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Mohammédia donne l’exemple Social

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Trois douars relevant de l’habitat insalubre furent frappés par les inondations de l’hiver dernier. Il s’agit de Douar El Haj, Douar Jacques et Douar Samir. Et, il faut reconnaître que sur cette question, la Préfecture de Mohammédia a été un modèle à suivre. Les responsables sont parvenus à réaliser en un laps de temps réduit des structures préhabitables à un coût accessible. D’une superficie de 72 m2, dont 60 m2 couverts (voir encadré), les logements d’une valeur de 98000 Dhs sont livrés aux sinistrés pour le prix de 60 000 Dhs, la différence étant subventionnée par l’État. Sur 60 000 Dhs, les bénéficiaires doivent s’acquitter d’un acompte de 18 000 Dhs, et le reste est échelonné dans le temps avec des traites mensuelles de 430 Dhs.
Dans un second temps, et dans le cadre de la lutte contre l’habitat insalubre, 1400 ménages (Douar Jdid et Jmouâ) seront incessamment relogés. (Nous y reviendrons dans un dossier spécial habitat insalubre).

Pourquoi le CQS

Dans le cadre de la politique de proximité, le Gouverneur de la ville de Mohammédia a mis en place le CQS. Il s’agit d’une structure composée d’un réseau d’associations, qui a pour objet d’encadrer le travail associatif, le professionnaliser et le réhabiliter. Partant, la mission principale du centre est «d’initier et de soutenir les actions et programmes destinées à améliorer durablement les conditions de vie des populations les plus vulnérables, et particulièrement les habitants des quartiers défavorisés.» Il apporte également un appui sur les plans techniques et pédagogiques à la réalisation de micro- projets de développement social avec la participation des populations concernées. Tout comme il soutient la création et le développement de structures associatives. L’idée étant de donner un contenu à la maîtrise d’ouvrage social pour permettre aux associations locales une qualification à même de garantir la réussite de leur projet. En effet, le centre, géré par un réseau d’associations, se décline telle une association de 2ème degré (association d’associations). Il a pour ambition d’encadrer le travail social effectué par les diverses associations, en fédérant des énergies et en créant une synergie. Ce projet émane de la volonté de la Préfecture de contenir les problèmes sociaux que connaît la ville, en offrant  aux populations des quartiers dits difficile un encadrement social (sport, animation, éducation). Les statistiques attestent que le quartier Nasr où sont recasés d’anciens bidonvillois connaisse le taux de criminalité le plus élevé. Si le cadre a changé, les gens dans leur mentalités sont restés les mêmes. «Ces gens là, qui sont en fait le produit de l’exode rural, vivent mal  par rapport à leur environnement, ils n’arrivent pas à s’acclimater. Ce qui se répercute sur leur comportement dans la société.» Interpellés par cette donne, les responsables de la Préfecture ont mis en place, à la suite des inondations qui ont sinistrés la ville, le CQS pour accompagner l’opération de recasement des bidonvillois.
«En tant qu’espace de partenariat social pluraliste (Public-Société Civile-Privé), le centre vise à capitaliser l’action sociale locale dans le but de traiter les déséquilibres socio-urbains entre les quartiers et de préserver la cohésion et la paix sociale». Dans cette optique, le centre a contracté un certain nombre de conventions avec les divers acteurs de la ville (Préfecture, Communes, Agence de développement social et Associations). Le principe étant de cerner les problèmes et d’essayer d’apporter les solutions qui s’imposent. Le CQS, qui fait de l’approche participative le pilier de sa stratégie,  a réalisé depuis sa création plusieurs projets. «Nous avons opté pour le «faire faire», à travers les intermédiaires, on libère les énergies. Ce qui permet de créer une dynamique sociale.» Notre objectif est d’améliorer le cadre de vie dans les milieux sociaux déshérités. On citera, à ce titre, une crèche située dans un quartier populaire, deux terrains de sport (basket et football). Par ailleurs, dans le cadre de la lutte contre les marchands ambulants, la Préfecture a mis au profit des poissonniers des motocyclettes dotées de glacières pour circuler dans la ville au lieu d’occuper les espaces publics. Tout comme les marchants ambulants ont pu bénéficier de kiosques dans deux espaces spécialement aménagés pour lutter contre ce phénomène. Néanmoins, il n’est pas exclu de voir certains marchands ambulants sur les grands artères ou les rues. Aussi, faut-il être ferme et prendre les mesures nécessaires pour éviter à la ville de sombrer dans le désordre. Par ailleurs, le centre a signé une convention avec le secteur privé. Ce qui a permis la création d’un espace informatique, au profit des associations. En effet, ce centre vient, à point nommé, apporter une réponse aux besoins de ces populations. Il participe à hauteur de 70% dans le coût total de chaque projet, dans le cadre du programme d’Actions de la Solidarité et l’Éducation à la Citoyenneté (PASEC), qui compte entre 30 et 40 projets par an. Ainsi, le centre a entièrement financé la prise en charge d’un enfant qui avait d’une fracture de la colonne vertébrale. Tout comme le centre a mis à la disposition d’un jeune inventeur, incarcéré pour émission d’un chèque sans provisions, tout le matériel pour poursuivre ses travaux d’invention qui ont été couronnés par un brevet. Il est à signaler, par ailleurs, que le CQS, vient de signer une convention de partenariat avec le CNAM (Centre National des Arts et Métiers) en France, qui porte sur «les formations qualifiantes, certifiantes et diplomantes ainsi que sur l’ingénierie de formation et d’étude de développement social». De ce fait, le CNAM s’engage à assister le CQS  dans les domaines de l’accompagnement et la médiation sociale, ainsi que dans les métiers de la ville à travers la formation, la formation des formateurs,  l’expertise et l’étude en conseil. D’ailleurs, le CQS dispose déjà d’un centre d’écoute réservé aux jeunes en situation difficile, piloté par une assistante sociale.
Il s’agit, en fait, d’une nouvelle culture du social qui a pour objet de pister les possibilités d’une démarche participative, visant un développement durable.


Que pensent les sinistrés de leurs nouvelles habitations ?

A première vue, les habitations semblent bien s’adapter au cadre urbain.  Construits selon un selon un seul plan, les logements reflètent une vue plutôt positive, coupant ainsi avec le cadre anarchique de l’habitat insalubre. Pour s’enquérir de l’état réel de ce projet, nous avons approché  Ba Mohamed, un sexagénaire, qui nous à nous fait visiter sa demeure de bonne grâce. Content de sa nouvelle habitation, Ba Mohamed estime pourtant qu’un petit plus est nécessaire. Il s’agit, en fait, d’un logement d’une superficie d’environ 72 m2. Composé d’un séjour, qui fait également office d’entrée, deux pièces, une douche (non encore équipée), des sanitaires, une cuisine accolée à une terrasse non couverte, qui peut servir à divers usages. Toutes les habitations sont équipées en eau et électricité. Ce qui est, de loin, mieux qu’une habitation en bidonville. Mais, Ba Mohamed n’est pas tout à fait d’accord et voit les choses un peu différemment. «C’est bien beau tout cela, je suis très satisfait d’avoir quitté ces bidonvilles de misère, mais à mon sens, on aurait pu nous livrer les maisons, une fois toutes les finitions achevées. Il ne faut pas oublier que nous avons payé. Moi, je n’ai pas de revenu fixe, puisque je ne travaille pas et tout ce que j’avais, je l’ai déjà donné. Donc, vous imaginez que pour faire toute la menuiserie, la peinture et les grillages pour les fenêtres, cela nécessite une somme dont je ne dispose pas»



 

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