Ces manifestations, diverses, donnent à croire que le passage à vide, constaté et dénoncé par plusieurs, notamment à l’occasion des " cent jours du gouvernement Jettou " a été surmonté. Les pouvoirs publics ont compris le sens des messages envoyés à cette occasion (ou un peu avant) et s’efforcent désormais de donner une meilleure compréhension des actions entreprises ou des projets immédiats les plus porteurs.
Cette démarche, qui est celle d’une rapide réactivité, avait déjà été constatée aux premières heures de la nouvelle équipe quand le Premier ministre avait annoncé le report de l’application de la Loi sur les Accidents du Travail ou lorsque furent prononcées les mises en liberté provisoire de certains prévenus détenus dans le cadre des affaires de la BCP ou du CIH. Puis, occupés sans doute à préparer leur offensive tous azimuts, M.Jettou et ses collègues avaient quelque peu délaissé le terrain sensible de la communication "pratique", alors que M. Nabil Benabdallah, malgré une certaine bonne volonté, ne pouvait faire plus que d’énoncer truismes et évidences.
Aujourd’hui donc, c’est du concret que nous offre le gouvernement, avec, comme "after Aïd", les Assises du Tourisme à Agadir, une ville que les étrangers délaissent actuellement du fait de la tension internationale. Cette manifestation, qui aura lieu le vendredi 14 février, sera pourtant importante car, comme l’a souligné mardi dernier SM le Roi en consacrant à cette question une séance de travail, le conjoncturel, fut-il préoccupant, ne doit pas entraver la bonne marche d’une stratégie destinée à concrétiser l’objectif primordial de Maroc 2010.
La seconde manifestation de ce "coup d’accélérateur" aura lieu le lundi suivant avec la pose de la première pierre par le Souverain du port "Tanger-Méditerranée", une réalisation majeure qui devrait donner une impulsion radicale au développement de la région Nord du pays, mais aussi à l’emploi et à l’investissement productif.
Cette inauguration, qui bénéfice d’ailleurs d’une organisation soigneusement préparée et assurée notamment par des professionnels du privé, aura été précédée par une nomination également très significative, celle de M. Ahmed Hajji à la tête de l’Agence de Développement des Provinces du Sud.
Mais ce n’est pas tout. Hormis la tenue d’une session extraordinaire du Parlement, pour l’examen des projets de lois sur le terrorisme (alors qu’un mouvement d’opinion vers plus de fermeté se fait sentir) et l’approbation de textes destinés à encadrer les prochaines élections locales, de grandes opérations sont aujourd’hui en préparation. Cela, alors que les formations politiques qui protestaient de leur marginalisation depuis les législatives, étaient "comblées" par des entretiens de "mise à niveau" avec deux Conseillers de Sa Majesté le Roi.
On ne saurait nier, par exemple, que la sortie de Vivendi Universal du capital de Maroc Telecom ne soit plus qu’une question de semaines ou de bouclage de certains montages. Le repreneur est quasiment connu de tous et un débauchage a récemment eu lieu qui a fait jaser toute la communauté bancaire eu égard au profil, à la formation et à la compétence de ce manager qui a "choisi" de quitter sa banque pour une position d’attente dans l’industrie agroalimentaire…
Le même processus est également enclenché pour la solution définitive de cas particulièrement problématiques (voir l’article de Mme Dassouli en page 17) tel celui de la BNDE, alors que des institutions publiques prestigieuses (la CDG) se mobilisent pour la concrétisation des objectifs économiques du gouvernement.
Les prochaines semaines, assurément, apporteront d’autres éléments qui conforteront l’opinion publique dans le sentiment que le changement est vraiment à l’ordre du jour.
Fahd YATA