Après les législatives 2002 où le PJD avait récolté pas moins de 42 sièges, l’objectif avoué des dirigeants de ce parti était de réaliser un véritable raz-de-marée lors des communales de septembre 2003. Néanmoins et contrairement à toutes les pronostics, la direction du PJD passe outre et décide, à quelques semaines uniquement des communales 2003, de ne se présenter que dans la moitié des circonscriptions électorales du pays. M. Abdelilah Benkirane, figure de proue du parti du docteur El Khatib a prononcé un discours fort à ce sujet. “ Les élections communales constituent une étape importante dans le processus démocratique et un pas important dans la gestion de la chose locale...Et la participation de notre parti dans ces élections est une participation réformatrice”, a-t-il dit. L’autre ténor du PJD M. Saâd Eddine Othmani, n’a pas dévié des propos de Benkirane. Pour lui, en limitant les candidatures du PJD aux prochaines communales, le parti entend réguler sa participations à ces consultations. Pour être encore plus clair, il a précisé que c’est l’intérêt général du pays qui prime sur toute autre considération et c’est dans ce sens que le parti a jugé prémordial d’accompagner doucement le processus démocratique au Maroc.
Il a également ajouté que son parti ne pourrait pas se présenter dans les zones ou il ne dispose pas de moyens et de compétences nécessaires. C’est en ces termes que les responsables du PJD expliquent les raisons qui les ont poussé à limiter la participation du parti à 3% seulement. Ce parti qui domine l’opposition a annulé ses candidatures dans la moitié des communes et arrondissements du pays. Dans la ville de Casablanca, ses candidats ne se présenteront pas dans les quartiers de Sidi Moumen, El Fida-Drissiya-Bouchentouf, Anfa, Aïn Sebaâ, Aïn Chok, Sbata et Moulay Rchid. Des pôles urbains où le PJD aurait pu avoir toutes les chances de remporter beaucoup de voix. Cependant, devant cet argument, se dressent évidement certaines questions d’ordre politique. Le PJD veut-il consacrer, par là, l’image d’une organisation collée essentiellement aux valeurs et aux institutions de l’Etat marocain et ceci, bien sûr, confortablement dans les rangs de l’opposition?
Après les événements tragiques du 16 mai à Casablanca, le PJD connaît de sérieux clivages d’où l’extrême nécessité d’une réhabilitation. Réadmission dans le tissus politique national oblige. C’est que le contexte de l’après 16 mai, de l’avis d’un analyste, pèsera lourdement sur les prochaines échéances. Non que les pesanteurs et les habitudes, ajoute-t-il, vont subitement changer mais personne ne pourra ignorer l’impact des événements et les dangers que toute gestion communales devra désormais prendre en charge.
En définitive, au moment où les préparatifs sont mis en branle pour les élections communales du 12 septembre et celles des représentants des salariés du 16 septembre, les contradictions au sein des différents partis politiques en lice semblent avoir pris une tournure particulière. Quoique sur des registres différents, les tensions, les explications et les tentatives de repositionnement au seins des partis ont défrayé la chronique ces derniers jours. Elles vont sans doute conditionner les choix électoraux, le climat des prochaines échéances ainsi que la nouvelle carte politique locale. Ce sont les remous au sein de l’USFP et du PJD qui retiennent tout d’abord l’attention et ce pour des raisons véritablement opposées.
H.Z.