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M. Bahraoui trace les priorités pour la capitale Nouveau Maire de Rabat

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La Nouvelle Tribune : Quelles sont vos premières réactions après votre élection à la Mairie de Rabat ?
M. Omar Bahraoui :
Je ne peux être que satisfait de cette victoire, qui est celle avant tout de la grande coalition et des partisans qui m’ont soutenu pendant le processus électoral. Une coalition qui rassemble plus de 14 partis politiques, toute l’intelligentsia de la ville de Rabat. C’est une lutte que nous avons gagnée contre l’obscurantisme, contre le parti unique, contre un système de magouille. Cette victoire est également la bataille pour la démocratie. Nous avons gagné dans la transparence, dans la démocratie. Chose que nos adversaires n’ont jamais voulu admettre.

Pourtant, certains de vos adversaires parlent d’élection tronquée, d’achat de voix et de trafic d’influence. Qu’en pensez-vous ?
Je m’inscris totalement en faux contre ces allégations. Pour étayer cette position, je vous donne quelques chiffres enregistrés lors de ces élections communales. Premièrement, dans ma circonscription, j’ai remporté quelque huit mille voix tandis que mes adversaires, qui avancent aujourd’hui toutes sortes de méchancetés sur mon élection, n’ont pas eu plus de 2000 voix. Deuxièmement, j’ai gagné le deuxième round avec 60 voix contre 21 voix. Et dans ces voix, il y a celles des petits et des grands partis de ce pays. Alors trafiquer avec tout ce monde est à mon sens impossible. Soutenir le contraire c’est être mauvais joueurs et donc de mauvais perdants. Le troisième élément est que l’élection s’est déroulée en public dans la salle de la Wilaya où 80 % de ce monde étaient composés de socialistes qui sont venus aider et soutenir leur candidat. En outre, il y avait les deux télévisions nationales qui ont couvert tout le processus, du début jusqu’à la fin des opérations de vote. Nous avons les cassettes et les éléments qu’il faut pour prouver la transparence des ces élections. Alors quand on est battu et que l’on avance que l’élection a été trafiquée, honnêtement avec les urnes transparentes, des hommes de haut calibre issus des partis politiques tels que l’Istiqlal, le MP, le MNP, le RNI etc., je dis tout simplement qu’il ne s’agit là que des arguments sans fondement. Puisque même une partie du PPS, du PSD a voté pour nous. En plus, ces mauvais perdants nous accusent d’avoir utilisé de l’argent et je peux jurer qu’aucun centime n’a été donné à personne. Car il s’agit de hautes personnalités qui ne peuvent se faire acheter. Je pense qu’il faut être un bon joueur et non un mauvais perdant.

Dans l’immédiat, quels sont les grands chantiers qui vous attendent ?
Pour l’instant, c’est la gestion rationnelle qui nous attend parce que jusqu’à présent c’était la gestion d’un parti unique qui gouvernait la ville. Aujourd’hui, nous allons gérer la ville d’une façon rationnelle, démocratique, scientifique avec la participation de toutes ses forces vives Aussi, nous allons réorganiser l’ensemble des services. Sur un autre plan, nous avons préparé un certain nombre de chantiers qui seront lancés d’ici la fin de l’année. Également, nous allons continuer la lutte contre l’habitat insalubre et les bidonvilles. L’habitat insalubre sera éradiqué dans la ville de Rabat. Le deuxième chantier concerne le problème de la circulation. Nous avons lancé des études et nous allons entamer une nouvelle organisation de la circulation avec l’extension des voies, la refonte de la signalisation. Dans le même sens, nous allons procéder au règlement du transport urbain en éliminant les véhicules qui ont plusieurs années de vie et qui polluent la ville. Par ces mesures, nous comptons mettre fin à l’anarchie qui sévit dans la circulation. Enfin, nous allons, pour la première fois mettre sur le marché des véhicules de haute qualité qui préservent l’environnement, dotés de système antipollution, le tout basé sur une organisation ponctuée des arrêts.

Qu’allez-vous faire concernant la gestion de l’ancienne équipe ?
Nous sommes dans une situation très très critique après 7 ans de gestion des socialistes. Pire, ils ont pris des milliards en crédit et nous ne voyons pas, malheureusement, où est passé l’argent dépensé. C’est pour cela que nous allons faire auditer l’ancienne gestion pour voir comment tout ce système fonctionnait. Pour ce qui est du reste des projets, que nous projetons réaliser très prochainement, il y a celui du métro de Rabat. Nous comptons, à ce sujet dépasser Casablanca bien que cette ville ait commencé les études depuis 20 ans. Dans notre programme de développement socio-économique, nous allons construire un nouveau quartier à Rabat. Ce sera un plateau d’un millier d’hectares qui va être une ville pilote avec une architecture plus rationnelle et plus harmonisée. Nous voulons faire de Rabat une ville propre avec aires de repos et nous donnerons la priorité à l’espace vert et à l’environnement. Dans le même ordre d’idées, nous allons nous attacher à faire de l’architecture un moyen de promotion et de lotissement de la ville. Notre objectif est d’avoir une ville propre, avec une circulation fluide et un bien-être important. Nous allons également entreprendre l’exécutions des études qui ont été lancées par Sa Majesté le Roi pour les deux rives du Bourgreg et qui vont concerner plus de 5000 hectares à aménager en zones de loisirs, zones de tourisme, d’hôtellerie, des cafés, de bureaux etc.

Dans ces conditions, doit-on penser à une chasse aux sorcières contre  l’ancienne équipe
Non, il ne sera absolument pas question d’une chasse aux sorcières. Cette démarche n’est pas notre objectif. C’est un passé que nous laissons au compte de l’ancienne équipe. Nous allons procéder autrement en cherchant ce qui existe, qu’est-ce qu’il faut faire pour pouvoir démarrer sur de nouvelles bases. Par contre, ce qui est tout à fait normal, nous chercherons à comprendre comment ces milliards de centimes empruntés ont été utilisés et comment nous pouvons corriger le tir pour que de telles erreurs ne se répètent plus dans la ville de Rabat.

Quels ont les critères qui ont été à la base des alliances contractées et qui ont conduit à votre élection à la tête de la Mairie de la capitale administrative ?
Le premier ciment qui a conduit à la formation de ces alliances c’est le ras-le-bol des conseillers. Tous ces gens-là, qui ont travaillé avec l’ancienne équipe dirigeante des socialistes, en avaient marre de la façon dont les affaires étaient gérées. C’est ce ras-le-bol qui a amené les déçus de l’ancienne gestion à se rallier à notre liste. Maintenant, ils veulent une nouvelle gestion dirigée par de bons gestionnaires. Deuxièmement, nous sommes des privés, intellectuels, gestionnaires, des gens qui ont une connaissance importante de la société. Troisième ciment ayant favorisé la formation d’une alliance autour de ma candidature est que nous avons tous conscience en amont qu’il faut des gens capables pour gérer la ville de Rabat sur la base d’une gestion collective et non individuelle.

Propos recueillis
par Mamady Sidibé



 

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