Comme il fallait s'y attendre, la Mairie de Rabat a tenu sa première session ordinaire dans une atmosphère peu amène en raison du recours déposé par l'USFP contre M. Baharoui en tant que Maire, au lendemain des élections. Les motifs invoqués par les socialistes portaient notamment sur la non transparence du vote et l'utilisation de l'argent pour l'achat des voix des Conseillers. La réponse du candidat élu de la Mouvance Populaire a été on ne peut plus claire face à ces déblatérations. "Quand on est battu et que l'on avance que l'élection a été trafiquée, je dis tout simplement qu'il ne s'agit que d'arguments sans fondement. Puisque même une partie du PPS, du PSD a voté pour nous. En plus, ces mauvais perdants nous accusent d'avoir utilisé de l'argent et je peux jurer qu'aucun centime n'a été donné à personne. Car il s'agit de hautes personnalités qui ne peuvent se faire acheter. Je pense qu'il faut être un bon joueur et non un mauvais perdant." devait-il déclarer. Aujourd'hui, la victoire du Maire de Rabat est consommée puisque l'instance dirigeante de l'USFP vient de retirer sa plainte. Une situation qui avait pesé lourd sur l'ambiance des travaux de la première session du Conseil. D'ailleurs, certains Conseillers n'avaient pas caché leur intention de boycotter les travaux si le Maire ne donnait pas l'assurance d'apporter une nouvelle approche dans les règlements intérieurs. Une demande qui a certainement trouvé un écho favorable puisque le texte qui a été proposé à ce sujet a été adopté à l'unanimité.
Au terme donc de la session du jeudi dernier, les commissions ont été formées, et le règlement intérieur a été adopté. Cette session a été aussi une occasion pour M. Bahraoui de tracer ses priorités dans l'exécution de son programme durant son mandat. Faut-il rappeler, à ce sujet, que parmi les actions assignées à l'actuelle Mairie de Rabat figure la gestion rationnelle? Un choix dicté par l'héritage lourd laissé par l'ancienne équipe socialiste. Il n'est donc pas étonnant, dans ces conditions, que la nouvelle Mairie ait pour credo de"gérer la ville d'une façon rationnelle, démocratique, scientifique avec la participation de toutes les forces vives de la ville". Pour ce qui est des chantiers, un certain nombre de projets seront lancés d'ici la fin de l'année alors que la lutte contre l'habitat insalubre et les bidonvilles va continuer sans répit jusqu'à leur éradication. Sur un autre registre, les Conseillers sont appelés à redoubler d'efforts notamment pour ce qui est du problème de la circulation par le lancement d'études en vue d'entamer une nouvelle organisation de la circulation sans oublier l'extension des voies, la refonte de la signalisation. Ce point est d'autant plus important quand on sait que la plupart des transports urbains de la ville de Rabat ont plusieurs années de vie et ne cessent de polluer la capitale administrative. Mais pour réaliser l'ensemble de ces projets, la Mairie a besoin d'un budget conséquent. C'est ce volet qui est actuellement à l'ordre du jour puisque la deuxième session sera consacrée au vote du budget qui est estimé à 640 millions de dirhams. Sans grande surprise, ce montant devrait faire l'unanimité des membres du Conseil.
M.S.