On a très peu entendu parler du RNI depuis les élections de septembre dernier. Le choix du Premier ministre et la composition de l’Équipe Jettou se sont passés au sein de la formation d’Ahmed Osman, comme si de rien n’était ou, plus exactement, comme si tout avait été préparé à l’avance... Pas de déclarations fracassantes du parti et un soutien inconditionnel au programme gouvernemental. Bref, on est d’accord sur tout. En analysant cette attitude, à la lumière du choix de ses ministres, le RNI affiche une nouvelle vision pour un renouveau marocain. M. Najib Zerouali, membre du Bureau Exécutif de cette formation et également ministre de la modernisation des secteurs publics, explique les raisons de l’attitude adoptée par le parti. Tout d’abord, dit-il, il faut remonter à la genèse même de la formation du RNI. “Né d’une conjoncture tout à fait particulière, le Rassemblement National des Indépendants est une formation pas comme les autres”. En effet, explique M. Zerouali “le RNI a opté en 1983 pour la sociale démocratie. D’ailleurs, c’était le premier parti à opter pour cette voie à un moment où elle était tout juste naissante en Allemagne.” Un choix politique qui était qualifié à l’époque de troisième voie. Pour le ministre, cette caractéristique est très importante pour la simple raison que le RNI est né après les élections de 1977. Est-ce pour cela que ce parti est aux antipodes de la Koutla? “Non, pas tout à fait cela. Nous avons notre ligne de conduite, un programme. Et nous faisons alliance avec les formations qui partagent les mêmes visions que nous”. D’ailleurs, ajoute le ministre, “le RNI n’a pas été constitué juste pour les élections. À l’époque, on l’appelait “les indépendants”, ceux communément connus aujourd’hui sous le nom de Sans appartenance politique ( SAP) . Avec les mots “indépendant” et “rassemblement”, ce n’est donc pas un parti mais un rassemblement, conclut-il, en ajoutant que “ ce ne fut pas une tâche facile pour mettre en place les structures nécessaires au développement du parti. En somme, pour les élections 2002, le responsable du RNI, soutient que la formation de M. Ahmed Osman se porte bien. “Ce qui s’est pas passé au lendemain des élections de septembre n’est pas l’apanage du seul RNI. C’est un phénomène qui a touché l’ensemble des partis marocains. De toutes les façons, tant qu’il y a discussion, il y aura divergence avec pour toile de fond le débat d’idées. C’est ce qui enrichit le champ politique.” Donc une santé politique du RNI qui se traduit par le nombre de ses députés dans l’actuelle législature mais aussi la confiance placée en l’ancienne majorité par la reconduction de plusieurs de ses membres. À cet égard, les chiffres sont édifiants : la reconduction de 20 ministres sur 38 témoigne de la continuité de l’action. “Ce sont les mêmes partis qui se sont retrouvés en plus de ceux de la mouvance populaire. Cependant, M. Zerouali fait remarquer que “le fait que la Primature soit confiée à un homme de terrain signifie que le nouveau gouvernement est appelé à faire un travail de terrain que l’ancienne équipe a préparé sur le plan législatif. Aujourd’hui, il faut concrétiser tout l’arsenal de législation. Donc il y a une complémentarité entre l’ancienne et l’actuelle équipe gouvernementale”.
M.S./H.Z.