Pour atténuer les effets des inondations un plan d’action a été mis en place. Une cellule réunissant l’ensemble des responsables et services concernés (services de la Météorologie Nationale, et l’agence du Bassin Hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia) a été créée pour assurer le suivi des travaux sous la direction du Gouverneur. Il fallait donc repérer les défaillances et essayer de leur apporter des solutions. Premier incriminé: le barrage de Oued El Maleh, construit en 1931 pour ravitailler Casablanca en eau potable. cet ouvrage qui a une capacité de stockage de 5 millions de m3 déborde sous la pression des eaux qui proviennent de Ain Tekki et de Oued El Maleh. Partant, dans le cadre de la stratégie de la ville, un ensemble de mesures sont prises en vue de soulager ce barrage, en cas d’intense pluviométrie.
Mesures de protection
Dans ce sens, un canal de délestage, qui est en fait un exutoire, d’une longueur de 1km est réalisé pour permettre à l’eau de se dégager vers la mer et non vers la ville, comme ce fut le cas. Les travaux ayant débuté au mois de juin dernier devraient en principe être achevés à la mi décembre. Ils ont nécessité une enveloppe budgétaire de l’ordre de 60 millions de Dhs, entièrement financés par l’ancienne Communauté urbaine de Casablanca (CUC), qui a également financé la reconstruction du Pont Blondin, qui a nécessité un budget de quelque 14 millions de Dhs. Les travaux sont actuellement en cours et devraient être achevés vers la fin du mois février. En outre, des digues ont été réalisées. Une première longeant le bd. Sidi Mohamed Ben Abdellah, une seconde bd. Chefchaouni, et une troisième à Douar Al Haj. Financés par le conseil régional, les travaux de ces digues ont coûté environ 4 millions 500000 Dhs, ils ont démarré en décembre 2002 et ont été achevés en janvier 2003. De son côté, la digue de la SAMIR, livrée en juin dernier, a pour objet la protection de la raffinerie SAMIR ainsi que des habitations (bidonvilles) qui y sont accolées. C’est quelque 12 millions de dirhams que la SAMIR a dû débourser pour assurer la protection de son site. Par ailleurs, il est à rappeler que pour permettre une meilleure évacuation des eaux pluviales, le Département chargé de l’Eau a procédé le mois dernier au curage de l’Oued El Maleh. En effet, avec les nouvelles canalisations et les digues, l’eau sera évacuée facilement. En effet, si on ne peut affirmer que la ville de Mohamédia sera protégée à 100 % des inondations, on peut tout de même avancer qu’avec le canal de délestage, même avec un débit de 140 m3/secondes (le cas de l’an dernier), le risque est très minime, pour ne pas dire nul. Cependant, pour une meilleure protection, la cellule en charge de ce dossier a prévu d’autres projets, pour une meilleure protection de la ville.
Projets à réaliser
A court terme, on prévoit la construction du barrage Boukarkour dont les travaux sont déjà lancés. Avec une enveloppe budgétaire d’environ 260 millions de Dhs, supportés par le Département chargé de L’eau, ce projet sera livré en principe en avril 2005. Il s’agit d’un grand barrage (bassin :1120 km2, volume stocké : 57 millions de m3) qui a pour objet de maîtriser les crues dépassant 140m3. Un autre canal est également prévu. d’une longueur de 5,5 km. Il devra, protéger la partie Est de la ville (Monica Plage, Yasmina...,) en déviant les eaux provenant de la zone Est vers Oued Nfifikh. A moyen terme, on prévoit, la réalisation d’un autre barrage plus petit (bassin : 30,8km2 -volume stocké : 2,13 millions de m3, il devra être construit prochainement). Il s’agit du barrage Hassar. Pour le moment, on est encore à la phase d’études du projet, dit-on à la Préfecture. Enfin, à long terme, les autorités locales envisagent la réalisation d’un grand barrage à l’aval du barrage Oued El Maleh. Dans ce cas, l’on pourra effectivement avancer que la ville sera réellement épargnée, puisque l’on pourra maîtriser même une crue de 1200 m3/secondes. En attendant, on peut tout de même se réjouir des réalisations actuelles. Peut-être qu’en traversant la ville on ne se rend pas compte de ce qui a été fait, mais sur le terrain, on peut constater que des choses ont effectivement été mises en oeuvre. Les