M.Mohamed Bouzoubaâ, ministre de la Justice, a dit dans une déclaration officielle que les procès relatifs aux attentats terroristes et qui ont fait plus d’une quarantaine de victimes, prendront fin avant septembre 2003. Le ballet des présumés coupable a commencé en début de semaine devant le tribunal d’appel. Ainsi 52 inculpés ont été déférés, lundi 21 juillet, devant le juge de la Cour d’Appel. Mardi, c’était le tour de deux avocats du barreau de Casablanca, également impliqués dans cette affaire, qui ont été présentés devant la même juridiction. Mercredi 23 , 23 autres inculpés ainsi que le trésorier du PJD de Sidi Taybi à Kénitra ont comparu devant la même Cour . À voir l’atmosphère et le nombre des inculpés, on ne pouvait s’attendre qu’à un procès retentissant et exemplaire. Les séances se déroulent à un rythme accéléré. A en juger par ce constat, les procès de la Salafia Jihadia devraient clore, comme l’avait confirmé M. Bouzoubaâ dans sa déclaration, avant la fin de cet été. Un agenda très chargé pour les magistrats du Tribunal d’Appel. En ce début de semaine, la salle n°8 de la Cour d’Appel de Casablanca a connu le premier procès terroriste au Maroc. Une première dans les anales judiciaires de ce pays qui vient d’adopter un dispositif législatif anti-terrorisme. Celles et ceux qui ont assisté à cette séance ont pu certainement remarquer le nombre important de personnes de différentes catégories socio-professionnelles venues pour y assister. Les yeux bien rivés sur les présumés kamikazes qui se trouvaient dans une cage en verre blindé, gardée à l’intérieur par une douzaine de policiers et à l’extérieur par d’autres en tenue et en civil. Les 52 accusés sont en majorité jeunes, pour la plupart des barbus. Tous les présents, sans exception, regardaient avec une curiosité, mêlée à une intense surprise, ces monstres qui ont ensanglanté la capitale économique et qui étaient là, devant eux, presque «calmes et innocents». Pour ce premier procès du genre, tout est presque nouveau à la Cour d’Appel de Casablanca. Les mesures de sécurité étaient strictes et serrées avec un passage au peigne fin des personnes et des objets aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du Tribunal où l’on pouvait observer un attroupement des familles des inculpés. Les préparatifs ont commencé depuis quelques jours avec l’installation d’un véritable mur de verre à l’épreuve des balles autour du box des accusés où doivent se succéder les nombreux membres des groupes qui doivent être jugés. A l’entrée, un portique électronique à la porte du Tribunal filtrait les usages de la Cour. Tout a été prévu pour que le déroulement des procès se passe dans un climat de sécurité et d’ordre. La Cour présidée par Lahcen Tolfi donne le ton. Ce dernier a fait irruption dans la salle quelques minutes après l’introduction des 52 inculpés. Le président de l’audience a appelé à la barre les inculpés du premier dossier, Mohamed El Omari et Rachid Jalil, deux kamikazes qui avaient renoncé à se faire exploser la soirée d’enfer du 16 mai et Yassine Lahnech, un kamikaze de réserve parmi d’autres. Pour cette première séance du lundi 21 juillet, le bâtonnier avait sollicité du juge Tolfi la prolongation de quelques jours de la période d’attente pour permettre aussi bien aux avocats commis d’office que ceux engagés directement par les familles de leurs clients, de mieux cerner les dossiers et préparer leurs défense. La Cour a répondu favorable à la demande du bâtonnier en renvoyant les 52 inculpés à leurs cellules dans l’attente des premières séances du procès qui auront lieu respectivement vendredi et lundi prochain. L’occasion également pour les avocats de rendre visite aux inculpés dans le lieu de détention pour ne pas s’en tenir uniquement à leurs déclarations dans les documents d’inculpation, cela d’autant plus, précise le bâtonnier, que « nous n’avons été mis au courant qu’à la dernière minute» avant d’ajouter que « les collègues ne doivent pas se limiter à la lecture des déclarations des inculpés, mais pouvoir connaître le dossier dans sa totalité». Repartis en cinq dossiers, trois des groupes d’accusés, 16 individus, reviendront devant la Cour le vendredi 25 juillet. Le premier dossier concerne les trois kamikazes Mohamed El Amari, le gardien de nuit arrêté tout de suite après les attentats terroristes, Rachid Jalil et Yacine Lahnech qui ont été appréhendés les jours suivants. Le second dossier se rapporte aux six inculpés dénommés Mokhtar Baoud, Khalid Mrasell, Abdessaemd El Oueld, Abderrezzak R’tioui, Abdelghani Chafei et Brahim El Aachiri. Le troisième dossier dont le proçès doit être entamé ce vendredi comprend sept individus, à savoir, Khalil Aït Chihab, Aziz Chafeii, Mahjoub Krimat, Mohamed Rafiaa, Ali El Bouiri, Abdelhak Mouhim, Abdellatif Amareine. Le quatrième dossier qui comprend 17 accusés a été renvoyé à la séance du lundi 28. Ce groupe se compose des membres inculpés de participation soit parce qu’ils appartiennent à des cellules composant le réseau de la Salafia Jihadia dont font partie les kamikazes, soit ont aidé à la préparation des entreprises terroristes ou ont constitué la base logistique aux acteurs directs des crimes terroristes. Quant au dossier de Hassan Taoussi où se trouvent 19 inculpés, il s’est avéré que le barreau n’a pas pu, étant donné le délai très court, établir une liste des avocats désignés pour défendre ces personnes. La Cour a décidé de reporter ce dossier pour la séance du vendredi pour établir la liste des avocats. En attendant, la défense a encore du temps pour charger sa batterie et mieux préparer sa plaidoirie face un procès, désormais, pas comme les autres. Affaire à suivre.
H.Z.