dans le secteur de l’assurance. Ce qui comptait pour ONA comme pour SCH c’était que BCM trouve le moyen de consolider sa position sur le paysage bancaire national lequel est, à l’évidence, sous-concentré. Il se trouve que l’opportunité qui s’est présentée pour cela était indissociable d’une compagnie d’assurance.

Le fait que l’ONA et la SNI interviennent pour racheter les participations des actionnaires sortants du capital de Wafabank n’en est-elle pas une preuve suffisante ?
L’achat de participations dans Wafabank marque notre confiance dans cette opération de rapprochement et la volonté de consolider notre position dans le nouvel ensemble qui résultera de la fusion.

Les relations entre l’ONA et AXA n’étaient pas vraiment au beau fixe avant cette opération. Qu’en est-il depuis que l’ONA a rompu le pacte d’actionnaires qui stipule que le holding que vous dirigez s’interdisait d’acheter directement ou indirectement plus de 5 % du capital d’une autre compagnie d’assurance ?
Je ne ferai aucun commentaire sur la teneur exacte de nos accords avec AXA. Ce qui est important, c’est que les relations entre ONA et AXA sont actuellement constructives et font l’objet d’une grande attention au plus haut niveau des deux parties. Veiller à ne pas porter préjudice à son partenaire est d’abord une question de principe, mais dans ce cas précis, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Je rappelle que nous disposons de 49 % de parts d’intérêt dans Axa Assurance Maroc et qu’ONA y a investi une part considérable de ses fonds propres. À titre de comparaison, l’opération réalisée par BCM amène indirectement ONA à détenir environ 4 fois moins de parts d’intérêt dans Wafa Assurance. Autrement dit, il serait absurde qu’ONA cherche à porter préjudice à Axa Assurance Maroc du simple fait de l’acquisition d’OGM par la BCM puisque cela l’amènerait à pénaliser ses propres intérêts.

Quels sont les projets de votre groupe dans le secteur des assurances ?  S’agit-il de créer un autre champion national en fusionnant AXA et Wafa Assurance, faire monter en puissance cette dernière pour créer la compagnie du groupe et lui confier le portefeuille de vos affaires tout en restant dans le capital d’AXA ou vous retirer d’AXA ?
La priorité du moment pour ONA est de suivre et de soutenir le projet industriel bancaire BCM/Wafa. Si nous voulons un champion national, commençons par assurer le succès de celui-ci. 
Le fait est que le secteur de l’assurance a également entamé un processus de consolidation. Il ne me semble pas absurde de s’attendre à de nouvelles opérations dans ce sens, mais il est encore prématuré de positionner Axa Assurance Maroc ou Wafa Assurance par rapport à cela. Du reste, la réponse à votre question dépend aussi du point de vue d’AXA et de celui du nouvel ensemble BCM Wafabank.
Concernant ce que vous appelez " le portefeuille de nos affaires ", il convient de se placer dans l’évolution actuelle de l’organisation d’ONA. ONA agit de plus en plus comme un holding et non comme un siège central de différentes filiales.  Ces filiales sont dotées de leur management propre et le plus souvent d’un Président Directeur Général ou d’un Président de Directoire spécifique. Le rôle de l’actionnaire ONA est de contrôler le mode de fonctionnement du management, mais pas de s’y substituer et choisir une compagnie d’assurance est un acte de management qui revient aux filiales selon les meilleures offres qui leur sont proposées. J’ajoute qu’il n’est pas nouveau qu’ONA détienne des intérêts dans des activités concurrentes : ce fut notamment le cas dans l’automobile et cela est encore le cas entre Cofarma et Acima.
Dans le même ordre d’idées, nos intérêts dans des sociétés agroalimentaires ne font pas obstacle à la distribution de produits de sociétés concurrentes par Marjane ou Acima. C’est pourquoi il faut bien distinguer le rôle de gouvernance d’ONA de celui du management des opérateurs. Ces derniers auront à faire face à des contraintes de compétitivité de plus en plus fortes et doivent donc prendre toutes leurs responsabilités dans ce sens.

Avez-vous d’autres projets de retrait de certaines activités en cours comme cela se dit dans plusieurs milieux, à l’image de l’opération Brasseries du Maroc ?
Nous n’avons aucun dossier précis à mentionner dans l’immédiat.

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com