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Ce que pense la classe politique Résultats des communales 2003

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Publier le : September 18, 2003

Le 12 septembre dernier, le Maroc avait rendez-vous avec les élections communales. Ces dernières se sont déroulées selon une nouvelle charte communale qui a défini d’autres prérogatives et missions pour les élus des communes. Il aura fallu attendre le soir du samedi 13 septembre pour la proclamation des résultats définitifs des communales de ce vendredi 12 septembre. Déclaration en fait d’une riposte collective et unanime contre l’obscurantisme et les commanditaires des attentats horribles du 16 mai. Des résultats qui ont, semble-t-il, façonné la situation politique ainsi que celle des partis.
Ainsi donc, au delà de la simple déclaration des résultats, c’est bien du processus démocratique au Maroc qu’il s’agit. Ou on est-on avec? La rupture avec le passé était-elle au rendez-vous? A qui profitent véritablement ces élections, les premières du genre dans le règne de S.M. le Roi Mohamed VI? Bref, quelle signification portent donc en eux les résultats du scrutin du 12 septembre? A cette question, les représentants de la classe politique apportent plusieurs réponses.

M.Khalid Naciri, membre du B.P du PPS: « A mon avis, ces résultats viennent confirmer les options démocratiques et réformatrices impulsées du plus haut niveau de l’État et déclinées au niveau gouvernemental par les partis formant la majorité gouvernementale. Deuxième remarque qui se rapporte au taux de participation. Je pense qu’il a à peine dépassé les 50%. Chose qui interpelle l’État, les partis politiques et la société civile pour multiplier les efforts dans le but d’enraciner une nouvelle culture de la participation politique au Maroc. Car, nous en avons vraiment besoin et surtout en cette phase de transition historique et majeure que vit notre pays. Je constate également que les partis politiques impliqués dans la gestion des affaires publiques dans les années passées ont marqué un très net recul lors de ces communales. Pour sa part, l’État a amené la preuve démontrant qu’en menant une politique active de lutte contre les manipulations électorales et contre les candidats infréquentables, il veut réaliser un acquis en matière d’organisation d’élections transparentes et honnêtes. Je suis heureux de constater que les élections ne font plus l’objet des contestations habituelles qui ont accompagné pendant plus de 30 ans la proclamation des résultats électoraux dans notre pays».

M.El Hassan Boukentar de l’USFP: « D’abord, il faut dire que les communales du 12 septembre dernier n’ont pas eu d’impact sur la répartition locale des importantes forces politiques. Le positionnement des partis traditionnels n’a pas changé. Il faut noter aussi l’avancée notable du PPS et dans le sens inverse le net recul du PJD. Mais ce recul ne constitue pas en lui-même une surprise puisque depuis les événements du 16 mai, ce parti pratique une stratégie de repli et de prudence. Cela a été clairement remarqué par le nombre très limité des candidatures que le PJD a présentées. Je pense donc qu’en général il n’y a pas de changement notable au sujet des grands équilibres de la carte politique locale. Pour cette raison, il faut attendre la constitution des Conseils, notamment, dans les grandes villes ainsi que les éventuelles alliances qui vont les accompagner». 

M. Mohamed Abied, S.G par intérim de l’UC: « Pour ce qui est d’abord de notre parti, je pense qu’il a réalisé de bons résultats. Il a couvert aussi bien des zones rurales qu’urbaines. Les résultats des communales ont permis au parti d’assurer une forte présence dans les grandes villes du Royaume. Et en ce qui concerne les résultats des dernières communales, je pense qu’il faut s’adapter aux règles du jeu. Dans toute opération électorale, il y a des gagnants et des perdants mais ce qui est important c’est que le déroulement des élections se passe dans des conditions de transparence. Il faut dire aussi que ce scrutin s’est déroulé dans un climat calme. La campagne électorale s’est déroulée dans un entourage propre. A mon sens, je considère que les résultats sont logiques et objectifs. Nous sommes satisfaits et notre parti a eu la part qu’il méritait» .

M. Sbaï de la GSU: « Effectivement, les résultats des communales ont permis de remettre sur pied une majorité pour certains partis. Mais personnellement je considère que les résultats du scrutin dernier ne reflètent pas la volonté et les choix des citoyens pour deux raisons: D’abord, il y a des voix produites par l’utilisation de l’argent et de l’influence. Cette catégorie représente la majorité des voix. Ensuite il y a la deuxième catégorie des voix exprimées de manière sincère par les militants des partis en lice. Le comportement donc des partis pour la conquête des voix faussent le plus souvent le jeu et pollue le climat politique» .

M. Abdelmalek Kettani, Président délégué d’Alternatives: « Nous nous félicitons du bon déroulement de la campagne électorale. Et nous nous félicitons également du fait que ces communales ont pu enlever l’ambiguïté sur la carte politique nationale, en l’occurrence, à travers une autre emergence des partis traditionnels qui ont obtenu les places d’honneur lors de ce scrutin. Ceci étant dit en tant que membre de la société civile, nous espérons fortement que les clivages politiques ne prédomineront pas. Les conseil communaux et les mairies des grandes villes doivent être gérés de façon optimale pour l’intérêt des citoyens et non pas pour l’intérêt des différentes chapelles qui pourraient se chamailler pour pouvoir prendre effectivement les commandes de la gestion locale. Il faut que l’intérêt général des communes prime sur toute autre considération. Ceci a été clairement exprimé par le taux d’abstention qui a atteint presque les 50%. Actuellement, les partis politiques ont une nouvelle chance pour redorer leur blason et démontrer que ce sont eux les gestionnaires de la ville et ce sont eux qui sont en mesure d’en satisfaire les besoins de façon à réhabiliter le politique et à en faire une action de proximité. Il est vraiment grand temps  de démontrer que le politique au Maroc serre à quelque chose».

M.Abdellah Beqqali du Parti Istiqlal : «  De prime abord, je pense que le taux de participation est normal. Les résultats du scrutin ont marqué une rupture avec les pratiques précédentes qui ont été derrière des institutions truquées, faibles et inefficaces à tous les niveaux. Ceci est un acquis majeur. Actuellement, je pense que la réconciliation du Marocain avec ses institutions élues gagne de plus en de terrain. Maintenant, on peut dire que l’opération électorale a un goût». 

Propos recueillis
par Hassan Zaatit



 

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