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Casablanca, en mal d’union Première session ordinaire du Conseil de la ville

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Dans un contexte politique marqué par des alliances contre nature et une majorité éparpillée, on est enclin à dire que la première session ordinaire du Conseil de la ville de Casablanca fut agitée, spectaculaire et studieuse. Les communales de septembre 2003 continuent de démontrer, à l'excès, leur fragilité et l'hétérogénéité de leurs composantes. Le mode de scrutin par liste n'a fait qu'accentuer ces lignes de division et aggraver la dispersion de la représentation politique au niveau local. Bref, les communales 2003 furent un véritable laboratoire du champ politique marocain. Encore, les travaux de cette première session ont-ils constitué un véritable second tour de ces échéances et démontré des réalités politiques et partisanes inquiétantes à tous les niveaux pour l'avenir de la démocratie d'un pays en développement.
M. Mohamed Sajid de l'UC, qui a arraché la mairie de la grande métropole économique du Maroc, a dû souffler le chaud et le froid pour examiner et approuver tous les points de l'ordre du jour. En face d'une alliance composée de l'USFP, du PPS et l'Istiqlal,il s'est montré ferme quant à la gestion des travaux de cette première session ordinaire du Conseil de la ville de Casablanca.

Bras de fer


En réalité, pour les observateurs, cette session n'était qu'un examen de l'impact des forces entre la majorité dirigée par M. Sajid et l'opposition composée essentiellement par les formations de la Koutla. Dans son allocution d'ouverture, le député de Taroudant a mis l'accent sur la nécessité de travailler la main dans la main sans tenir compte de toute considération partisane ou politique.
Mais il s'est avéré que dès le début des travaux des séances que le côté partisan était largement mis en exergue, donnant ainsi l'impression d'un règlement de compte politicien entre élus de la même ville. Le Maire de Casablanca, se montrant posé et compréhensible, a essayé à maintes reprises de contrôler la situation mais sans résultat. La première réaction des élus de l'opposition ne s'est pas fait trop attendre. En signe de mécontentement, les Conseillers de l'opposition ont quitté la salle juste après l'adoption du règlement intérieur du Conseil. Des propos malveillants et indignes des représentants de la population, ont été proférés de part et d'autres. Les élus de l'opposition ont proposé, pour ce qui est du règlement intérieur du conseil, la composition d'une commission représentant toutes les sensibilités politiques pour l'adoption d'un règlement intérieur qui fasse l'unanimité. Cette demande, rejetée catégoriquement par la présidence, fut considérée par ces Conseillers comme une humiliation à leur égard. Toutefois, si l'on revient au programme de cette session ordinaire, nombreux point  ont pris les devant de la scène de l'actualité. Le premier concerne l'examen et l'approbation du projet d'avenant n°1 à la convention de gestion déléguée conclue entre la CUC et la Lydec, relatif au régime de retraite et aux missions de la Commission Technique de Suivi, aux créances et dettes d'exploitation de l'ex-RAD.

A l'ordre du jour


Le Conseil de gestion de la Caisse Commune de Retraite, l'ensemble des sociétés membres et la Direction des Régies et des Services Concédés ont pris acte du projet d'externalisation de la gestion des retraites de Lydec et ont fixé les règles générales de transfert. Afin de permettre la mise en œuvre de cette décision, le Conseil a approuvé l'avenant n°1 à la convention de gestion déléguée, conclue entre la CUC et Lydec, relatif au transfert de la gestion des retraites du personnel des services publics mis en gestion déléguée, de la Caisse Commune de retraite au régime Collectif d'Allocation de Retraite. Ce transfert est évalué 2.500 millions de dhs environ. Le montant de la première tanche est estimé à 1.400 millions de dhs. Dans le même sens, le Conseil a approuvé l'avenant n°2 à la convention de gestion déléguée conclue entre la CUC et Lydec pour élargir son champ d'intervention en matière d'éclairage public. Le Conseil a également approuvé la gestion déléguée des parcs de jeux et de loisirs. Pour ce qui est de la collecte et le traitement des déchets, le Conseil a décidé d'adopter le mode de la gestion déléguée. Un appel d'offre ouvert à l'international a été lancé le 8 août 2003. En attendant son aboutissement, le Conseil anticipe sur les actions à venir par l'acquisition, approuvée, d'un terrain destiné à être aménagé en décharge . Un nouveau site a déjà été identifié à Médiouna et les études techniques sont en cours. S'agissant de la RATC, un plan de restructuration est élaboré impliquant la Primature, les ministères de l'Intérieur, des Finances et le Conseil de la ville de Casablanca, pour assainir la situation sociale et financière de cette régie. Pour résorber le déficit d'un milliard de dhs qui grève actuellement les caisses de la régie, le Conseil vient de décider de lui céder à un prix symbolique les terrains qui abritent ses différents locaux et dépôts et qui sont la propriété de la ville. Pour ce qui est de la fiscalité locale, le Conseil a décidé d'unifier les décisions fiscales relatives aux taux des taxes, des tarifs, des redevances et des droits divers perçus au profit du budget de la commune. Pour l'avenir, il a été approuvé que les dispositions en matière de fiscalité locale soient optimisées et harmonisées en vue de mieux traduire, selon le Conseil, les options stratégiques de la politique du Conseil de la ville. D'autre part le Conseil a approuvé son budget principal ainsi que les budgets annexes pour l'année 2004.
La rubrique de fonctionnement s'élève ainsi à 1,916 milliard de dhs, soit une augmentation de 9,1% par rapport à celle de 2003. Les dépenses de fonctionnement s'établissent à près de 1,9 milliard de dhs, soit une progression de 12,5% en comparaison avec les dépenses fixées en 2003. La part de chaque arrondissement sur la dotation globale est composée forfaitairement de 40% du montant global, proportionnellement à la part respective d'équipements en infrastructures. L'excèdent d'exploitation, fixé à 19,872 millions de dhs sera réservé à l'investissement. Ce premier budget de la ville dans le cadre de la nouvelle charte communale, a suscité une vive polémique entre la majorité et l'opposition qui le qualifia de budget de crise.
Ainsi, comme on le voit, ce ne sont pas les dossiers et les chantiers en suspens qui font défaut. Reste à savoir s'il y aura vraiment des avancées notables sur ces différents dossiers vu la composition "hypersensible"  du Conseil de la ville. Il va sans dire que des querelles inutiles risquent de perturber encore plus le déroulement des débats et bloquer des dossiers portant sur de grands chantiers, quand bien même ils seraient urgents et primordiaux pour la capitale économique ! 

H.Z



 

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