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Des communales aux Conseillers, ou de mal en pis…

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Publier le : October 9, 2003

Dure réalité, parce que les résultats confirment une tendance qui s’était largement dessinée au lendemain des communales, celle de la marginalisation grandissante de l’Union Socialiste, alors que la bonne tenue du parti de l’Istiqlal et la performance appréciable du PPS sont évidentes. Concomitamment à ce constat, s’illustre l’avancée de la mouvance " harakiste ", laquelle, à travers ses trois expressions partisanes, a fait le plein à l’occasion du renouvellement du tiers sortant de la Chambre des Conseillers.
Amère réalité, parce que la loi de l’arithmétique a ses raisons que la volonté politique ne peut pas toujours transcender.
Ainsi, en cette nouvelle occasion qui est offerte aux analystes de s’interroger sur le devenir d’une majorité parlementaire moribonde, faudra-t-il s’empêcher de dresser des constats pour éviter à certains de crier à la cabale ?
N’est-il pas encore plus vrai aujourd’hui qu’hier (en septembre dernier) de constater qu’à l’occasion de ce renouvellement, de nouvelles formules politiques pourraient émerger du fait d’une arithmétique encore plus évidente que par le passé ?
M. Jettou criera-t-il au complot ou à une offensive de la " gauche caviar " si d’aucuns lui faisaient remarquer que la Mouvance Populaire, le RNI et le parti de l’Istiqlal (avec l’appoint de l’UC par exemple) pourrait fort bien constituer le socle d’une nouvelle majorité parlementaire ?
Aujourd’hui, même s’il est incontestable que le bilan de la première année du gouvernement Jettou est des plus honorables, ce qui est en question, c’est la qualité de la construction politique qui permet au Premier ministre de mener son action réformatrice.
L’une des poutres maîtresses de cette majorité, la Koutla, a fini par craquer, toute vermoulue qu’elle était onze années après sa constitution. Et, pire encore, le duo USFP-PI, sur lequel reposait la crédibilité de la formule, l’attelage gagnant, qui a permis au pays d’accéder à l’Alternance en mars 1998, est désormais défait.
Les communales, l’élection des maires et, finalement, le renouvellement de la Chambre des conseillers ont montré que la cohabitation était fratricide, improductive et que la compétition qui caractérise ces deux formations, sorties du même moule patriotique, a fini par devenir négative pour une coalition dont l’hétérogénéité est patente depuis le premier jour de sa constitution.
Ce sont ces constats que l’on voudrait que M. Jettou fît. Et même s’il se trouve des rigolos pour rappeler à longueur de colonnes des truismes du genre " Jettou n’est pas un homme politique, il n’est pas comptable des errements des partis qui composent sa majorité ", les observateurs sérieux constatent que dans l’actuelle majorité, un parti fait désormais figure d’empêcheur de tourner en rond.
L’USFP, puisqu’il s’agit de cette formation, a perdu beaucoup de terrain ces dernières années et ses résultats à la Chambre des Conseillers en sont une nouvelle confirmation.
Minée par une lutte des chefs qui n’en finit pas, affaiblie par des querelles entre clans rivaux, amoindrie par plusieurs scissions et de nombreux départs, la formation des regrettés Ben Barka, Bouabid et Omar Benjelloun n’est plus ce qu’elle était. Une telle réalité devrait être reconnue par ses principaux animateurs qui pourraient ainsi adopter un comportement correctif.
En effet, l’USFP a besoin, à l’évidence, de se régénérer. Pour cela, il serait bon qu’elle choisisse, enfin, un seul chef, accepté de tous dans son parti. Il serait également bon que ce parti, qui fut populaire, retrouve le chemin du terrain militant, de la base, des quartiers, ce qui fit sa force et sa représentativité des décennies durant.
Ces actions-là, sans doute, ne seraient pas concevables avec une présence au gouvernement, présence qui sert plus au demeurant les personnalités qui appartiennent à l’équipe Jettou que le parti lui-même.
Une cure d’opposition serait ainsi fort salutaire à l’Union socialiste et, permettrait, pour autant qu’il resterait à la Primature, à M. Jettou de recomposer sa majorité en fonction des nouvelles donnes issues des récents scrutins.
Alors, chiche ?

Fahd Yata



 

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