La décision n’est pas nouvelle et apparemment tous les clients, ou du moins les habitués nationaux, avaient bien accueilli l’interdiction de consommer des boissons alcoolisées à bord des appareils de la RAM pendant le mois de ramadan. Et tout allait pour le meilleur des mondes sauf que des passagers se seraient sentis touchés par une mesure qui ne les concernait pas. Vous avez deviné aisément. Il s’agit d’une clientèle à religion autre que musulmane. Pour les plus compréhensifs, l’absence du jus de Bacchus, dans les avions de la RAM pendant le mois sacré, ne saurait constituer un désagrément pour un voyage qui ne dépasse pas les deux ou trois heures. Pourtant, ce point est en lui-même important, dans un contexte de mondialisation et surtout dans l’optique de la grande mobilisation nationale pour accueillir les dix millions de touristes à l’horizon 2010. La RAM étant l’un des piliers de ce programme, l’avis des professionnels, dans ce genre de situation, est on ne peut plus indispensable. À la Fédération nationale des voyagistes, la décision de la RAM concernant les boissons alcoolisées pendant le ramadan est perçue comme une affaire qui relève de la seule compétence de la compagnie aérienne nationale. Ainsi M. Kaioune Amal, Président de cette organisation, souligne qu’il n’y pas lieu d’en faire toute une histoire en admettant toutefois que le service doit être global car la compagnie aérienne est appelée à s’inscrire dans la globalisation. En outre, notre interlocuteur fait remarquer que les responsables de la RAM doivent connaître les côtés susceptibles de rehausser le prestige de la compagnie auprès des clients et par là augmenter sa part de marché. À Atlas Voyages, on ne se sent pas concerné par cette décision. En effet, soutient l’un des responsables, cette agence est spécialisée dans la billetterie, la conception des produits et les voyages organisés. Son centre d’intérêt concerne les critères d’âges des passagers (pour une éventuelle ristourne sur les tarifs des billets ou des nuitées dans les hôtels) et consiste à donner des informations sur les pays à visiter. La polémique sur le jus de Bacchus est donc un faux débat. Pour sa part, M. Seddik Didi, Directeur Général de Golf plus événementiel, aborde la question dans le même sens. Selon lui, le problème est mineur. Il s’explique dans ce sens: «Concernant les prestations de la RAM, notamment sur son volet service pendant le mois de ramadan, il faut dire que ce n’est pas un gros problème.» Pour ce qui est de la responsabilité en terme d’information auprès des passagers, M. Didi estime que c’est une responsabilité partagée entre l’agence de voyage et le transporteur qui est concerné. «Je considère, avant tout, que la RAM doit prévoir cette éventualité car tous les passagers ne sont pas musulmans. Ensuite, une agence bien structurée et bien organisée, peut très bien attirer l’attention de la RAM sur un certain nombre de points où elle pourrait déroger à des mesures arrêtées à bord de ses avions. J’irais même beaucoup plus loin en disant qu’il y a des gens qui ont un régime spécial (des diabétiques, hypertendus etc), et normalement toutes ces catégories de passagers doivent être signalées par avance à la RAM. La compagnie doit s’organiser en conséquence, pendant le vol, pour faire face à ces types de contraintes. Cependant, c’est une responsabilité partagée, mais beaucoup plus du côté de la RAM que de celui de l’agence.»
Flexibilité et tolérance
Ce qui fait dire au Directeur Général de Golf plus événementiel que le problème se situe ailleurs. En effet, fait-il remarquer, «c’est la desserte qui n’est pas très souple pour les agences de voyage au Maroc. Ensuite la plus grande difficulté qui se pose à ces agences est le coût. Aujourd’hui, nous avons l’itinéraire le plus cher au niveau mondial, comme Rabat-Paris . Concernant la prestation elle-même, nous trouvons beaucoup d’entraves pour négocier des tarifs préférentiels. Chose qui est inadmissible quand on voit toutes les publications qui sont faites pour promouvoir d’autres destinations, comme c’est le cas de l’Égypte, la Turquie, la Tunisie ou encore d’autres pays par rapport à ce que nous avons ici au Maroc. Ce qui n’est pas un facteur facilitateur pour réaliser l’objectif 2010. Or pour atteindre l’objectif 2010, ce n’est pas seulement l’infrastructure qu’il faut développer mais aussi et surtout beaucoup de moyens de transport. A ce niveau, du travail reste à faire. Certes, jusqu’à maintenant, nous arrivons à obtenir des prix compétitifs dans les des hôtels, les restaurants ainsi que d’autres prestations, comme le golf (une activité dans laquelle notre agence est spécialisée) où nous avons des tarifs préférentiels dans la billetterie. Cependant, quand nous comparons le prix du billet d’avion à toutes les autres prestations, nous constatons que le plus gros pourcentage échoit au le billet .» À la RAM, on préfère ne pas commenter les raisons qui ont été à l’origine de cette mesure de suspension des boissons alcoolisées. Pour les observateurs de l’activité économique, ce n’est pas la portée de la décision qui est mise en cause mais plutôt l’approche qu’ont les responsables de la RAM du service universel dans un espace international. La RAM, soutiennent-ils, ne peut se dire ouverte à la concurrence et ne pas adopter les règles de la globalisation. Car cela implique le respect total du client pour toute compagnie qui veut augmenter sa part de marché. À ce sujet, d’aucuns soutiennent que si la décision est applicable aux Marocains, dans l’espace aérien national, elle devient inexplicable pour les non musulmans. Les mêmes analystes font remarquer, par ailleurs, qu’il y aurait une contradiction dans la démarche de la RAM puisque l’alcool est vendu à bord de ses appareils (en free shop). Ce qui fait dire aux mauvaises langues qu’il s’agirait tout simplement d’un calcul économique. In fine, les supporters et les opposants au service de l’alcool , pendant le mois de ramadan, sont unanimes sur un seul point : la mesure est contre productive quand on met tous les passagers dans le même sac. La RAM doit savoir gérer cette différence.
M.S.
RAM, une fin d’année en beauté
Les nouvelles offres pour cette fin d’année, c’est d’abord la réception de deux nouveaux avions Airbus A321, en novembre et décembre, qui permettront de renforcer les capacités offertes, notamment sur l’axe Paris avec la mise en service d’une 4ème fréquence journalière Casablanca/Paris/Casablanca à compter du 15 décembre. Les liaisons directes au départ de Marrakech sur Marseille et sur Lyon seront aussi renforcées à compter de cette fin d’année. Des offres promotionnelles ont été faites durant la période du mois de Ramadan et d’autres se feront en décembre. Quant aux rapports avec les TO, Royal Air Maroc les voit dans la continuité puisque la politique suivie s’inscrit dans un rapprochement permanent avec eux pour mieux les soutenir et les aider dans la programmation de la destination Maroc. Cela se traduit par la programmation d’éductours réguliers pour former leurs vendeurs sur la destination Maroc et leur permettre ainsi de mieux la vendre.