L’inauguration du Centre de conception de la division CMG StMicroelectronics, le 5 février dernier à l’École Mohammédia des Ingénieurs, a scellé la nouvelle orientation du ministère délégué chargé de la recherche scientifique, en matière de diversification de ses activités. Considérée, dans un passé non lointain comme le parent pauvre des prévisions budgétaires, la recherche a repris aujourd’hui ses lettres de noblesse dans le programme gouvernemental. D’ailleurs, l’équipe de Driss Jettou entend conférer à ce secteur une nouvelle dimension à même de permettre au Maroc de rattraper son retard en la matière. C’est le Souverain, lui-même, qui a donné le ton dans une allocution faite le 15 avril 2002 à Agadir, à l’occasion de l’installation du Comité de la Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales de l’éducation et de la formation, et de la nomination de neuf présidents d’universités. À cet effet, S.M le Roi soulignait notamment: “...Nous réaffirmons Notre volonté d’approfondir cette réforme de façon à ancrer encore davantage les valeurs de mérite et d’émulation dans la recherche scientifique et l’innovation de plans de développement à même de permettre la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement supérieur et d’encourager la recherche scientifique, tout ceci devant s’inscrire dans le cadre d’une Université nationale nouvelle capable de contribuer efficacement au mouvement de renaissance intellectuelle de notre pays et à la réalisation de son développement durable...”. Et le ministre en charge de cette question du gouvernement en a conscience en faisant de ce challenge son cheval de bataille. M. Omar Fassi Fihri, puisque c’est de lui qu’il s’agit, multiplie les initiatives et signe pour que la recherche retrouve sa place à l’image des autres pays européens. Les fruits de cette mobilisation collective sont là puisque la part consacrée à la recherche scientifique est passée de 0,3 % du PIB national en 1997-1998 à 0,7% en 2001-2002. Parallèlement, l’effort financier du secteur privé s’est également renforcé passant de 6 % en 1998 à 17 % en 2002.
Pôles de compétences
Certes, comme le note le ministre, ces taux sont inférieurs par rapport à ceux que l’on retrouve dans des pays européens et américains. “Mais le gouvernement est décidé à consacrer davantage plus d’efforts financiers au secteur de la recherche scientifique”, affirme M. Fassi. Auparavant, ajoute-t-il, et pour la première fois un budget d’investissement pour le Département de la recherche scientifique a été inscrit dans le cadre du Plan 2000-2004 et qui s’élève à 567 millions de Dhs dont plus de 60 % sont déjà engagés. Le ministère est également sur un autre grand chantier qui est celui de l’évaluation du système de la recherche scientifique dans le pays et ce dans le domaine des sciences exactes et techniques. Cette opération est menée avec l’aide de l’Union Européenne et devra permettre d’identifier les niches d’excellence mais aussi les insuffisances qui sévissent dans le secteur. À terme, cette étude conduira à la mise en place des réseaux de pôles de compétence. La démarche a débuté par une démarche communautaire ayant abouti à l’identification de programmes prioritaires suite à différents ateliers et rencontres. Chaque programme prioritaire déjà arrêté en 2001-2002 (lire l’encadré) est focalisé sur une série de problèmes sociétaux ou économiques, ciblés et circonscrits, et vise à fédérer les apports de spécialistes scientifiques, de chercheurs, d’utilisateurs des résultats de la recherche et de donneurs d’ordre économiques et politiques. L’objectif final de la détermination des programmes et axes prioritaires est d’assurer que le progrès scientifique ainsi que l’évolution technologique deviennent des moteurs importants dans la croissance économique, la création de richesses et de bien-être social. Pour le ministre donc, il s’agit aujourd’hui de dynamiser toutes les structures créées ou réformées afin qu’elles remplissent pleinement leurs missions. C’est dans cette perspective que le ministère se donne les moyens pour relever les défis de la recherche de demain.