Le rideau est tombé sur l’élection du Maire de Rabat le lundi 22 septembre avec à la clé la victoire de M. Omar Bahraoui, candidat du Mouvement Populaire sur son adversaire de l’USFP. Pourtant, quelques jours plus tôt, personne n’aurait imaginé un tel scénario, Rabat étant considéré comme une chasse gardée des socialistes. Et dans les différents états majors, les commentaires ou tout au plus les analyses allaient bon train. À l’Istiqlal, le jeu semblait être fait d’avance car l’absence de compromis entre les deux plus grandes formations du pays allait compliquer le vote pour la Mairie. C’est ainsi qu’un membre influent du PI soulignera, dans une discussion informelle, que : «Ne vous attendez pas à une grande surprise même si officiellement notre parti semble avoir choisi ses alliances. En réalité, ce n’est pas la coalition qui pose problème mais plutôt le choix du candidat autour duquel une majorité ou un consensus seraient possibles. Quoi qu’il en soit, nous ne nous allierons jamais avec le PJD.» À la question de savoir pourquoi le PI et l’USFP, les grands vainqueurs des communales, ne feraient-ils pas chemin ensemble, dubitatif sur ses réponses, ce conseiller dira tout simplement que c’était quelque chose qu’il fallait prévoir avant le 12 septembre. Pour comprendre un peu ce qui se tramait durant les trois jours qui ont précédé le vote du lundi, nous avons rejoint le siège de l’USFP. Là, les préparatifs pour la conquête de la Mairie de Rabat présentaient un air de lassitude, de nervosité mêlée d’inquiétudes. Les responsables politiques se succèdaient. M. Yazghi, qui était très sollicité ce jour, refusait tout commentaire. «Attendons le jour du vote», c’était le maître mot ou la consigne donnée par les instances supérieures. Dans la foulée, nous apprenions que le candidat du MP, M. Bahraoui était bien placé parce qu’il aurait réussi à faire basculer dans son camp quelques Istiqlaliens et d’autres représentants des formations jusqu’alors considérées comme ennemi du MP. Depuis lors, c’était le black out au siège de l’USFP. «Mais nous pouvons compter encore sur des alliés tels que le PPS et le RNI. Cependant, il faut être prudent car tout reste encore possible», nous faisait savoir un proche de M. Yazghi. Pour ce qui est du PPS, auréolé par sa bonne performance aux communales et n’ayant pas présenté de candidat pour la Mairie de Rabat, le ton était autre. Renforcer les rangs du parti et consolider les acquis du 12 septembre étaient les maîtres-mots. Pendant ce temps, sur le terrain, les deux candidats (Omar Bahraoui du MP et Ahmed Rih de l’USFP) se tiraient dessus à boulets rouges. Alors que le second parlait de mauvaise gestion de la ville de Rabat par son rival, le premier pérorait sur l’inexpérience et l’incapacité de son adversaire dans le domaine des affaires communales. En fin de parcours, il a fallu attendre lundi pour comprendre l’ampleur de l’échec infligé à l’USFP dans ce vote pour la Mairie de Rabat. A l’issue d’une séance de vote houleuse et très tendue, les membres du conseil de la commune urbaine de Rabat ont élu M. Bahraoui en qualité de maire de la ville avec 60 voix pour et 21 contre. Un scrutin qui a aussi déterré la hache de guerre entre les deux frères ennemis que sont l’Istiqlal et l’USFP. Que Dieu nous garde de nos amis, diront certains...
M.S.