Le vendredi 12 septembre: journée sans grande surprise. Les résultats définitifs des communales de ce 12 septembre 2003 ont placé les principaux partis traditionnels au devant de la scène communale. D’emblée, la majorité gouvernementale a gagné près de 80% des sièges pour laisser à 17 autres formations les 20% restants. Les trois principales formations de cette majorité et la Koutla s’octroient ensemble largement plus de la moitié des sièges. Le PPS est considéré également parmi l’une des révélations de ces communales. Le parti que dirige M. Ismaïl Alaoui a pu se hisser au rang des principaux partis politiques. Quand au PJD, ce parti a perdu, à l’exception de la métropole économique, la bataille des grandes villes. Les femmes, pour leur part, n’ont pas obtenu de résultats probants. A travers toutes les circonscriptions électorales du pays, elles n’ont pu récolter que 127 sièges. L’autre surprise de ce scrutin également n’est autre que le score de l’UD de Bouâaza Ikken. Dans tous les cas, les communales de ce vendredi 12 septembre ont prévu 23.689 sièges à pourvoir dans 1.467 communes rurales et urbaines. Plus de 14,6 millions d’électeurs étaient attendus dans les 32.800 bureaux de vote. Pour ce qui est des résultats, l’Istiqlal cartonne avec un peu plus de 1,12 million de voix, soit 3890 sièges. Ce qui représente 16,96% des sièges. Le parti de la Rose vient juste après l’Istiqlal avec 3.373 sièges grâce à 990.628 voix. Il obtient 12,38% de sièges. Le RNI, quant à lui, a obtenu 783.771 voix, soit 2841 sièges (12,38% de sièges). En quatrième position, le MP de Mohand Laenser. Ce parti a pu récolter 2.248 sièges. Le nombre de voix a atteint 627.292 , soit 9,8% de sièges. L’autre parti de la famille Harakiste, en l’occurrence l’UD, a réussi son pari avec 409.056 voix en sa faveur. Ce parti s’est adjugé 1.515 sièges. De l’avis de tous, ce résultat n’est en aucun cas négligeable l’UD étant considéré comme un nouveau parti. La troisième formation de la Mouvance Populaire, le MNP de Mahjoubi Ahardane, occupe la sixième place avec 1.406 sièges. En septième position l’on trouve le PPS. Ce dernier a réalisé un retour en force en remportant 1.207 sièges. Tous ces partis, à l’exception de l’UD qui soutient le gouvernement, constituent la majorité gouvernementale. Les six partis, en l’occurrence, l’Istiqlal, l’USFP, le RNI, le MP et le MNP et le PPS, totalisent à eux seuls plus de 65% des sièges sans compter les 6,6% de sièges de l’UD. Résultat: avec plus de 4,3 millions de voix exprimées, les partis formant la coalition gouvernementale s’adjugent plus de 60% des suffrages. De l’autre côté du bord, l’Union Constitutionnelle vient en tête des partis de l’opposition avec 959 sièges. La formation que dirige Mohamed Labied occupe de ce fait la huitième place. L’UC, le PND de Abdellah Kadiri avec 889 sièges, le FFD de Thami Khyari avec 726 et le PJD avec 593 représentent, entre autres, le noyau dur de l’opposition.
A Casablanca
A eux seuls, ces quatre partis totalisent plus de 1,13 million de voix. Ce qui signifie, de l’avis d’un analyste, qu’une bonne partie des électeurs soutient l’action de l’opposition. Pour ce qui est du PJD, principale formation de l’opposition, même si elle a largement limité ses candidatures aux communales elle a pu, quand même, récolter plus de 320.000 voix.
Toutefois, A l’exception de Casablanca, le parti du Dr El Khatib a enregistré un recul considérable par rapport aux législatives de septembre 2002 où il avait atteint près de 13%. Dans cette ville ce parti arrive en tête dans cinq circonscriptions, y compris dans le centre-ville. De ce fait, la capitale économique se rapproche de la configuration sortie des dernières élections législatives: l’Istiqlal, l’UFFP et le PJD. Ainsi donc, a Casablanca, les Islamistes du PJD conserve bel et bien sa position au niveau à la fois législatif et communal. Côté chiffres, à Casablanca, l’Istiqlal et l’USFP arrivent en tête avec respectivement 19 sièges et 17 sièges sur un total de 131 sièges à pourvoir. Juste après et en troisième place, l’on trouve le PJD avec 16 sièges soit environ 12,5% du total des sièges. Il est en tête de liste dans quatre arrondissements: à Sidi Belyout, Hay Mohammedi, Hay Hassani et Sidi Bernoussi. Quartiers périphériques de la métropole considérés comme fond de commerce du PJD. A Maârif, les Pjdistes obtiennent les mêmes résultats que les Usfpistes et les Istiqlaliens, soit quatre sièges pour chacun. Aux Roches Noires, le PJD a récolté deux sièges au même titre que l’UC. Ce qui le positionne en première position. Par contre, il ne s’est pas présenté à Anfa, Sidi Moumen, Al Fida, Aïn Sebaâ, Aïn Chock, Sbata, Moulay Rchid Sidi Othmane. A Ben M’Sick, le PJD obtient trois sièges, ce qui le classe avec le PND en tête de liste. En outre, l’UC arrive en quatrième place à Casablanca avec 11 sièges suivie par le RNI avec 10 sièges. le MP, le MNP, le PND: à chaque parti 8 sièges. Le PPS obtient, pour sa part, à Casablanca 6 sièges. L’UD ( 4 sièges), SAP (4), ADL (4), FFD (3), FC (2). Un siège chacun pour le PRE, Al Ahd, le PRD, le PDS, le PDI, le CNI et le PED.
In fine, après l’annonce des résultats du scrutin du 12 septembre, la course vers la présidence des six mairies s’annonce chaude. Les contacts entre candidats élus se multiplient et les alliances vont bon train. Les yeux sont, bien sûr, rivés sur la présidence des six Conseils de la Ville prévue dans le cadre de la nouvelle organisation communale. Par ailleurs et à titre d’exemple, la présidence du Conseil de la métropole attire une appétence électorale très particulière. L’enjeu est de taille et si passionnant que certaines formations politiques n’ont pas hésité à présenter pour la mairie de la capitale économique leurs éléments de proue. Des figures et non des moindres entrent en compétition. Une bataille électorale serrée à suivre de tout près. Autrement dit, en attendant les résultats des éventuelles alliances politiques, la bataille électorale ne fait que commencer.
H.Z.