A son énième audience, la Chambre Criminelle près de la Cour d'Appel de Casablanca poursuit, cas par cas, l'étude des membres de la Salafia Jihadia impliqués dans les attentats du 16 mai à Casablanca. Jusqu'à présent, d'importantes avancées sont enregistrées. L'examen des dossiers relatifs au procès de ces attentats terroristes se poursuit sans relâche. Les séances se déroulent à un rythme accéléré. En ce début de semaine, la salle n°8 de cette Cour a connu la reprise des dossiers de la nébuleuse Salafia Jihadia impliquée dans les attentats sauvages du 16 mai à Casablanca. Les mesures de sécurité n'ont pas changé. Elles sont strictes et serrées avec passage au peigne fin des personnes et des objets aussi bien à l'intérieur du Tribunal qu'à l'extérieur où l'on pouvait observer également un attroupement important des familles des inculpés. Ce mardi 23 septembre, la Cour a repris l'examen du dossier des deux présumés "grands" théoriciens de la Salafia Jihadia à savoir, Abou Hafs et Hassan Kettani. La première audience de ces jeunes prédicateurs s'est tenue le 4 août dernier mais à la demande de la défense, le procès à été reporté au10 septembre. Pour ce qui est d'Abou Hafs, ce dernier, avant d'être gracié, avait déjà été condamné en juillet 2002 à trois mois de prison ferme pour incitation à la violence. Fils d'Abou Houdeïfa, incarcéré lui aussi, Abou Hafs entretient des liens étroits avec l'autre prédicateur Hassan Kettani détenu depuis le 18 février 2003. Mardi dernier, la cour a connu une vive opposition entre les avocats des accusés et les magistrats. La défense composée des Me Mohammed Lahlou, Mohamed Ziane, Mustapha Ramid, Ali Zioui et Taoufik Moussaïf, a expliqué dans une déclaration écrite et remise à la presse la raison de son retrait, à savoir " le rejet implicite" de ses requêtes, notamment, la convocation des témoins). La défense éstime que, par cette décision de joindre les requêtes de forme au fond, c'est un refus de la Cour de convoquer les témoins et de les confronter aux mis en cause. Chose qui prive, selon la défense, leurs clients d'un procès équitable ainsi que des droits inalienables de la défense. La Chambre Criminelle près de la Cour d'Appel de Casablanca a reporté le procès de Hassan Kettani, Abous Hafs, et Hicham Saber présumés principaux théoriciens de la Salafia Jihadia, pour ce jeudi 25 septembre. Pour ce groupe composé de ces trois inculpés en plus de Abdelouahab Rafiki, la Cour avait achevé jeudi 18 septembre, tard dans la soirée les auditions publiques. Cette séance qui a duré jusqu'à 23 heures s'est caractérisée par les dénégations des inculpés. Abou Hafs et Kettani, en particulier, ont nié catégoriquement tous les faits qui leur sont reprochés. Ils ont également nié leur appartenance aux réseaux de la nébuleuse intégriste. Ainsi et sûr de lui, Abou Hafs a rappelé au juge qu'il n'est pas " responsable de la mauvaise interprétation que font certains des prêches qu'il prononce publiquement" . Pour sa part, la séance du lundi 22 septembre a connu une vive opposition entre le parquet et la défense. Celle-ci a plaidé pour l'innocence des inculpés alors que le ministère public a requis l'application de sanctions lourdes à leur encontre. Les deux hommes sont accusés de constitution d'association de malfaiteurs, de complicité de crime, d'atteinte à la sûreté intérieure de l'État, d'agression avec intention de sabotage et de meurtre dans plusieurs zones, complicité de meurtre avec préméditation. Le juge Tolfi appuiera-t-il ces accusations? Réponse ce jeudi 25 septembre.
H.Z.