C’est une course contre la montre que mène actuellement l’USFP en vue d’élaborer une nouvelle approche de sa tendance syndicale. Un vaste chantier qu’élabore le parti de Me El Youssoufi qui appelle ses militants à la mobilisation: Une minorité ne peut pas privatiser la CDT ainsi que l’action syndicale au Maroc. A quelques mois des communales, l’USFP décide donc de mettre fin à une querelle interne qui n’a fait que créer la zizanie et ce depuis l’organisation du IVème congrès du parti. De l’avis des observateurs, cette nouvelle scission vient confirmer une démarche propre à la réalité politique marocaine marquée par les naissances politiques échappant au planning familial. Un fait que M.Taïeb Mounchid et ses amis méconnaissent. Ils ont indiqué, dans ce sens, que la FDT n’est en aucun cas un syndicat nouveau ou dissident. « Nous sommes là aujourd’hui pour assister non pas à la création d’un nouveau syndicat, mais plutôt pour la confirmation de sa constitution puisque celle-ci date de 1955 «, a ajouté M.Mounchid, l’un des principaux fondateurs de la CDT, lors de la séance d’ouverture de l’assemblée constitutive de ce que les Usfpeïstes ont appelé « l’Alternative syndicale» qui a pris, dimanche 6 avril, le nom de la FDT. Pour M. Mounchid, ce qui est important c’est que cette centrale syndicale ne tombe pas dans les mêmes travers de la CDT. M. Houssine Kafouni, membre du B.P de l’USFP et l’un des principaux fondateurs de la FDT, a indiqué que le nouveau syndicat gardera le même mode de fonctionnement que pendant les dix premières années de la création de la CDT. « Le même qui nous a permis de faire de la CDT une centrale incontournable», dit-il. Bref, durant les deux jours du congrès constitutif de la FDT à Bouznika, la CDT a été fortement mise à l’index. Les congressistes n’ont pas manqué de la traiter de tous les mots. Pour ce qui est , par ailleurs, des travaux du congrès tenu du 4 au 6 à Bouznika, ils étaient axés sur la question organisationnelle de la FDT.
Très vite, samedi matin, une séance plénière se termine par la répartition des participants entre les différentes commissions, dont les plus importantes sont celles du cahier revendicatif et des différentes questions organisationnelles, en l’occurrence, le statut fondamental de la FDT et le statut des unions provinciales qui la composeront. Les congressistes ont élu un Conseil Fédéral National composé de 127 membres qui se réunira en fin de semaine pour élire le Bureau Fédéral qui ne devra pas dépasser 13 élus. Par la même occasion, cette instance procédera à l’élection du S.G de la FDT. Deux candidats sont actuellement au devant de la scène après le retrait de Abderrahmane Chennaf, S.G du SNE. Il s’agit de MM. Taïeb Mounchid et Houcine Kafouni. Les travaux du congrès ont été également dominés par le volet d’organisation des rapports aussi bien sur le plan vertical entre les instances centrales et régionales de la FDT et horizontal entre ces mêmes instances centrales et les différents syndicats qui les constituent. Il a été question aussi de l’aspect réglementaire. Le statut débattu pendant des mois entre les représentants des syndicats au sein de la coordination nationale a été largement discuté. Ce statut concerne le mode de fonctionnement de la vie syndicale avec des rythmes de réunions soutenues et un respect des dates de tenue des congrès.
En somme, après la Chabiba Ittihadia, l’USFP est en train de redresser la pente syndicale que le IVème congrès avait brisée. Mission presque accomplie. Seulement, est-il possible que la FDT ne connaîtra pas le même sort que la CDT ? Qui vivra verra.
H.Z.
L’USFP là où on l’attendait
Il ne faut jamais prendre le B.P. de l’USFP à la légère. Cette leçon, la Centrale d’Amaoui l’a bien comprise. Durant sa longue carrière à la fois politique et syndicale, le parti de Me El Youssoufi revient de tout et surtout de lui-même pour se positionner, à nouveau, syndicalement en décidant de créer une nouvelle centrale composée de syndicats dissidents de la CDT. Un coup très dur, diront certains, pour la CDT. Cette nouvelle organisation syndicale demeure nécessaire pour l’USFP qui, selon ses membres, tire dans un premier lieu sa force de la classe ouvrière. L’événement restera marqué dans les annales de la vie syndicale au Maroc.
Dans tous les cas, après la création du CNI, parti dissident de l’USFP, c’était toute la question de savoir dans quelle mesure la centrale d’Amaoui pourrait-elle réconcilier entre syndicalistes de l’USFP et ceux de cette nouvelle formation. Et tout portait à croire que les prochaines semaines seront particulièrement « électriques «. Distinguer l’action syndicale de celle politique, est une question qui risque de brouiller toutes les cartes. L’initiative du B.P de l’USFP de créer une nouvelle organisation syndicale le prouve. Me El Youssoufi et ses amis attendaient, justement, le moment opportun pour dévoiler leurs intentions.
Ce que pense la CDT
Pour la CDT, l’événement dans son ensemble ne la concerne pas. La centrale d’Amaoui ne veut, semble-t-il, en aucun cas afficher un signe d’inquiétude ou d’influence quant à la création de ce nouveau syndicat signé USFP. En effet, à la question de savoir quel effet pourrait avoir la création d’une nouvelle centrale par des dissidents de la CDT sur l’avenir de l’action de cette dernière, M. Abdelkader Zaïr, Secrétaire Général Adjoint de la CDT, a répondu que la centrale qu’il dirige n’est pas concernée par cet événement. Rassurant, il a souligné que le train du militantisme syndical de la CDT continue sur sa lancée et rien ne l’arrêtera. L’USFP vient, ajoute-t-il, de concrétiser son rêve: Créer tout simplement un organe dépendant et appartenant directement au Bureau Politique du parti. « De notre part, créer un nouveau syndicat par ces gens là nous a permis de nous débarrasser d’eux puisque, depuis des mois, ils ne font que bloquer et gêner notre action syndicale». « La CDT se comporte bien sans eux», conclut-il.