travaux une fois réalisés semblent anodins, ce qui n’est nullement le cas assure-t-on à la préfecture. «Ce sont des tracasseries quotidiennes, des aller-retour administratifs, une paperasse administrative...». Certes, la sollicitude de Sa Majesté, l’importance de la ville au point de vue économique (La SAMIR), ont accéléré les choses, mais l’on sait maintenant que même lorsque ce n’est pas évident, on arrive à réaliser les choses. De nombreux projets ont été ficelés en peu de temps. Pourvu que ce soit généralisé. À côté de ces grands projets, l’on constatera en revanche que des petites choses, non sans incidence sur la ville en période pluviale, restent à faire
C’est le cas notamment de nettoiement des artères, des grilles, des égouts et du dégagement des avaloirs, qui ne semblent pas faits. Les nouveaux élus doivent bouger à leur tour. D’autres projets, sont également à l’ordre du jour, mais tant que les travaux n’ont pas encore démarré, il est difficile d’y croire. On citera la reconstruction du Pont Portugais, un pont de Pipe-lines (sous le lit de l’Oued), la voie ferré entre la SAMIR et la Gare, un mur de protection, une digue pour protéger le Royal Golf. (Pour ce projet, précisément, l’étude est réalisée mais le financement peut-il être supporté en partie par ce club pour assurer sa propre protection ? ). Au passage, on notera que de grandes quantités de boues provenant de l’intérieur du Golf sont encore entassées à l’extérieur de ce périmètre sportif. (Encore une fois, les élus locaux sont interpellés pour s’acquitter de leur tâche.)
Ce sont donc des projets qui ne manquent pas d’intérêt en terme de protection et de perspectives d’avenir pour Mohammédia.
Plan d’alerte
Par ailleurs, au delà des mesures techniques, la cellule de suivi, supervisée par le gouverneur, a prévu un plan d’alerte et d’intervention qui est mis en place. Il fait appel aux services de météorologie, les services de l’agence du bassin hydraulique du Bouregreg et la chaouia ainsi que les services locaux (Préfecture, Commune, Protection civile), et enfin la Lydec. Autrement dit, il faut coupler météorologie, hydrologie et hydraulique pour une surveillance adéquate en vue d’optimiser les prévisions. Aussi, pour informer en temps opportun les autorités locales et la population, la Direction de l’Agence du bassin Hydraulique du Bouregreg et de la Chaouia a instauré un système d’alerte à travers la création de trois nouvelles stations hydrologiques équipées en postes d’annonce de crues et l’équipement de celles déjà existantes, également en postes d’annonce de crues. Ainsi, avec 6 stations, on compte maîtriser mieux les débits d’eaux et par conséquent prévenir en temps opportun les autorités locales, chargées à leur tour d’informer la population. Partant, dès les premières pluies, la cellule veille au contrôle et au suivi du débit des eaux de l’Oued El Maleh au niveau des Ponts gradués de la ville, à savoir, le pont RP1, le pont de l’ONCF et le Pont du bd. Sidi Mohamed Ben Abdellah. A partir des données qu’elle aura enregistrées, la cellule informera la population pour prendre les précautions nécessaires, en fonction du système élaboré. Ce dernier prévoit trois niveaux d’alerte correspondant à trois débits différents, représentés par trois couleurs. La couleur verte concerne un débit inférieur à 60m3/s. Les sites menacés sont le parking du Golf royal et les entrepôts Pétroliers Oued El Maleh. La couleur jaune pour un débit compris entre 60 et 110 m3/s, et concerne, les sites pétroliers, le Golf, et une bonne partie de la ville basse. Enfin la couleur rouge signifie un débit supérieur à 110m3/s, et intéresse pratiquement toute la ville basse. Il va sans dire que les inondations de l’an dernier ont servi de leçon. Les autorités locales sont déterminées à réagir promptement et avec efficacité en cas de sinistre. La préfecture a réalisé des dépliants, qui renseignent sur toutes les précautions à prendre en cas d’alerte. De surcroît, un numéro de téléphone (023324180/83) est mis à la disposition de la population pour de plus amples informations. Ce plan d’alerte et d’interventions devra prendre fin avec l’achèvement des travaux du canal de délestage vers la fin du mois de décembre prochain.