Au vu des affrontements qui ont opposé tout au long de ces derniers jours certains dirigeants de formations politiques considérées comme amies (ou du moins alliées) pour la désignation des maires et présidents de conseils, mais aussi à l’aune des griefs complaisamment exposés par les uns et les autres, il apparaît clairement désormais que la majorité parlementaire qui a permis à M. Driss Jettou de constituer son gouvernement n’a pas résisté aux ambitions égoïstes des formations qui la composent.
Tandis que les responsables du Mouvement Populaire et du RNI s’ingéniaient à " tirer dans les pattes " de leurs collègues de l’Exécutif, concluant des alliances " incroyables " pour gagner certaines municipalités et communes, le Parti de l’Istiqlal et l’USFP, venus pourtant de la même matrice, ont subitement retrouvé leurs antagonismes d’antan et leurs ressentiments mutuels et réciproques pour, objectivement parlant, saboter sciemment le processus de démocratisation locale initié par le scrutin du 12 septembre.
Le résultat de tout cela est clair, patent, et devra s’imposer à tous et à toutes. M. Jettou ne dispose plus désormais de majorité homogène pour conduire les affaires gouvernementales et il devrait tirer les conséquences qu’impose un tel constat, particulièrement consternant au demeurant.
De même, les dirigeants des formations les plus importantes, celles qui ont permis la constitution d’une majorité parlementaire relativement solide, devraient se prononcer de façon responsable sur la pérennité de leur présence dans une coalition constituée désormais d’ennemis déclarés, de faux frères, de transfuges et d’ambitieux pétris d’égoïsme.
Les divisions et les discordes nées du scrutin des communales obligent ainsi chacun à tirer les leçons de cette imprescriptible pagaille qui caractérise désormais la sc ène politique nationale. De même, certaines convergences et alliances circonstancielles, qui ont améné la victoire des uns et les défaites des autres, à Rabat, à Marrakech, à Tanger, voire à Casablanca, prouvent qu’il peut exister désormais d’autres schémas arithmétiques que celui qui prévaut actuellement à la Chambre des Représentants.
Enfin et là n’est pas le moindre des constats, tout au long de la triste période qui a suivi le scrutin du 12, M. Jettou a brillé par son absence, lui qui est, pourtant, censé diriger une majorité " plurielle "… Le chef du gouvernement et de la majorité parlementaire n’a jamais pris la peine de réunir les protagonistes de cette lamentable affaire, ni même tenter de montrer à l’opinion publique qu’il avait un semblant de pouvoir (sinon d’autorité) sur "ses" troupes !
Le gouvernement Jettou, a, sans doute, vécu…
Fahd YATA