Le Maroc ne sera jamais une copie conforme de Kandahar ou Peshawar. Les citoyens marocains lutteront tous ensemble pour faire en sorte que cela n’arrive jamais. Tolérance, fraternité, pluralité, ouverture et modernité seront toujours les maîtres mots dans notre pays. Nous ne laisserons pas faire les obscurantistes. Le combat est difficile, mais c’est la tolérance, l’ouverture et la démocratie qui sont au bout du chemin.La nouvelle de l’acte terroriste commis à l’égard de la personne d’Albert Rébbibo, jeudi 11 septembre à Casablanca, et ayant provoqué sa mort, est tombée comme la foudre, sur la tête de tout Marocain soucieux de la stabilité et de la sérénité de son pays. S’il est encore prématuré de tirer des conclusions, quant aux dessous de cet acte ignoble, l’annonce d’un second assassinat perpétré à Méknès à l’encontre d’un autre marocain de confession juive est venue malheureusement conforter l’idée qui penche vers une origine terroriste. Ce qui n’est pas sans compliquer une situation assez fragilisée, depuis les événements du 16 mai, à cause du sentiment d’insécurité.
Certes, à ce jour, rien n’est confirmé. Mais en attendant que l’enquête révèle les tenants et les aboutissants de ces actes barbares, la vigilance s’impose pour éradiquer ou du moins lutter contre ces comportements obscurantistes, alimentés par une ignorance terrifiante. Il revient, donc, à tous les Marocains de s’armer contre tout courant qui risque de déstabiliser l’union du pays avec toutes ses composantes et sa pluralité. Il est de notre devoir de nous élever contre toutes sortes de dérives à même de représenter une menace pour nos acquis. Le Maroc a toujours été une terre de tolérance, d’ouverture et de partage où plusieurs religions ont coexisté sans se heurter. C’est, donc, à nous citoyens du Maroc ouvert, moderne et pluriel, qu’il revient de se mobiliser pour préserver cet univers de paix et de fraternité qui constitue l’essence même de notre marocanité.
Force est de constater que le Maroc est en train de perdre ses valeurs, voire ses repères. Entendez les valeurs de solidarité, de tolérance, celles de respect de la dignité du citoyen, de la différence de l’autre. En attestent les dramatiques actes du 16 mai, perpétrés par des personnes visant imposer une culture d’intolérance, d’exclusion et de haine, tirée d’idées rétrogrades. Si nous ne voulons pas que nos villes se transforment en copie de Kandahar ou Peshawar, il faut nous armer dés à présent, en se donnant tous les moyens pour mener cette bataille. Cette dernière est certes ardue, mais pour construire une véritable démocratie, nécessite incontestablement un travail acharné.
Le Maroc est résolument engagé dans la démocratie et la modernité, comme l’avait signifié Sa Majesté Mohamed VI, et il est hors de question, qu’il fasse machine arrière. Et ce n’est certainement pas des actes abjects, ordonnés par des groupuscules obscurantistes et réfractaires à l’achèvement de l’œuvre démocratique du Maroc, qui dissuaderaient les forces vives du pays de poursuivre ce parcours entamé vers la modernité et le progrès. Les premiers jalons sont posés, il faut continuer à les consolider et rester dans cette même voie, celle d’un Maroc moderne et ouvert. Toute sorte d’intolérance, de racisme, d’intégrisme ou de violence, représente une dérive qui doit être condamnée.
Aussi, est-il de notre devoir d’être vigilants. Certes ces actes, tout comme ceux du 16 mai, méritent les sanctions les plus sévères, mais la prévention demeure également le meilleur moyen de lutter contre tous les maux. Dans ce sens, il est primordial de combattre la pauvreté intellectuelle, qui représente un champ fertile fortement exploité par les mouvements intégristes. Il est donc, fondamental d’alphabétiser les gens, de leur donner les moyens de se prendre en charge et il est tout autant indispensable de leur donner une éducation civique à même de les aider à faire la part des choses pour ne pas être des proies facilement entraînées dans le piège des courants obscurantistes. L’ignorance est en fait le premier ennemi contre lequel il faut lutter.
P.S. : Au moment où nous mettions sous presse, la thèse terroriste vient de se confirmer. Les auteurs de cet act abjecte appartiennent au groupuscule de la Salafia El Jihadia.
Leïla Ouazry