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M. El Mossadeq : "Le forum de Skhirat clôture en apothéose l’année 2003" Intégrales de l’Investissement 2003

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La Nouvelle Tribune : Il est sans nul doute trop tôt pour dresser un bilan de la mise à niveau alors que l’année 2003 n’est pas terminée. Mais que proposez-vous pour l’année 2004 ?
M. El Mossadaq :
Je remarquerai, avec satisfaction, que l’Administration et le secteur privé commencent à parler le même langage. Les entreprises connaissent mieux les contraintes que nous rencontrons et nous-mêmes sommes désormais plus attentifs aux conditions dans lesquelles elles travaillent à la réalisation de leurs objectifs.
Et, bien évidemment, la mise à niveau se conçoit comme un processus qui va accompagner le développement économique et enrichir le tissu entreprenarial. Il est donc normal, voire indispensable que ce processus se poursuive, en 2004 et les années suivantes afin que notre économie soit prête à affronter les défis de l’ouverture et de la compétitivité à l’échéance.
Voilà pourquoi plusieurs réformes, mesures et actions ont été mises en route en 2003 dont notamment la diminution de plus de 50 % de la Taxe intérieure de Consommation sur le charbon et le fuel, (TIC), la mise en place des fonds de garantie des fonds FORTEX, RENOVOTEL et FOMAN, la création de l’Institut marocain de la Normalisation (IMANO) et le Comité marocain d’Accréditation (COMAC),…
D’autres mesures sont inscrites et planifiées pour l’an prochain et la Loi de Finances 2004 en contient un certain nombre.
C’est ainsi que dans le processus d’amélioration continue de la compétitivité des entreprises, nous prévoyons la poursuite de la baisse des droits d’importation sur le charbon.
À titre d’exemple, une réduction est déjà effective depuis septembre 2003 où ces droits ont été ramenés à 10 % et le projet de Budget propose que les droits d’importation sur le charbon tombent, en 2004, à 2,5 %.

Est-ce là le seul avantage concédé pour induire à une baisse des coûts de facteurs de production ?
Non, le gouvernement a inclus d’autres propositions qui vont dans le sens du renforcement de la compétitivité des entreprises. Déjà en juillet, nous avons réduit de plus de 50 % la TIC sur le fuel et le charbon et il est prévu son élimination progressive et également l’exonération des TIC sur certains combustibles, utilisés par l’ONE ou par des sociétés concessionnaires, destinés à la production de l’énergie électrique d’une puissance supérieure à 10 mégawatts. Cette exonération entrera en vigueur à compter du 1er janvier prochain et dans ce cadre, il sera procédé à la réduction du coût de l’électricité.
Il est prévu aussi dans le cadre de la loi de Finances 2004 l’octroi aux exportateurs indirects des mêmes avantages que ceux accordés aux exportateurs directs.
Par ailleurs, nous prévoyons la création de zones d’activité pour les marchands ambulants et la Loi de Finances 2004 inclut le lancement d’un programme d’organisation et de recasement de 26 000 commerçants répartis sur 117 sites.

Mais la mise à niveau ne concerne pas uniquement le secteur privé. Que proposez-vous en 2004 pour la rationalisation du travail de l’Administration?
Effectivement, le Gouverne-ment prévoit plusieurs mesures et l’une d’entre elles consiste dans le départ volontaire anticipé à la retraite. Le décret a déjà été adopté en conseil de gouvernement et une décision du Premier ministre fixera par échelle de rémunération et par département ministériel le nombre de fonctionnaires civils pouvant en bénéficier. De plus, la Loi de Finances 2004 a retenu le principe de la défiscalisation des indemnités de départ. Le Premier ministre prévoit l’organisation d’une rencontre sur la question.
Il est également prévu la globalisation des crédits par la responsabilisation des ministères dans la programmation budgétaire moyennant un suivi de critères de performance. Cela sera mis en œuvre en 2004 ainsi que la fixation de délais de paiement des marchés publics dont la première étape sera implémentée. En outre, la Loi de Finances prévoit l’application automatique d’intérêts moratoires en cas de dépassement des délais fixés et la responsabilisation au niveau de la loi des ordonnateurs et des comptables vis-à-vis des retards de paiement et des intérêts moratoires.

Tout cela est fort positif, certes, mais l’opinion publique n’est pas vraiment informée de ces avancées et des projets à venir.
Vous n’êtes pas sans savoir qu’en 2003, le Comité National de Mise à Niveau a enregistré à son actif plusieurs actions et réalisations d’importance. D’autres mesures, que je viens d’ailleurs d’évoquer, sont prévues pour l’année 2004. Bien évidemment, tout cela doit être porté à la connaissance de l’opinion publique en général et des opérateurs économiques en particulier. C’est pourquoi à compter de la mi-janvier vraisemblablement, une grande campagne de communication sera lancée pour présenter le bilan accompli et annoncer les nouvelles mesures qui entreront en application. La campagne est aujourd’hui pratiquement finalisée et elle permettra de satisfaire le besoin d’information des citoyens et de secteurs concernés par la mise à niveau.

On évoque souvent les conséquences de l’accord de partenariat entre le Maroc et l’Union Européenne en mettant en avant les effets négatifs de cette formule d’association sur l’économie nationale et nos entreprises. Mais la même crainte ne vaut-elle pas pour le traité de libre-échange avec les Etats-Unis, actuellement en cours de finalisation ?
Comme j’ai pu le souligner en maintes occasions, l’économie nationale doit se sentir concernée par des évolutions incontournables et se préparer à relever les défis de la globalisation des échanges et de la mondialisation économique. C’est là tout le sens du processus de mise à niveau que nous nous efforçons de réaliser.
Mais pour ce qui concerne tout particulièrement l’accord de libre-échange avec les États-Unis, qui devrait être finalisé avant la fin de l’année, je crois qu’il représente une réelle opportunité et un atout majeur pour développer l’investissement dans notre pays. Le commerce maroco-américain est déjà sur les rails, mais cet accord profitera essentiellement à l’investissement. Cet accord induira un effet d’entraînement pour les IDE non seulement en provenance d’Europe, d’Amérique, du monde arabe et d’autres pays parce qu’il permettra de positionner le Maroc comme une plate-forme d’investissements.

Justement, " Les intégrales de l’investissement " s’ouvrent ce jeudi à Skhirat. Quel message comptez-vous faire passer à l’occasion de cet événement ?
Il s’agit d’une importante manifestation de communication et de promotion du Maroc et de ses opportunités en direction d’investisseurs de tous les horizons qui s’inscrit dans la logique de tous les road shows que nous avons pu entreprendre au cours des derniers mois. En effet, j’ai moi-même effectué des déplacements dans plusieurs pays, dont la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne, l’Italie, en plus du rendez-vous de l’investissement arabe et cette rencontre d’aujourd’hui représente, en quelque sorte, l’apothéose pour l’année 2003. Nous voulons, en effet, sortir de la terminologie classique sur l’investissement qui s’attache à la rentabilité escomptée, aux prévisions de chiffres d’affaires et intégrer un certain nombre de concepts et de secteurs qui sont autour de la démarche d’investissement. Nous voulons intégrer la dimension culturelle, civilisationnelle, linguistique, car il faut comprendre que l’investisseur, avant même de concrétiser sa démarche, doit d’abord adopter le pays qu’il a choisi pour y placer ses fonds. Il est donc de notre devoir et de notre rôle de présenter les opportunités du Maroc, non seulement en termes d’attractivité et de rendement, mais aussi des richesses de toutes natures qu’il peut receler. 

Entretien réalisé par
Afifa Dassouli



 

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