Auteur : M.S.
Pendant que le G8 tenait son forum annuel pour discuter de l'économie mondiale ainsi que les aides éventuelles aux pays pauvres, les altermondialistes se sont donnés rendez-vous à Katibougou (est de Bamako-Mali). Objectif : un contre sommet des pays les plus pauvres de la planète. Ainsi, ils étaient plusieurs centaines de personnes venues du monde entier pour participer, ce dimanche, à l'ouverture de la réunion des pauvres. Appelé "sommet des pauvres", il est le contrepoint du sommet du G8 qui a rassemblé les chefs d'État des pays les plus riches de la planète du 7 au 9 juillet à Toyako (Japon). Lors de cette 7ème édition, plusieurs thèmes dont le co-développement et le réchauffement climatique ont constitué le centre d'intérêt des participants. Dans ce cadre, Mme Barry Aminata Touré, Présidente de la rencontre malienne a dénoncé l'attitude des pays du G8 concernant la protection de notre environnement avant de plaider en faveur de "la justice sociale comme passage obligé et incontournable pour assurer une prise en charge durable et définitive de la problématique du développement dans le monde". Pour elle, "les gouvernements du G8, pays fortement industrialisés, sont les premiers responsables du réchauffement climatique et de la crise alimentaire internationale qui sévissent dans le monde". Selon les observateurs, le sommet Katibougou a été un succès dans la mesure où il permis d'évoquer tous les maux qui frappent. Il s'agit, entre autres, de la corruption, des maladies endémiques comme le Sida ou encore des violations des droits de l'homme. Il n'est donc pas étonnant que le leitmotiv des conférenciers ait été la bonne gouvernance et la démocratie. Pour ce qui est de l'aide des pays du G8, elle est beaucoup plus un effet d'annonce que concrète. Comme ce qu'ils viennent de faire en confirmant le doublement de leur aide à l'Afrique d'ici 2010 pour un montant de 60 milliards, destiné à lutter contre les maladies infectieuses. Une situation contre laquelle Me Abdoulaye Wade dénonce vigoureusement. D'ailleurs, il avait prévenu un peu plus tôt les dirigeants du G8 que l'Afrique ne voulait plus de "nouvelles promesses" non tenues. "Je leur ai dit : N'allez pas nous promettre ce que vous n'allez pas faire, regardons d'abord ce qui a été fait jusqu'à présent", rapporte l'AFP dans une de ses dépêches. "Tout le monde a reconnu, autour de la table, que de nombreuses promesses n'avaient pas été tenues. Depuis Gleneagles (le G8 de 2005), pas un dollar n'a été versé", a martelé le Chef d'État sénégalais. Il reste à espérer que les engagements du G8 de 2008 ne ressembleront pas aux précédents. C'est-à-dire des paroles en l'air.
Des Africains au G8 Les pays riches du G8 ont annoncé, lors du sommet de Tokyo qu'ils se donnaient cinq ans pour débloquer 60 milliards de dollars pour lutter contre les maladies infectieuses en Afrique, et ont confirmé leur engagement de doubler leur aide à ce continent d'ici 2010. Sept dirigeants africains (Afrique du Sud, Algérie, Éthiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie ainsi que le président de la commission de l'Union africaine) étaient conviés par la présidence japonaise du G8 pour évoquer notamment les questions d'aide au développement, la flambée des prix agricoles et du pétrole.
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