La nausée. L’écœurement. Soyons francs: Il arrive un moment où l’on ne sait plus quoi éprouver. Il ne s’agit pas ici d’être begueule avec l’argent et encore moins de jouer les envieux. Chacun a droit à une augmentation de salaire, à condition de rester dans les limites de la décence. Quand on apprend que le «généreux» argentier du Royaume compte accorder aux députés une augmentation de salaire de 6.000, Dhs, pudiquement appelée indemnité forfaitaire, et qui vient s’ajouter aux 30.000 Dhs qu’ils perçoivent mensuellement, qu’éprouver d’autre que du dégoût et un haut-le-cœur? Un sentiment de déception, peut-être. Parce que le salaire moyen de la majorité des citoyens est lamentable; parce que des millions de d’ouvriers se voient refuser un «coup de pouce» au Smig; parce que les jeunes diplômés n’arrivent toujours pas à trouver un job... C’est donc le gouvernement de l’»augmentation de salaires des députés»! Une augmentation injustifiée, intempestive, indécente et pour tout dire exagérée. Pourquoi donc se gêner, M. le ministre des Finances? On croyait que les années 80 avaient servi de leçon et appartenaient désormais à l’époque révolue du Western Capitaliste. Erreur ! L’argent rend toujours aussi avides ceux qui le ramassent en très peu de temps: joueurs de foot, vedettes du show-biz et... députés. Ces derniers savent d’ailleurs, comme les artistes du ballon rond, qu’ils ne vieilliront pas au Parlement. Ils doivent donc, en un minimum de temps, rafler un maximum d’argent. Actuellement, avec cette augmentation de salaire qui promet à l’horizon, le porte-drapeau de la politique d’austérité des années 80, en l’occurrence M. Oualalou, semble manifestement se détourner de son «prêche» d’antan !
H. Zaatit