Mardi 28 octobre 2003, une date parmi tant d’autres qui vient marquer l’histoire de l’USFP. La décision de Me El Youssoufi de rendre son tablier retiendra certainement les esprits des historiens, militants et observateurs de l’évolution de la scène politique nationale. Rappelons qu’en janvier 1959, des militants décidèrent de couper le cordon ombilical qui les liait au parti de l’Istiqlal pour fonder l’UNFP. Sur cette liste, l’on trouvait des figures de proue du mouvement national tels que Mehdi Ben Barka, Abdellah Ibrahim, Mahjoub Ben Seddik et la liste n’est pas exhaustive. Dès lors, le parti comptait en son sein des personnages charismatiques tels que Mehdi Ben Barka ou Omar Benjelloun. Leur audace et leur courage politique leur ont coûté la vie. Un militantisme politique qui leur vaut, jusqu’à présent, une crédibilité certaine auprès de la majorité de la population marocaine. La date du 30 juillet 1972 constituait pour le mouvement Ittihadi le premier jalon de la rupture entre les composantes de l’UNFP dont deux courants ont vu le jour. Il s’agit de l’UNFP de Rabat sous la conduite de Abderrahim Bouabid et de l’UNFP de Casablanca sous la direction de Abdellah Ibrahim. Cette étape s’est achevée pratiquement lorsque le groupe de Rabat a tenu un congrès extraordinaire en juin 1975 engendrant un nouveau parti politique: l’USFP. Depuis cette date, de sérieuses compétences se sont attelées à donner à ce parti l’impulsion qu’il requiert. Parmi ces noms figurent, notamment, Abderrahim Bouabid, le fédérateur. Sous sa direction, l’USFP a fondé l’une des principales centrales syndicales du pays, la CDT. A cette époque, les deux tendances politique et syndicale du parti, pouvaient cohabiter et elles constituaient une force homogène impressionnante. MM Lahbabi et Forqani, ces deux hommes historiques de l’USFP, considèrent que leurs carrière politique est terminée. Leurs prises de positions politiques, notamment l’ouverture vers les Islamistes, sont particulièrement osées. Fqih Basri (la mémoire explosive): son influence résidait dans le poids des informations qu’il pouvait à tout moment révéler. Le Zaïm de la CDT, Amaoui, quant à lui, avait à un certain moment un poids considérable au sein de l’USFP. Sa présence était indispensable pour la tenue des congrès du parti. Enfin la démission de Me Abderrahmane El Youssoufi «le Premier ministre socialiste» a constitué de l’avis de tous la fin d’une époque. Le choix de la date intéressait, semble-t-il, Me El Youssoufi qui a préféré le jour anniversaire de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka pour se retirer de la vie politique. La symbolique est forte.
H.Z.