La chasse aux trafiquants de drogue, aux complices et à tous ceux qui ont des relations directes ou indirectes avec la bande Erramache poursuit son cours normal. 28 inculpés impliqués dans cette affaire, avec à leur tête Mounir Erramache, viennent d’être déférés devant la Cour Spéciale de Justice à Rabat. Toutes ces personnes sont poursuivies pour divers motifs avec toutefois le dénominateur commun de corruption et d’assistance à personnes recherchées par la Justice. Toutes ces personnes viennent d’être écoutées durant de longues semaines par le juge d’instruction qui a décidé récemment l’abandon des poursuites en faveur de trois personnes et le transfert devant la CSJ de 28 autres. La première audience de ce procès s’est déroulée dans une ambiance plus au moins calme. Lors de l’appel des accusés à la barre, deux d’entre eux n’ont pas été présentés, en l’occurrence Remmache et le dénommé Ninni. Le procureur général du Roi a rappelé l’interdiction, semble-t-il, par la loi, du bénévolat en matière de défense et à la référence aux dispositions légales relatives à la presse sur la publication des déroulements des séances. La défense a vite réagi pour contester l’intervention du parquet estimant que le bénévolat n’a jamais fait l’objet d’interdiction légale. Pour ce qui est des mesures de sécurité, elles sont strictes et serrées avec passage au peigne fin des personnes et des objets aussi bien à l’intérieur du Tribunal qu’à l’extérieur.
Après donc quatre mois du déclenchement de l’affaire Erramache, les yeux sont actuellement bien rivés sur la Cour Spéciale de Justice. L’instance la plus contestée du système judiciaire marocain. Son utilité est mise en cause par la majorité des juristes, députés et bien d’autres acteurs politiques et de la société civile. Pour ce qui est de l’affaire Erramache, ce dernier vient en tête et il est considéré élément principale «pièce» du dossier. Les autres présumés complices, selon les investigations, assistaient la bande Erramache dans toutes ses transactions de drogue effectuées dans leurs points d’attache respectifs au Nord du pays. Les chefs d’inculpation retenus par la CSJ contre ces hauts fonctionnaires vont de la corruption manifeste à la non-dénonciation d’un criminel, délits stipulés et punis sévèrement par la législation pénale marocaine. Le procès Erramache concerne 28 prévenus. Trois personnes (un officier principal de police, un officier de police et un mécanicien) ayant été relaxés faute de preuves. Le procès se déroule à deux niveaux. Il y a d’abord le jugement du groupe composé de fonctionnaires, magistrats, policiers et gendarmes qui se déroule à Rabat dans la CSP. Et il y a ensuite le groupe composé de personnes civiles dont le jugement est prévu au niveau de la Chambre Criminelle près la Cour d’Appel de Tétouan. Aucune date officielle n’a encore été retenue à ce niveau.
M.K.
Les fonctionnaires d’Etat poursuivis
Mohamed Sekkouri: Préfet de Police
Mohamed Charafeddine: Contrôleur Général de police
Abdessadek Boussalem: ancien chef de la PJ de Tétouan
Youssef Jbara: Commisaire principal de police
Abdelkrim Belamria: Officier principal de police
Moustapha Laâroussi: Officier principal de police, responsable de la cellule de lutte contre les trafiquants de drogue à Tétouan en 2000
Yassine Zouaoui: Officier principal de police
Youssef Herrass: Officier principal de police
Faouzi Lemrabet: Fonctionnaire à la Direction générale de la Sûreté Nationale
Abdelkader Habouli: Douanier
Abdelhak Serhane: Fonctionnaire à la Gendarmerie Royale
Saïd Massou: Fonctionnaire à la Gendarmerie Royale
Moustapha Merouane: Fonctionnaire à la Gendarmerie Royale
Zemzami Omari: Officier des FAR
Younes Benani: Officier des FAR
Cinq juges et un greffier