Pour en arriver là, Mme Baddou, qui privilégie le terrain, la proximité et l’ouverture, inspirant ainsi une image du PI très différente de celle traduite par exemple par un Abderrrazak Afifal, a d’abord réussi à convaincre les électeurs de la commune d’Anfa, qui l’ont élue le 12 septembre dernier puis l’appareil du parti, ce qui, sans doute, n’a pas été sans grincement de dents, notamment du côté d’Aïn Sebaa.
La suite sera-t-elle aussi positive ? La réponse définitive sera connue le 24 septembre prochain, mais on remarquera que Mme Baddou ne part pas vraiment favorite dans cette course à la mairie. En effet, il lui faudrait, pour espérer l’emporter, parvenir à un accord préalable avec une grosse pointure de l’USFP, son collègue Khalid Alioua, qui, bien qu’élu lui aussi au Conseil de la Ville, a été " lâché " par les militants casablancais du Parti de la Rose, hostiles peut-être à la pratique des parachutages, assez usitée par le Bureau Politique de cette formation. La logique politique et l’arithmétique voudraient que M. Alioua, représentant d’une formation arrivée après le PI à Casablanca et au niveau national, se range sous la bannière de Mme Baddou, mais au stade actuel des négociations entre les composantes de la majorité gouvernementale (et de la Koutla), rien ne permet d’affirmer que ce principe ( rarement respecté dans l’histoire politique du pays) trouvera pour l’occasion une application positive.
Par ailleurs, Mme Baddou risque fort de devoir affronter la candidature d’un homme, M. Mohamed Sagid que La Nouvelle Tribune a présenté à ses lecteurs la semaine passée. M. Sagid, bien qu’élu sous l’étiquette de l’UC, est fort capable de réunir autour de son nom des conseillers issus de plusieurs familles politiques, et, peut-être même, des représentants de formations qui n’ont aucune affinité avec le parti fondé par feu Maati Bouabid.
M. Sagid, en effet, n’a rien du parvenu et de l’intrigant qui briguerait un mandat de maire pour ses propres affaires. Son honorabilité est connue et reconnue, ses capacités de gestionnaires également et il pourrait fort bien constituer ce candidat de consensus qui matérialiserait non pas la domination d’une famille politique (ou d’un groupement de partis) sur la première ville du pays, mais l’union de compétences et de sensibilités aussi diverses que patriotes pour un grand dessein, celui du développement de la mégapole Casablanca.
Certains, pour empêcher une telle éventualité, avancent que le candidat UC pourrait bénéficier des voix du PJD, présent en force à Casablanca. Il serait sans nul doute déplorable qu’un homme d’ouverture et de tolérance, bénéficie des voix obscurantistes et offre en contrepartie des places de choix aux islamistes au niveau du Conseil de la ville. Mais, on sait également que d’aucuns, qui refusent aujourd’hui toute négociation avec les amis de Ramid et Benkirane, l’avaient sans doute envisagée il y a quelques jours…
On souhaitera donc pour Casablanca, au-delà des calculs politiciens et des compromis, l’émergence d’une majorité stable et solide, pour une maire constituée de patriotes et d’honnêtes citoyens, déterminés à œuvrer pour le bien commun et général.
Alors qui sera maire ? Mme Baddou, M. Alioua, M. Sagid ? Que le meilleur gagne !
F.Y.